PEA, assurance-vie ou compte-titres ? Le guide pour bien placer ses actions
Compte-titres ou plan d’épargne actions (PEA) ? Assurance-vie ou PEA-PME ? Le bon choix pour ses actions dépend essentiellement de deux critères : les produits dans lesquels vous souhaitez investir et le régime fiscal de chacune de ces enveloppes.
De ce point de vue, le compte-titres n’est pas la meilleure solution car les gains (revenus et plus-values) y sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de cotisations sociales. Pour alléger la note, l’alternative consiste à passer par un PEA ou un contrat d’assurance-vie, qui bénéficient d’une fiscalité plus avantageuse en contrepartie d’un choix de supports plus limité. Il ne s’agit pas de sélectionner une enveloppe au détriment des deux autres mais plutôt de les utiliser de façon complémentaire, en fonction du type d’investissement visé et de votre surface financière.
Pour vous constituer un portefeuille de titres vifs (actions individuelles, par opposition aux fonds) détenus en direct, vous aurez intérêt à privilégier le PEA. Mais attention, il est réservé aux actions européennes. Aucun problème pour acheter des titres Orange, Danone ou Siemens, mais ne comptez pas investir sur Apple ou Amazon. Une fois le PEA ouvert (on peut y verser jusqu’à 150 000 euros), il est possible d’acheter et de vendre des titres sans impact fiscal, à condition de ne pas effectuer de retrait. Tant que l’argent reste à l’intérieur du plan, c’est indolore. Pour cela, un compte espèces permet de loger les sommes récupérées à l’occasion d’une vente, le temps que vous les réinvestissiez. Un atout indéniable par rapport au compte-titres, au sein duquel chaque opération peut déclencher de la fiscalité. Ce n’est qu’en cas de retrait d’argent du PEA que les gains sont imposés, à un taux dépendant de son ancienneté. Après le cinquième anniversaire, ils sont exonérés d’impôt et seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus. Si le plan a moins de cinq ans, tout retrait entraîne la clôture du PEA et l’investisseur règle le prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur ses profits… comme sur un compte-titres.
Les épargnants souhaitant investir en direct dans des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et des petites et moyennes entreprises (PME) européennes peuvent aussi ouvrir un PEA-PME, bénéficiant du même régime fiscal que le PEA. Il est doté d’un plafond de versement de 225 000 euros, mais s’il est cumulé avec un PEA, le montant total des versements sur les deux enveloppes est limité à 225 000 euros.
Autre point de vigilance : on ne peut détenir qu’un seul de chacun de ces plans par personne. "Si votre objectif consiste à investir en actions européennes, il n’y a aucune raison de le faire sur un compte-titres sauf si vous avez atteint le plafond du PEA et du PEA-PME", résume Gauthier Haem, directeur du développement de Yomoni.
Le compte-titres vous sera aussi utile pour loger des actions cotées sur d’autres marchés, mais aussi d’autres types de placements, comme des produits de bourse (warrants, turbos, etc.), ou encore des fonds monétaires pour placer vos liquidités au-delà des plafonds des livrets réglementés. "Les titres d’entreprises non cotées en Bourse peuvent aussi être inscrits sur un compte-titres, et, sous certaines conditions, sur un PEA ou un PEA-PME", ajoute Gauthier Haem.
De nombreux épargnants souhaitent investir en actions sans pour autant gérer un portefeuille de titres en direct. Il suffit pour cela de souscrire des fonds ou d’acheter des fonds indiciels cotés en Bourse, dits ETF (exchange-traded fund). Là encore, l’enveloppe à privilégier dépend du type de produit souscrit.
Les fonds investis en actions européennes à 75 % minimum sont éligibles au PEA. Il est aussi possible d’y loger quelques produits reproduisant les performances des actions internationales, américaines ou japonaises, rendus éligibles car ils investissent dans des actions européennes mais échangent les performances de leurs titres contre celles des marchés ciblés. Toutefois, le choix sera forcément limité.
