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Laurent Wauquiez, 2027 envers et contre tous : ses SMS par centaines, ses colères, ses obsessions

Peu après l’élection triomphale de Bruno Retailleau à la présidence du parti LR, Christian Wauquiez et son frère Philippe, le père de Laurent, ont laissé un message à leur neveu et fils, le perdant. Il fallait, disaient-ils en substance, que la droite en finisse avec ses querelles, lui et ses rivaux devraient s’isoler et désigner leur candidat pour la présidentielle, derrière lesquels tous se rangeraient gentiment. Philippe Wauquiez raconte l’entreprise en précisant deux points – deux évidences, à l’écouter. Primo, ce conclave des chefs LR, s’il se tenait, choisirait forcément son fils, puisqu’il est de très loin et depuis toujours le meilleur, et secundo, le message demeura sans réponse. C’est que Laurent Wauquiez pense peu ou prou comme ses aînés.

Il n’a pas subi de cinglante défaite le 18 mai face au ministre de l’Intérieur. Le soir même, il s’est d’ailleurs planté de toute sa hauteur devant un militant, et l’a sermonné : "Rien n’est terminé, on prendra notre revanche." Ses 25,69 % contre les 74,3 % de son rival relèvent de la péripétie. Le fait que trois départements de sa région, Auvergne-Rhône-Alpes, ne l’aient pas choisi, ni d’ailleurs la grosse fédération du Rhône, dans laquelle il avait tenu quatre meetings, indique au pire une mauvaise passe. Les jeux demeurent ouverts, et sa garde rapprochée de le répéter, hypnotique : "Il a gagné", "Il est revenu dans l’atmosphère", "Cette campagne n’est pas celle de sa sortie, c’est celle de son retour".

"Laurent va bien, c’était anticipé, ces résultats, ce n’est pas sur sa campagne qu’il a perdu l’élection", insiste son conseiller Arnaud Beuron, souriant furtivement sous son crâne glabre. Pas sur sa campagne ? Non, s’il n’a pas été choisi par les 121 000 militants, c’est, à en croire ses spadassins, parce que son concurrent a profité de sa notoriété ministérielle, un halo consubstantiellement éphémère, aussi l’épisode ne saurait durer, la conquête du sommet ne s’encombre pas des premiers arrivés au camp de base. Et c’est ainsi que la troupe, petite troupe, organisée autour du patron des députés LR, file son récit.

Tout serait la faute de Bruno Retailleau "qui n’a pas tenu parole", comme le claque Arnaud Beuron. En août dernier, au pied du mont Mézenc, là où leur chef organise chaque année une ascension, le ministre aurait juré fidélité à son compétiteur. En novembre, lors d’une visite au Puy-en-Velay, il lui aurait réitéré son soutien. Certain de son ascendant sur le sénateur vendéen, le député de la Haute-Loire a attendu cet hiver pour commencer de douter. Se pourrait-il que le locataire de Beauvau, porté par les sondages, ose ? Début décembre, il s’affaire pour l’écarter des consultations lancées par Emmanuel Macron cherchant à négocier les contours du "socle commun" après la chute de Michel Barnier. En vain, Retailleau reste au gouvernement, malgré les tentatives de Wauquiez pour obtenir le départ des ministres Républicains.

4 février, dîner au ministère de l’Intérieur. Sur le chemin, le député fanfaronne : "J’en fais mon affaire, je vais le décrocher." Dîner patelin, le ministre ondoie, cabote, et ne pipe mot de ses ambitions. "Il est sorti fou de rage de la table", se souvient un participant. Deux semaines plus tard, Bruno Retailleau annonce sa candidature, le lendemain, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale fait de même. Et enrage de s’être fait doubler. Aussitôt, il ordonne les grandes manœuvres, organise à la chaîne des déjeuners, où il régale les députés par groupe de trois, promettant monts et merveilles en échange de leur suffrage, s’aventurant même à promettre à l’un d’eux, ébaubi, qu’il lui obtiendrait la tête de la commission des Affaires étrangères, l’affaire est dans la poche, Gabriel Attal est d’accord, si si, c’est dealé.

Normalement en politique, avec une telle intelligence et un ancrage si puissant, tout devrait lui réussir, or il rate les marches

Des centaines de textos

Derrière lui, son clan, tout son clan. Le politique, rompu aux opérations commando, et le familial, dévoué jusqu’à la garde. Pas une seconde à perdre, son épouse, Charlotte, adresse des SMS à d’anciens conseillers ministériels, pas revus depuis quinze ans, quelques lignes, tu sais que Laurent est en difficulté, chaque voix compte, il a besoin de toi. Le récipiendaire abasourdi répond sur-le-champ, il n’est pas militant, il ne votera pas, désolé. L’épouse bafouille, s’excuse, un peu brutal tout ça, mais voilà, Laurent a besoin… Sa mère, Eliane Wauquiez-Motte, de même, écrit, appelle. Ça ratisse, laboure. Lui s’y colle aussi, razzia méthodique, peu encombrée de délicatesse. "Tu es avec moi ou tu ne comptes plus", écrit-il.

