Congrès du PS : la gauche doit-elle vendre son âme pour gagner une élection ?
Quand Michel Noir, ministre du gouvernement Chirac, s’interrogeait en 1987 sur les relations entre la droite et l’extrême droite – "Serions-nous prêts à sacrifier notre âme pour ne pas perdre des élections, fussent-elles présidentielles ?" -, les socialistes étaient au premier rang pour l’applaudir. Au nom de la morale. En 2025, le premier secrétaire du PS Olivier Faure se réfugie dans un lamentable subterfuge. Cinq fois dans son discours de congrès, après avoir pourtant rappelé sur un autre sujet que "mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde", il utilise l’expression de "gauche radicale" pour évoquer LFI. Sérieusement ? Tout le monde aujourd’hui est radical, même le centriste François Bayrou, c’est dire.
Bien sûr, "la menace fasciste", évoquée dans un sous-entendu historique par Olivier Faure dès le début de son allocution, permet toutes les échappatoires. Mais si l’on évoque les insoumis de Jean-Luc Mélenchon, alors il faut avoir le courage de se poser la seule question qui vaille : peut-on encore considérer, après leur folle dérive des dernières années, qu’ils font partie du front républicain ?
Leur communiqué du 7 octobre 2023, acte manqué dans tous les sens du terme, relève de la tache indélébile s’il en est et dit tout d’eux, ce que la suite des événements, de leurs agissements comme de leurs propos, a amplement confirmé. La gauche veut se placer sur le terrain de la morale et des principes ? Chiche, sans hémiplégie alors.