Autre option : souscrire des fonds au sein d’une assurance-vie multisupports, à condition d’opter pour un contrat doté d’une large palette d’unités de compte. Les avantages sont nombreux. Cette fois, le montant investi n’est pas plafonné. Mais surtout, l’assurance-vie coche toutes les cases en matière de flexibilité : les contrats peuvent recueillir une grande variété de supports, allant du fonds en euros à capital garanti aux unités de compte de tous types (actions, obligations, immobilier, private equity…). L’investisseur peut donc piloter son niveau de risque en répartissant son épargne sur différents supports.
Côté actions, l’offre est extrêmement large : fonds d’actions françaises, européennes, internationales, émergentes, supports thématiques ou sectoriels, spécialisés sur les mines d’or, etc. Certains contrats permettent même d’investir en titres vifs, même si cette pratique est peu développée et limitée à certaines valeurs. En outre, l’assurance-vie est une enveloppe de long terme, qui ne permet pas une gestion aussi proactive que le PEA et le compte-titres. En particulier, les arbitrages y sont réalisés sous quelques jours, à une valeur inconnue.
En revanche, les assureurs proposent de nombreuses options de gestion (gestion libre ou profilée, mandats, options techniques, etc.). "Les options de dynamisation progressive permettent d’automatiser les arbitrages entre le fonds en euros et des unités de compte actions pendant six mois, douze mois ou vingt-quatre mois par exemple, explique Gilles Belloir, le directeur général de Placement-direct.fr. Cela permet de lisser le point d’entrée sur les marchés tout en bénéficiant, dans l’intervalle, de la rémunération du fonds en euros." Il est aussi possible de mettre en place des versements programmés pour épargner de manière régulière et automatisée.
Côté fiscalité, l’assurance-vie a aussi tout pour plaire. Les gains en cas de retrait après huit ans bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 euros pour un célibataire et de 9 200 euros pour un couple soumis à une imposition commune. Au-delà, ils sont taxés à 7,5 % lorsque les versements n’excèdent pas 150 000 euros. S’y ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. "Il est possible de calibrer ses retraits pour rester dans les limites de l’abattement, en fonction de la part de plus-values dans le contrat", souligne Gilles Belloir. Rien n’empêche par ailleurs de réaliser un retrait avant le huitième anniversaire du contrat, mais dans ce cas, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Et ce n’est pas tout : contrairement au compte titres et au PEA, l’assurance-vie bénéficie d’un régime de faveur en cas de succession. Seul point noir : les frais, bien supérieurs à ceux des autres enveloppes.
Les atouts de l’assurance-vie luxembourgeoise
Grande flexibilité, sécurité juridique et financière, large périmètre d’investissement : les atouts de l’assurance-vie luxembourgeoise sont nombreux. "Ces contrats permettent notamment d’investir en titres vifs, détaille Catherine Baudeneau, porte-parole d’Altaprofits. Il est aussi possible d’y loger des investissements en direct dans des PME non cotées et de gérer des placements dans différentes devises." Si vous avez d’importants capitaux à gérer, il est même possible d’obtenir une gestion sur-mesure.
Par ailleurs, le Grand-Duché dispose d’une réglementation protectrice pour les avoirs des assurés. Ceux-ci sont strictement séparés de ceux de l’assureur, ce qui renforce la sécurité pour l’épargnant en cas de faillite de la compagnie. En outre, dans ce cas de figure, les clients sont considérés comme des créanciers de premier rang, prioritaires pour récupérer leur dû. En revanche, n’espérez pas échapper au fisc. Les épargnants français bénéficient du même régime des deux côtés de la frontière, y compris en cas de succession.
Seule contrainte : l’accessibilité. "Le ticket d’entrée est souvent fixé entre 100 000 euros et 500 000 euros,", précise Catherine Baudeneau. Il faudra encore plus pour accéder à toutes les possibilités offertes par le Luxembourg.