Israël frappe au cœur du pouvoir iranien : la longue liste des hauts gradés tués par Tsahal
La liste continue de s’allonger. Plusieurs hauts responsables iraniens et au moins neuf scientifiques du programme nucléaire de Téhéran ont été tués ces derniers jours par les frappes aériennes menées par Israël. Même le guide suprême Ali Khamenei aurait été visé par un projet d’assassinat, auquel les Etats-Unis se seraient opposés, selon deux responsables américains.
Le chef d’état-major des forces armées
Mohammad Bagheri était le plus haut gradé des militaires iraniens. Le chef d’état-major des forces armées depuis 2016 a été tué jeudi 12 juin au soir, au début de l’attaque israélienne. Le général agissait directement sous les ordres du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, commandant en chef des forces armées. Mohammad Bagheri, architecte du développement du programme balistique iranien, était une cible majeure d’Israël et de son allié américain. Il avait notamment décidé de combiner l’armée régulière et certaines forces paramilitaires en Iran, afin de renforcer la puissance de Téhéran.
Le commandant des Gardiens de la Révolution
Hossein Salami, mort avec Mohammad Bagheri dans une frappe sur leur quartier général, a combattu durant la guerre Iran-Irak (1980-1988) aux côtés du Corps des Gardiens de la Révolution islamique. Il intègre peu de temps après sa création en 1979 l’armée idéologique du régime iranien. Hossein Salami était connu pour sa dureté à l’encontre de Tel-Aviv et Washington. "Si vous commettez la moindre erreur, nous ouvrirons la porte de l’enfer pour vous", les menaçait en mai dernier le commandant.
Le chef de la force aérospatiale
Tué vendredi 13 juin dans un centre de commandement souterrain, Amir Ali Hajizadeh était le cerveau de deux attaques menées par l’Iran contre le territoire israélien en 2024. Il était à la tête de la force aérospatiale des Gardiens de la Révolution depuis 2009 et dirigeait le programme de missiles de Téhéran. Amir Ali Hajizadeh s’était fait remarquer en 2023 en affirmant que la République islamique cherchait toujours à "tuer" des responsables américains, notamment Donald Trump.
Un proche conseiller du guide suprême
Ali Shamkhani était une figure centrale de la diplomatie iranienne, visé par les frappes israéliennes vendredi. L’ancien secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale pendant dix ans à partir de 2013 est décédé à l’hôpital des suites de ses blessures survenues à son domicile, d’après la télévision d’Etat. Ce proche conseiller politique du guide suprême participait aux négociations nucléaires et avait mené les pourparlers avec l’Arabie saoudite, conclus en mars 2023 par le rétablissement des liens entre Téhéran et Riyad. Ex-ministre de la Défense, Ali Shamkhani avait rejoint la Révolution islamique dès ses débuts.
Le commandant du principal centre des opérations de guerre d’Iran et son remplaçant
Le général de division Gholam Ali Rashid commandait le quartier général central de Khatam-al Anbiya, société d’ingénierie contrôlée par les Gardiens de la Révolution, inscrite comme liée au développement par l’Iran de systèmes de livraison d’armes nucléaires par les Etats-Unis et l’Union européenne.
Son successeur, Ali Shadmani, a été tué quelques jours après, a annoncé ce mardi 17 juin Tsahal. L’armée israélienne le présente comme "le commandant militaire le plus haut gradé et la figure la plus proche du guide suprême iranien Ali Khamenei".
Mohammad Kazemi, à la tête des services de renseignement des Gardiens de la Révolution, est également mort, ce dimanche 15 juin avec deux autres généraux lors d’une frappe de l’Etat hébreu.