Toujours, le quinquagénaire a bataillé ainsi, mode carpet-bombing de textos. Des rafales, par dizaines, par centaines, au point qu’ils paraissent rédigés par une intelligence artificielle. L’habitude est ancienne, coutumier qu’il est des appels au préfet à deux heures du matin sans motif dirimant, ou capable, jurent des témoins, de passer 100 appels téléphoniques dans une seule journée. Parmi les proches de Retailleau, on rit de ce SMS reçu lors d’un déplacement en Arménie, août 2023. Sur place, celui qui n’était encore que sénateur a visité une université dont une chaire fut financée par la région Rhône-Alpes, il en félicite Laurent Wauquiez par écrit. "C’est noté", le remercie ce dernier. Quand le 9 avril, Wauquiez annonce vouloir déplacer toutes les personnes sous OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon, un journaliste lui demande s’il a évoqué la mesure avec le ministre de l’Intérieur. Oui, fanfaronne l’impétueux, qui aussitôt lui adresse un texto : "Parlons de St-Pierre-et-Miquelon." "C’est stupéfiant comment il considère toujours que tout est rattrapable, que rien jamais ne laisse de traces, son sentiment de supériorité l’aveugle", pique un LR.

Chez les vieux briscards LR, on en est persuadé, Laurent Wauquiez sabordera son camp en 2027 pour pouvoir se présenter en 2032.

Même ses proches, abasourdis, décrivent son toupet robotique. Quand il fallut trouver un successeur à Véronique Louwagie pour la vice-présidence de la commission des Finances, une élue du Jura postule, mais lui préfère un autre, élu six mois auparavant. Exit la fidèle, puis il oublie le camouflet – seule compte sa stratégie férocement maline. En pleine campagne interne aux LR, il vient s’asseoir aux côtés de la Jurassienne, à laquelle il a barré la route, et, patelin, l’entreprend ; elle n’a pas oublié qu’elle devra voter pour lui ? Convaincu que le soutenir s’impose comme une loi de la physique, à quoi peuvent prétendre les petites étoiles filantes si ce n’est se ranger derrière l’astre ? Et quand un élu lui résiste, il trouve l’insolence si inconcevable qu’il en oublie l’aménité. La députée de Haute-Savoie s’étant autorisée à voter contre son projet de construction d’un vélodrome pour accueillir en 2027 le championnat du monde du cyclisme en fit les frais. Le croisant au salon de l’Agriculture, le patron de groupe la foudroie, mâchoires serrées et paroles glaçantes. "Il n’est pas un vrai méchant, c’est un faux dur et un vrai gentil", le défend Geoffroy Didier, conseiller régional d’Ile-de-France. Peut-être, alors il faut reconnaître qu’il joue à merveille.

Etonnante carrière que la sienne, dotée de tant de talents, récompensée des plus brillants diplômes, mue par une ambition souveraine et qui pourtant patine, piaffe, comme empêchée, bridée, additionnant les déconvenues. La dissolution le tétanise, il n’annonce pas sur-le-champ candidater à la direction des LR, il tergiverse, cafouille, fait le siège de Michel Barnier pour réclamer Beauvau, il refuse Bercy, et quand François Bayrou s’installe à Matignon, le voici réclamant Bercy, il n’obtient rien, alors il vilipende Retailleau d’être resté dans ce gouvernement qu’il a tant et si maladroitement convoité. "Normalement en politique, avec une telle intelligence et un ancrage si puissant, tout devrait lui réussir, or il rate les marches", observe un ancien membre de ses cabinets ministériels. Le mystère Wauquiez. Celui que tous ses anciens alliés, collaborateurs, affidés, ressassent. Serait-ce que l’intelligence ne puisse pas tout ?

Son premier stage, l'ENA et l'Assemblée

Juin 1977, premier stage à Yssingeaux, fief du ministre centriste Jacques Barrot. Sa mère Eliane a organisé l’affaire, invitant un de ses amis à pousser la candidature de son dernier né, son chéri, brillant Normalien, "qu’elle a fait travailler jour et nuit pour qu’il soit toujours le meilleur", comme le confie son père, divorcé depuis les 3 ans de Laurent. Dans la ville de Haute-Loire, le jeune homme, un peu gauche, encombré de grandes jambes et d’épaisses lunettes, est accueilli avec chaleur, il zézaye un peu, porte des foulards multicolores, maladroitement hippie, "et ce qui le raccrochait à la droite était léger", se souvient un témoin, paniqué à l’idée de donner son nom. Cervelle rapide, mémoire démente, et l’idéologie encore flottante. Il se moque des notables catholiques du coin, les trouve ringards, "rances" dit celui qui, quarante ans plus tard, fera grand bruit de son pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Le jeune homme habite dans la maison de campagne maternelle, Le Reboulet, une vieille ferme ardéchoise, toit de lauze, inaccessible par le chemin rural, bâtisse modeste, achetée par ses parents quand son père travaillait à Lyon pour la banque Indosuez.

