Gaza : l’ONU accuse Israël d'avoir tué plus de 1 000 personnes tentant d'obtenir de l'aide
L'ONU a accusé ce mardi 22 juillet l'armée israélienne d'avoir tué à Gaza, depuis fin mai, plus de 1 000 personnes qui tentaient d'obtenir de l'aide, dont la grande majorité près des sites de la fondation GHF soutenue par les Etats-Unis et Israël. L'Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie Kaja Kallas, a de son côté intimé à l'armée israélienne de "cesser" de tuer des civils palestiniens se rassemblant aux points de distribution d'aide humanitaire à Gaza. Ces accusations et avertissements surviennent alors que 21 enfants sont morts de malnutrition et de faim en 72 heures, selon le directeur d'un des plus importants hôpitaux de la bande de Gaza.
Les infos à retenir :
⇒ Plus de 1 000 personnes qui tentaient d'obtenir de l'aide tuées par l'armée israélienne, selon l'ONU
⇒ L’Iran n’abandonnera pas l’enrichissement, indique Téhéran
⇒ L'UE intime à l'armée israélienne de "cesser" de tuer des civils cherchant de l'aide
L'ONU accuse Israël d'avoir tué plus de 1 000 personnes qui tentaient d'obtenir de l'aide depuis fin mai
L'ONU a accusé ce mardi l'armée israélienne d'avoir tué à Gaza, depuis fin mai, plus de 1 000 personnes qui tentaient d'obtenir de l'aide, dont la grande majorité près des sites de la fondation GHF soutenue par les Etats-Unis et Israël. "Plus de 1 000 Palestiniens ont maintenant été tués par l'armée israélienne alors qu'ils tentaient de se procurer de la nourriture à Gaza depuis que la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) a commencé à fonctionner", a indiqué le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU à l'AFP.
La GHF a commencé à distribuer des boîtes de produits alimentaires le 26 mai, après un blocus de plus de deux mois imposé par Israël à l'entrée de toute aide humanitaire et en dépit des avertissements de risque de famine. "Au 21 juillet, nous avons recensé 1 054 personnes tuées à Gaza alors qu'elles tentaient d'obtenir de la nourriture ; 766 d'entre elles ont été tuées à proximité des sites de la GHF et 288 à proximité des convois d'aide de l'ONU et d'autres organisations humanitaires", a détaillé le Haut-Commissariat aux droits de l'homme.
Dans un communiqué, Volker Türk a par ailleurs alerté ce mardi sur le risque "extrêmement élevé" de violations graves du droit international après l'extension des opérations militaires israéliennes à Gaza. "Ces frappes aériennes et opérations terrestres israéliennes entraîneront inévitablement de nouvelles pertes civiles et la destruction d'infrastructures civiles", a-t-il déclaré.
L'UE intime à l'armée israélienne de "cesser" de tuer des civils cherchant de l'aide
L'armée israélienne "doit cesser" de tuer des civils palestiniens se rassemblant aux points de distribution d'aide humanitaire à Gaza, a affirmé mardi la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas. "J'ai clairement indiqué que l'armée israélienne devait cesser de tuer des personnes aux points de distribution" d'aide humanitaire, a-t-elle déclaré sur X après un entretien avec le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar. Tuer des civils cherchant de l'aide à Gaza "est indéfendable", a insisté la responsable estonienne.
21 enfants morts de malnutrition et de faim en 72 heures
Le directeur d'un des plus importants hôpitaux de la bande de Gaza a affirmé mardi que 21 enfants étaient morts de malnutrition et de faim au cours des 72 dernières heures. 21 enfants sont morts en raison de la malnutrition et de la faim dans différentes régions de la bande de Gaza. Ces décès ont été enregistrés dans les hôpitaux de la bande de Gaza : l'hôpital d'al-Chifa dans la ville de Gaza, l'hôpital des martyrs d'al-Aqsa à Deir al-Balah, et l'hôpital Nasser à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, au cours des dernières 72 heures", a déclaré lors d'un point presse Mohammed Abou Salmiya, le directeur de l'hôpital d'al-Chifa à Gaza-Ville, qui était le plus grand hôpital du territoire palestinien avant la guerre.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a, de son côté, jugé mardi "inacceptable" la mort, dans la bande de Gaza, de Palestiniens qui sont dans l'impossibilité de trouver "un morceau de pain ou une gorgée d'eau".
