Le chef Thierry Marx veut des logements sociaux pour les saisonniers
Le Président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie persiste et signe dans le capitalisme de connivence.
Même le magazine Marianne s’en est étouffé : « Après la TVA sociale, les tickets Restaurant subventionnés et le recours aux travailleurs immigrés, la restauration exige désormais des appartements financés par l’argent public pour recruter des salariés ».
En effet, le chef étoilé Thierry Marx en sa qualité de Président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) a déclaré sur LCI : « Nous manquons de logements ». Après avoir précisé que l’UMIH avait « passé des partenariats avec Action Logement », il a martelé la nécessité de « faire construire du logement social » pour les saisonniers.
Thierry Marx n’en est pas à son coup d’essai. L’année dernière, nous avions (voir notre pendule du 2 avril 2024) épinglé ses propos selon lesquels les saisonniers (décidément…) souffraient prétendument d’une « dérégulation (sic) », en fait d’une déréglementation, du logement. Il appelait à une « réflexion sur la construction de logements sociaux ». Cette réflexion a donc, semble-t-il, mis un peu plus d’un an à mûrir, puisque maintenant il appelle à leur construction. En réalité, dès 2023, il alertait sur le manque de 200.000 saisonniers et il pointait déjà comme solution, entre autres, la mise en construction de logements sociaux (RTL, 21 avril 2023).
Il faut donc apprendre à notre lobbyiste patronal que :
- Au 1er janvier 2024, il existait la bagatelle de 5,4 millions de logements collectifs sociaux en France, avec une croissance de 0,9 % en un an (Ministères Territoires, Ecologie, Logement, Data Lab, décembre 2024) ;
- En 2020, sur les 21 millions de logements sociaux en Europe, pas moins du quart se trouvait dans notre pays. Le poids des HLM par rapport à l’ensemble des logements s’élevait à 15,8 %, un chiffre certes nettement moins important qu’aux Pays-Bas mais au-dessus de la moyenne européenne. La France détenait, et de loin, le plus gros parc de logements sociaux d’Europe et elle se classait au premier rang pour la construction de HLM chaque année.
Plutôt que de pleurer dans le giron de l’État, au surplus pour accroître un système de logements sociaux qui ne fonctionne pas et qui déstabilise le marché, Thierry Marx ferait mieux de lui demander de réduire le poids des normes, d’abaisser les dépenses publiques et de diminuer la fiscalité. Plutôt que de se complaire dans le capitalisme de connivence, il ferait mieux de peser pour que les énergies se libèrent enfin dans notre pays.
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