Ce que j’ai fait, c’est comme faire passer un avion de chasse dans le trou d’une aiguille

Retour à Paris, majorat à l’ENA, agrégation d’histoire, et le revoici en Haute-Loire. Barrot ouvre les portes, les tables, les salons. La bonne société l’invite à dîner, elle s’étonne de ses monologues un peu vantards, péché de jeunesse, a-t-il besoin de raconter sans pause comment à l’ENA il a réussi à ensorceler la directrice des stages ? Un peu content de lui le Parisien, mais si Jacques a dit. Fier de son poulain, le baron de la région le prend comme suppléant, et quand il est nommé à Bruxelles, il se démène pour que son fils adoptif obtienne son siège à l’Assemblée, celui où il fut huit fois élu. 20 000 lettres signées de sa main inondent la circonscription. Son protégé a-t-il conscience du cadeau ? Ses colistiers racontent ces réunions enquillées sans faiblir, 600 kilomètres parcourus chaque semaine en voiture, et à l’heure où tous épuisés ne rêvent que de dormir, lui remontant derrière le volant : et si on allait voir les équipes de nuit dans les usines ?

Jacques Barrot ne manque aucun de ses meetings. Un jour, il l’entend promettre à la tribune d’"ouvrir les portes de l’enfer" à son opposant. Le centriste se redresse, que signifient ces mots violents ? Elu en 2004, à 29 ans, le néophyte se félicite : "Ce que j’ai fait, c’est comme faire passer un avion de chasse dans le trou d’une aiguille." L’avion de chasse a épousé Charlotte, mariage célébré par un ami de Barrot, le père Bongiraud, sabots et chemise ouverte, cœur à gauche. Qui un jour l’apostrophe lors d’une fête d’anniversaire, lui recommandant de ne jamais oublier que nous serions tous un peu des "métèques". Le député n’aime ni les leçons ni les conseils, il bout de colère. Rongeant ses ongles, il organise que sa femme, parisienne pur jus, donne naissance à leur premier enfant au Puy-en-Velay, les dynasties doivent bien commencer quelque part. Et il la voudrait tant sa lignée terrienne qu’il s’égare parfois à l’embellir. Lors d’un déplacement dans une minuscule commune, l’accompagne un maire du voisinage, ce dernier profite du banquet pour remercier les habitants en leur confiant que son épouse est née dans le village. Aussitôt, Wauquiez attrape son micro, et surenchérit, lui c’est dans ce village qu’il a acheté la bague de fiançailles de Charlotte – et tant pis si aucune bijouterie n’y a jamais tenu commerce.

Son père en sourit avec tendresse, "Laurent" n’assume pas ses origines sociales, il tait sa famille maternelle, industriels du Nord, et l’appartement dans lequel il a grandi, immense enfilade rue Vaneau, dont les fenêtres doubles plongent sur les jardins de Matignon. Ses camarades de Sciences Po, pourtant rompus aux charmes discrets de la bourgeoisie, s’y voyaient servir des rafraîchissements par une domestique. Cornaqué par sa mère, et révéré par sa grand-mère, silhouette légendaire du quartier, où son élégance folle et son port de reine font se retourner les passants. Laurent pousse ainsi, adulé par deux femmes aimantes et pressées qu’il brille, réparant leur fortune. 20O7, il est nommé porte-parole du gouvernement, sa mère le visite au secrétariat d’Etat. Chignon et tailleur de tweed, elle demande à relire les discours, fait venir la conseillère en charge, émet des améliorations, attend de relire les corrections, puis elle déjeune avec son garçon, portes fermées. Une mère, sur laquelle il veille avec obsession. Quelle ne fut pas la surprise du tout nouveau préfet de la Haute-Loire qui recevant en 2017 pour la première fois le président de la Région s’entend fixer comme priorité de ne pas toucher aux subventions de la commune de Chambon-sur-Lignon, celle dont Eliane Wauquiez-Motte est la maire.

