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Au lycée, les cours d’économie ne forment pas des entrepreneurs mais des électeurs passifs, par Pierre Bentata

Si les choix des lycéens se confirment en cette rentrée 2025, ils devraient être encore plus d’un tiers à opter pour la spécialité Sciences économiques et sociales. Une décision qu’il convient de saluer tant l’économie est présente dans l’actualité. Des tensions avec les Etats-Unis aux alliances entre la Chine et la Russie, en passant par les questions d’immigration et de changement climatique, aucun sujet international ne peut être compris sans intégrer une composante économique – la globalisation et ses multiples effets. Idem pour les questions nationales. Les crispations politiques actuelles sont en grande partie liées à l’endettement public, au chômage et à la perception des inégalités.

Sans culture économique, difficile, donc, d’analyser le monde dans lequel on vit, et encore moins d’agir en connaissance de cause. Faut-il alors se féliciter que tant de lycéens se tournent vers les sciences économiques et espérer qu’ils en retirent suffisamment de connaissances pour faire d’eux des citoyens éclairés ? A en juger par le contenu des enseignements, publié par le ministère de l’Education nationale, il y a tout lieu d’en douter.

En parcourant les fiches thématiques, la première chose qui saute aux yeux, c’est ce que les lycéens n’apprendront pas. Ils n’entendront pas parler de Jean-Baptiste Say, premier titulaire d’une chaire d’économie en France et auteur d’un Traité d’économie politique qui dévoile les liens entre libre-échange et morale, entre entrepreneuriat et prospérité, et fournit la première analyse chiffrée démontrant l’absurdité de l’esclavage. Non, ce père fondateur de l’économie, largement étudié à l’étranger, sera aux abonnés absents. Tout comme Frédéric Bastiat, dont les étudiants américains entendent abondamment parler lors de leur cursus universitaire.

Une sélection loin d’être neutre

Ils n’étudieront jamais les travaux de Friedrich Hayek, ne croiseront jamais son nom, et ne sauront donc pas pourquoi ce Prix Nobel d’économie mettait en garde, dans La route de la servitude, contre la planification et l’intervention abusive de l’Etat, qui ne peuvent aboutir qu’à des situations de crises et à l’avènement des populismes. N’est-ce pas une question brûlante d’actualité ?

Ils n’apprendront pas la "métaphore du crayon" de Milton Friedman, lui aussi prix Nobel, qui explique comment, grâce aux mécanismes du marché, des milliers d’individus parviennent à créer des choses qu’aucun homme seul ne peut produire. Pas plus qu’ils n’auront à décortiquer le "théorème d’impossibilité" d’Arrow, autre prix Nobel, démontrant qu’aucun mécanisme politique ne permet de faire émerger l’intérêt général à partir des préférences individuelles. Sujet au cœur des tensions politiques dans presque toutes les démocraties du monde.

Ces penseurs ont pourtant révolutionné l’économie, et tiennent une place importante dans le monde scientifique. Oui mais voilà, ils ont en commun d’avoir démontré l’efficacité de l’économie de marché et les dangers d’un interventionnisme trop poussé. Peut-être est-ce là la raison de leur invisibilisation ? Car un petit tour d’horizon des fiches d’enseignement montre que celui-ci n’a rien de neutre.

Chômage et salaire minimum

Le programme de Seconde porte sur la croissance et la formation des prix. Ce qui est tout à fait logique pour une initiation. Sauf qu’au lieu de constater que l’immense vague de croissance des deux derniers siècles s’est accompagnée d’un doublement de l’espérance de vie, d’une multiplication de la population par sept, et d’un effondrement de la pauvreté, l’étudiant apprendra que "la croissance engendre des externalités négatives" (Comment crée-t-on des richesses et comment les mesure-t-on ?). L’une des trois "activités pédagogiques" se concentrera d’ailleurs sur les "limites écologiques de la croissance". Aucune sur la prospérité. Quant à l’étude des prix, la plus grande partie sera dédiée à la présentation des effets positifs d’une taxe ou d’une subvention, sans que leurs effets pervers ne soient présentés.

S’il poursuit en Première, il apprendra que "la politique de la concurrence […] augmente le surplus (comprendre le bien-être) du consommateur" (Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils ?). Puis il étudiera les défaillances du marché dans un chapitre dont l’objectif est "d’illustrer l’intervention des pouvoirs publics face à ces différentes défaillances" (Quelles sont les principales défaillances du marché ?).

Enfin, dans un chapitre consacré aux financements des agents économiques, il se verra expliquer qu’une politique de relance est favorable à une hausse de l’emploi, et que le principal risque tient au fait que le consentement à l’impôt du citoyen n’est pas infini, contraignant l’Etat à s’endetter (Comment les agents économiques se financent-ils ?).

Ainsi armé, l’étudiant se confrontera en Terminale aux grandes problématiques économiques de la croissance et du chômage. Il découvrira alors que la croissance "contribue à détruire un certain nombre d’activités anciennes mais aussi des ressources non renouvelables, rendant sa soutenabilité à long terme incertaine. Ce processus contribue aussi à engendrer des inégalités de revenus […] D’où l’importance de la mise en place de politiques publiques stratégiques tant en matière économique (innovation sectorielle), environnementale (préservation) que sociospatiale (compensation)" (Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?).

Quant au chômage, il se verra expliquer que l’instauration d’un salaire minimum peut être favorable à l’emploi, que "la flexibilisation du marché du travail est une réponse partielle au problème posé par le chômage et ses effets sur le taux de chômage ne sont pas univoques", ou encore que les politiques d’allègement du coût du travail restent "des dispositifs controversés".

En conclusion, il apprendra que les crises financières sont le résultat de bulles spéculatives, et que la politique européenne de concurrence demeure insuffisante face aux grandes entreprises américaines et chinoises, ce qui "prive certains Etats membres de recettes fiscales".

Conclusion : le marché ne fonctionne pas

Ainsi, après trois années d’enseignement de l’économie, une conclusion s’imposera d’elle-même : le marché ne fonctionne pas, les interactions spontanées entre des acteurs privés sont toujours défaillantes et la seule réponse est l’Etat. En dépit des faits, l’étudiant sera convaincu que l’esprit d’entreprise et la créativité humaine ne comptent pour rien, et que la puissance publique peut tout.

Comment s’étonner alors que les jeunes votent davantage que le reste de la population pour des partis faisant la promotion d’un pouvoir politique fort et autoritaire – LFI et le RN ? Et au-delà, comment ne pas voir qu’il y a un lien entre cette façon de percevoir l’économie et le paradoxe français qui consiste à vouloir simultanément que l’Etat se réforme, laisse davantage de liberté à chacun mais intervienne partout ?

Au fond, il est clair que cet enseignement n’a pas pour objectif l’économie mais la politique. Il ne s’agit pas de comprendre le marché mais de légitimer l’Etat. Avec une telle orientation, on ne forme pas des entrepreneurs créatifs mais des électeurs passifs. Voilà qui rappelle une réflexion du philosophe Clément Rosset qui racontait qu’à son époque, l’Ecole normale supérieure était un lieu étrange où l’on entrait chrétien et l’on ressortait marxiste. Avec l’enseignement de l’économie au lycée, c’est encore mieux : il transformerait un libertarien en étatiste.

*Pierre Bentata est économiste et maître de conférences à la faculté de droit d’Aix-Marseille Université. Il a publié en janvier La Malédiction du vainqueur (L’Observatoire).

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