Donald Trump a été "pris de court" par les frappes d’Israël en Syrie
Donald Trump a été "pris de court" par les récentes frappes israéliennes en Syrie, et en a parlé avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, a déclaré lundi sa porte-parole Karoline Leavitt pendant un échange avec la presse à la Maison-Blanche. "Il a rapidement appelé le Premier ministre pour corriger ces situations", a-t-elle ajouté. "En ce qui concerne la Syrie, nous avons vu une désescalade", a encore dit Karoline Leavitt. "Le président a une bonne relation de travail avec le Premier ministre (israélien) et il reste en contact fréquent avec lui", a-t-elle par ailleurs affirmé.
Le dirigeant israélien a effectué début juillet sa troisième visite à Washington depuis le retour au pouvoir de Donald Trump le 20 janvier. Israël a bombardé l’armée syrienne à Soueida, ville à majorité druze du sud de la Syrie, et à Damas en début de semaine dernière, disant chercher ainsi à faire pression sur le gouvernement syrien pour qu’il retire ses troupes de cette région meurtrie par des affrontements inter-communautaires. La Syrie et Israël se sont ensuite accordés vendredi soir sur un cessez-le-feu, sous la houlette des Etats-Unis.
Nucléaire : l’Iran n’abandonnera pas l’enrichissement, dit Téhéran
L’Iran n’abandonnera pas son programme nucléaire et notamment l’enrichissement d’uranium malgré les "dommages sérieux" causés à ses installations par les bombardements américains, a déclaré lundi le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. "Il a été arrêté parce que, oui, les dommages sont graves et sérieux. Mais il est évident que nous ne pouvons pas renoncer à l’enrichissement, car il s’agit d’une réalisation de nos propres scientifiques", a-t-il déclaré dans l’émission de Bret Baier sur la chaîne américaine Fox News. "Et maintenant, plus que cela, c’est une question de fierté nationale", a-t-il ajouté, en soulignant que tout futur accord sur le nucléaire iranien devra contenir le droit à l’enrichissement.
Interrogé pour savoir si de l’uranium enrichi a pu être sauvé malgré les bombardements, le ministre a répondu n’avoir pas "d’informations détaillées" là-dessus mais que l’agence atomique iranienne s’efforce "d’évaluer ce qui s’est exactement passé avec notre matériel nucléaire, notre matériel enrichi".
Donald Trump a aussitôt réitéré sa menace de bombarder à nouveau l’Iran s’il reprenait son programme d’enrichissement. "Abbas Araghchi, à propos des sites nucléaires iraniens : ‘Les dommages sont très graves, ils sont détruits’. Bien sûr qu’ils le sont, comme je l’ai dit, et nous recommencerons, si nécessaire !", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.
Frappes israéliennes contre une prison en Iran : Amnesty réclame une enquête pour "crime de guerre"
Amnesty International a réclamé ce mardi une enquête pour "crime de guerre" après des frappes israéliennes fin juin contre la prison d’Evin à Téhéran, en Iran, durant la guerre de 12 jours qui a opposé les deux pays. "Les frappes aériennes délibérées de l’armée israélienne […] constituent une grave violation du droit international humanitaire et doivent faire l’objet d’une enquête pour crime de guerre", a déclaré Amnesty International dans un communiqué.
"L’armée israélienne a procédé à de nombreuses frappes aériennes contre la prison d’Evin, tuant et blessant des dizaines de civils et causant des dégâts et destructions de grande ampleur dans au moins six zones de ce complexe pénitentiaire", a ajouté l’ONG, affirmant se baser sur des vidéos authentifiées, des images satellites et des témoignages. "Une prison ou un lieu de détention est présumé être un objet civil et il n’existe dans ce cas aucun élément attestant de manière crédible que la prison d’Evin constituait un objectif militaire légal", a affirmé Amnesty.