Critiques, injonctions et maladresses

C’est au gouvernement que le jeune secrétaire d’Etat a entamé sa mue, peu à peu ses lunettes disparaissent, les joues se creusent. Un corps tonique, ça compte pour briguer les suffrages. Il se met à courir et le voici fou de course à pied, capable, lors de sa dernière campagne, de partir fouler la chaussée à 1h30 du matin après une réunion à Bry-sur-Marne, ou bien, le jour de la niche parlementaire LR de ne passer que deux minutes à la questure pour repartir taper le bitume dans la nuit noire. Il ne connaît pas la mesure, tout est calculé, modélisé, tableur Excel dans les tripes et sourire tendu, le temps file, allons, plus vite. 2008, le voici secrétaire d’Etat à l’Emploi, un élu de Haute-Loire lui demande rendez-vous, il voudrait lui parler des difficultés de l’usine Lejaby, il est reçu, croit retrouver un copain, entre dans son bureau, se fige. Le politique ne sourit pas, ton raide, entrevue éclair.

Une conseillère est recrutée, on lui donne un portable de fonction, sauf que celui n’a pas été nettoyé, et il contient encore tous les messages que le secrétaire d’Etat écrivait à son directeur de cabinet. Des dizaines d’injonctions, de réprimandes, des ordres envoyés au cœur de la nuit, des critiques, pas un mot aimable. Elle efface tout, et ne restera pas longtemps au cabinet, ambiance de carabins, et les blagues d’Arnaud Beuron, que Laurent Wauquiez vient d’embaucher, qui pèsent. Arnaud Beuron, le conseiller omnipotent, intrigante figure ombreuse. Il parle peu, contrôle tout, vouvoie son patron. Un jour, Brice Hortefeux, aujourd’hui conseiller régional d’Auvergne, l’apostrophe, s’étonnant d’observer le stratège travaillant dans une pièce close, lumières éteintes, les yeux rivés sur son portable. "Vous êtes un drôle de personnage", lui dit-il. Celui-ci rougit, ne dit rien. Laurent Wauquiez n’écoute désormais plus que lui, la paire est insécable, rigide. "Ils sont un peu enfermés tous les deux", s’aventure un élu parisien, suppliant de ne pas être cité.

Au conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, dont il est élu président en 2015, tous disent la puissance de travail démente, le budget redressé avec virtuosité, et ses colères, ses cris, ses remontrances dont il ne s’excuse jamais. Un élu de l’opposition, sorti acheter un cadeau de Noël lors d’une interruption de séance, raconte avoir reçu, de retour dans la salle, une photo de lui achetant le cadeau, avec ce message : "Voici qui pourrait plaire aux journalistes." Il dit avoir effacé message et photo, et poursuit en décrivant ses micros coupés quand il critique le manque de débats, et les invectives toujours violentes, et souvent publiques. Wauquiez, et le contrôle paroxystique. Quand sa suppléante, Isabelle Valentin, candidate en 2017 à la députation, il campe au pied des estrades, chronomètre à la main. Dès qu’elle finit son discours, il s’approche. Elle a débordé de six minutes, elle a dit 32 fois "euh", et 17 fois "eh". Il fait compter sur les photos les participants aux réunions de ses fidèles comme à celles de ses ennemis, exige que soit recensé chaque jour combien de fois, dans la presse locale, les conseillers locaux ont cité son nom.

Et puis, tendu vers son triomphe, il accumule les maladresses, même auprès de ses amis. Isabelle Valentin a déposé dans sa boîte aux lettres les faire-part de naissance de ses petits-enfants, elle a tellement aimé autrefois travailler avec lui, aucune réponse. Il la croise, se frappe le front, il demandera à "Jenny", sa secrétaire, de lui faire passer un cadeau. Sait-il seulement que pour être accompagné vers la victoire, il est parfois judicieux de s’arrimer des soutiens ? Laurent Wauquiez, et la défaite impensée. Le 19 mai dernier, lendemain de la victoire contre lui de Bruno Retailleau, il adresse tout à trac à Isabelle Valentin des photos anciennes, souvenirs communs de la campagne législative d’il y a huit ans. Il lui écrit faire des rangements. Elle prend la perche, c’est bien de ranger, la meilleure des thérapies. Silence. Trois jours passent, elle ose. Comment vas-tu ? Bien sûr qu’il va bien, pourquoi n’irait-il pas bien ? Et d’ailleurs il a bien noté qu’elle l’avait planté, jamais il n’a pu compter sur elle. La défaite impossible. Chez les vieux briscards LR, on en est persuadé, il tentera la candidature pour 2027, et s’il constate que celle-ci ne passe pas, il sabordera son camp pour pouvoir se présenter en 2032. Il n’aura alors que 57 ans. Autrefois, un coach lui avait prescrit des exercices de relaxation, lui avait appris à respirer mieux. Et un jour, fatal, s’était aventuré à lui conseiller de laisser affleurer ses émotions de petit garçon quitté par son père. Il l’a congédié sur-le-champ. Depuis toujours, il marche seul.

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