En voyage au Brésil, Manon Aubry s’en prend à un fleuron de l’industrie française et reçoit une volée de bois vert de la part des internautes
Son tweet a affolé les réseaux sociaux. La députée européenne Manon Aubry, en voyage au Brésil, s’en est pris au groupe CMA CGM (Compagnie maritime d’affrètement – Compagnie générale maritime) qui, selon elle, détiendrait le 1er port d’Amérique latine (Santos au Brésil). L’entreprise française serait parmi « les championnes du monde de superprofits » qui… « profite de l’accord Mercosur », ainsi que son patron, un « propriétaire milliardaire (R.Saadé, aussi propriétaire de BFM) ». « Voilà le modèle du libre-échange que nous combattons », conclut Manon Aubry. Plusieurs internautes ont voulu voir, derrière la vacuité de ces attaques, la tentative de camoufler un voyage privé (des vacances au Brésil ?) en un déplacement politique, rappelant le précédent d’Anne Hidalgo en Polynésie. D’autres ont fait remarquer que le bilan carbone d’un tel déplacement était désastreux.
Mais plusieurs précisions s’imposent. Tout d’abord, c’est l’Etat brésilien qui est propriétaire du port, non le groupe CMA CGM qui est actionnaire majoritaire (51 %) de Santos Brasil, opérateur multi-terminal qui gère le terminal à conteneurs Santos Brésil (Tecon). Ensuite, n’a-t-on jamais appris à l’ancienne diplômée de Sciences po que les profits d’aujourd’hui sont les emplois de demain ? En tant que défenseur des ouvriers au sein du parti LFI, Manon Aubry ne peut pas ignorer le fait que le groupe français, numéro trois mondial du transport maritime, est présent dans 160 pays où se répartissent ses 400 bureaux, qu’il possède plus de 650 navires et surtout qu’il n’emploie pas moins de… 160 000 personnes. Et génère sûrement autant, sinon plus, d’emplois indirects. La représentante de la France au Parlement européen devrait être fière de cette entreprise !
La militante s’en prend aussi au libre-échange mais c’est grâce à lui que le groupe s’est développé et fait vivre des dizaines et des dizaines de milliers d’employés. Comme des milliers d’autres groupes français. Enfin, Manon Aubry n’est sûrement pas allée au Brésil à la nage, pour reprendre une vieille plaisanterie. Elle a pris l’avion, un moyen de transport qu’elle et ses amis honnissent : CO2, mauvais pour la planète, accélérateur du réchauffement climatique, la chanson est connue. C’est pourquoi la grande protestation de Mme Aubry sur X nous laisse perplexes : si elle était en vacances, elle aurait dû se cacher. Si elle voulait rencontrer des pontes de CMA CGM pour leur faire part de sa juste indignation, il eût suffi de prendre le train : le siège de la société se trouve à Marseille.
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