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"Une époque dorée" : entre Israéliens et Iraniens, le souvenir d'une cohabitation pacifique

En apparence, rien ne manque au "Gourmet Perse", une institution culinaire du souk Levinski, à Tel-Aviv. Ni les marmites de thadig, le riz croustillant à emporter pour le repas de shabbat, ni le drapeau orné du lion de l’Iran impériale, ni les portraits de leurs Majestés, feu le Shah Mohammad Reza Pahlavi et son épouse. Manque pourtant l’essentiel : les clients - les Israéliens évitent encore de s’aventurer loin des abris anti-bombes avec ce cessez-le-feu précaire - et surtout, la bonhomie habituelle de Bijan "Beny" Bary, le patron du restaurant. "Je pourrais peut-être bientôt enfin retourner à Téhéran. Mais que restera-t-il de l’Iran de mon enfance après cette guerre ?", se demande-t-il. L’espoir teinté d’inquiétude face à la guerre en cours éprouvé par ce restaurateur s’explique par son histoire personnelle. Il avait 17 ans lorsqu’il a fui la révolution islamique de 1979.

A l’image de Bijan Bary, les autorités, comme l’opinion publique israélienne, affichent des sentiments ambivalents sur la question iranienne : obsession pour la menace que fait toujours peser la république des mollahs sur l’État hébreu d’une part ; respect, voire admiration, pour sa population. Bien loin du mépris affiché par les Israéliens pour leurs voisins arabes. "Le combat d’Israël n’est pas contre le peuple iranien, mais contre le régime islamique meurtrier qui vous opprime et vous appauvrit", prenait soin de préciser Benyamin Netanyahou dès le début des frappes dans un message aux Iraniens. Le peuple d’Iran et le peuple d’Israël ont été amis depuis l’époque de Cyrus le Grand."

Une "période dorée"

Sans remonter aussi loin que le fondateur de l’Empire perse au VIe siècle avant notre ère, les relations entre l’Iran et l’Etat juif étaient effectivement parties d’un excellent pied. Dès 1950, l’Iran devient, après le Turquie, le deuxième pays musulman à reconnaître Israël dans le cadre de la "stratégie de la périphérie" engagée par David Ben‑Gourion ; une alliance discrète entre acteurs non arabes de la région pour briser "l’encerclement". Aux représentations diplomatiques succèdent les échanges d’agronomes, d’ingénieurs et, même, la formation par le Mossad d’unités de la Savak, la police secrète du Shah. En plein cœur de Téhéran, les tours Eskan, qui représentaient lors de leur construction par l’israélien Solel Boneh le comble de la modernité seventies, sont encore un symbole de cette entente brisée par l’arrivée au pouvoir de l’imam Khomeiny. Israël est rebaptisé "le petit satan", et les deux pays deviennent alors des adversaires déclarés.

"Nous en avons gardé le souvenir d’une période dorée. Et puis les Perses sont, comme nous, les héritiers d’une civilisation riche et ancienne, analyse Menahem Merhavy, un chercheur spécialisé dans République islamique à l’Université hébraïque de Jérusalem. Cela crée une forme d’identification." Il en veut pour preuve "l’empathie" qui prévaut dans le discours public israélien à l’égard d’une population iranienne présentée comme victime de la théocratie répressive iranienne. Une impression alimentée par le fait qu’à chaque coup porté par Israël contre les représentants du régime, les médias israéliens se font l’écho des effusions de joie des Iraniens.

De là à préfigurer une réconciliation complète du peuple iranien à Jérusalem après le cessez-le-feu, il y a un pas que Menahem Merhavy se refuse à franchir. "Il y a énormément de romantisation : le régime islamique est beaucoup moins déconnecté de son peuple que l’on peut croire, tempère l’universitaire. En réalité, l’Iran est loin de nous et les Israéliens ne sont jamais en contact direct avec sa population". Le monde académique israélien est en revanche depuis deux décennies très en pointe sur le sujet ; et sur les ondes ou les plateaux de télévision, le panel d’experts en civilisation persane est particulièrement fourni.

Le Mossad encourage les défections

Sans compter, évidemment, les organes de renseignement pour qui l’Iran est une préoccupation de chaque instant. Les jeunes conscrits persophones sont ainsi, par exemple, immédiatement préemptés par les services d’écoute de l’unité 8 200 des renseignements militaires. Et le Mossad propose une page en persan sur son site Internet pour encourager d’éventuelles défections côté iranien.

En 2022, leurs homologues à Téhéran ont bien tenté de leur rendre la pareille. Via Facebook, ils sont parvenus à recruter des mères de famille israéliennes originaires d’Iran en se faisant passer pour un coreligionnaire resté au pays. Pour quelques centaines de dollars, les recrues communiquaient des informations sans valeur ou propageaient des rumeurs censées déstabiliser la société israélienne. Rapidement mise à jour par le Shabak, le service de contre-espionnage, l’affaire a rapidement fait flop, mais a jeté un froid passager sur une communauté qui compte 250 000 membres, parmi lesquels deux anciens chefs d’état-major, un ancien président, Moshe Katsav - lequel a purgé cinq ans de prison pour viols - et une diva nationale, la chanteuse Rita.

Les Israéliens et leurs descendants jouent également un rôle discret de point de contacts avec la communauté juive d’Iran dont le nombre est estimé à une dizaine de milliers de personnes. Bien que cette dernière bénéficie d’une liberté de culte, d'institutions communautaires et même d’un représentant au "Majles", le Parlement iranien, elle semble néanmoins prise dans des loyautés contradictoires, tiraillée entre son ancrage national et ses liens religieux et culturels. Le 17 juin dernier, l’Association juive de Téhéran a publiquement condamné "l’agression brutale du régime sioniste sur le sol sacré de la République islamique d’Iran et le martyr d’un groupe de commandants militaires, de scientifiques nucléaires et de nos chers compatriotes",. Mais en Israël, personne n'a pris cette déclaration au sérieux, car il s’agissait surtout pour eux de donner des gages de loyauté au régime…

En attendant, dans son restaurant de Tel Aviv, Bijan Bary est sans nouvelles de son ami d’enfance, le seul à toujours vivre à Téhéran, depuis que le régime a coupé l’accès aux réseaux sociaux dans tout le pays. "Mon cœur saigne pour l’Iran. Israël a donné les premiers coups, mais maintenant, c’est au peuple de se libérer du régime", assure le sexagénaire, tiraillé entre ses deux pays et inquiet pour l'avenir de tout le Moyen-Orient. Pour mettre au pouvoir Reza Palhavi, le candidat déclaré de l’opposition en exil et fils du Shah et de la Chahbanou (NDLR : le titre de l’impératrice d’Iran) dont les portraits sont affichés dans son établissement ? Fausse piste, le restaurateur n’est pas royaliste. "Ça ? C’est juste pour la décoration. Je ne vais quand même pas accrocher une photo de l’imam Khamenei !"

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