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Prix de l'électricité : les Français condamnés à payer plus, à moins que…

"La dette publique, ça se propage", a coutume de dire le Premier ministre François Bayrou. L’avertissement vaut autant pour les finances du pays que pour le secteur de l’énergie. En mars 2025, la France a décidé de soutenir un programme d’éoliennes terrestres d’une puissance de 1 GW (gigawatt), soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire. "Avec cette décision, qui donne une garantie de prix minimum aux producteurs, on en prend pour 1,8 milliard d’euros sur 20 ans. Si on répète plusieurs fois l’opération dans l’année, on peut vite dépasser les 10 milliards", détaille Henri Wallard, l’ancien directeur général de l’Andra, l’Agence nationale des déchets radioactifs, et l’auteur de Mensonge d’Etat : imposture écologique (Fayard, 2025).

Qui réglera la note ? Les contribuables et les consommateurs d’électricité. Les Français, qui sortent à peine d’une période marquée par une accélération de l’inflation, semblent d’ailleurs condamnés à payer davantage au fil des ans. "Il ne faut pas se voiler la face. En l’état actuel des choses, à l’horizon 2040-2050, les prix de l’énergie seront plus élevés qu’aujourd’hui", avertit Boris Solier, maître de conférences en économie à l’Université de Montpellier. Car la France fait face à un véritable mur de dépenses. "Côté nucléaire, les investissements de jouvence (NDLR : la purification de l’uranium) ont coûté autour de 50 milliards d’euros. Il va falloir construire des nouveaux EPR, dont six ont été annoncés à l’horizon 2035-2040. Officiellement, leur coût atteint 67 milliards d’euros, mais la facture probable se situe plutôt aux alentours de 80, voire 100 milliards", précise l’expert.

Les vieux contrats arrivent à expiration

Les énergies renouvelables mobilisent, elles aussi, beaucoup d’argent public, même si les dispositifs d’aide aux producteurs deviennent moins dispendieux. "En 2025, le soutien aux EnR va coûter 6 milliards d’euros à l’État. Si l’on s’y prend bien, il sera amené à décroître. Les vieux contrats - les plus coûteux pour l’Etat - arrivent à expiration à partir de 2029-2030. De quoi générer une bouffée d’air", prévient Nicolas Goldberg, responsable Energie du think tank Terra Nova. Reste à financer le stockage de l’électricité pour mieux gérer l’intermittence. Stations de pompage hydroélectriques, systèmes de batteries… Dans ce domaine, la France a encore du chemin à faire.

"Les réseaux, c’est la même chose. Nous sommes au début d’investissements importants", prévient Boris Solier. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) chiffre les besoins à environ 200 milliards d’euros. De quoi moderniser les installations existantes, raccorder les nouveaux quartiers, relier l’éolien en mer au continent… "Non seulement le réseau vieillit, mais il faut raccorder tous les moyens de production décentralisés : les éoliennes, les panneaux photovoltaïques installés dans les parkings… De fait, nous assistons à une explosion des coûts de raccordement. Cela veut dire que le tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (Turpe) va augmenter sensiblement ces prochaines années", prévient Alexandre Grillat, secrétaire général de la CFE Énergies.

Enfin, l’arrivée à terme de l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), prévu à la fin de cette année, pourrait lui aussi créer des tensions sur les prix, même s’il n’existe pas de consensus sur ce sujet. "Dire que les factures d’électricité vont baisser, c’est une hérésie économique quand on regarde la réalité des investissements nécessaires dans le système électrique", explique Alexandre Grillat.

Dès lors une question se pose. Faut-il mener à bien le programme prévu ? D’autant que la demande en électricité peine à décoller. Une note du Haut-commissaire à l’énergie atomique, datée du 10 juillet dernier, met les pieds dans le plat. Selon ce document, aucune des trois composantes de la demande n’est au rendez-vous. L’électrification des véhicules progresse cinq fois plus lentement que dans le scénario retenu par le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE-3). Les besoins de l’industrie n’augmentent pas. Ils ont même tendance à diminuer sur la période récente. Enfin, la production d’hydrogène ne décolle pas.

Dans ces conditions, poursuivre les investissements comme si de rien n’était conduirait à des surcapacités manifestes et des coûts inutiles. L’offre énergétique est déjà trop importante, prévient le Haut-commissaire. "Nous vivons dans une situation qui se traduit par une explosion des épisodes de prix négatifs ou nuls". Ce qui crée des difficultés en cascade : non seulement le nucléaire s’efface pour laisser la priorité aux énergies renouvelables sur le réseau, mais le solaire photovoltaïque limite aussi sa production car, pour des raisons techniques, il existe un seuil en dessous duquel la puissance de nos réacteurs ne peut pas descendre. En maintenant le projet de PPE-3 actuel, qui fait la part belle aux énergies renouvelables, la France risque donc de se retrouver avec des actifs échoués, qui ne produiront que marginalement dès leur installation.

"EDF et l’État se sont autopiégés. Il faut maintenant qu’ils justifient la construction de réacteurs nucléaires qui coûtent cher, qu’il faudra faire payer aux consommateurs et dont on n’a pas besoin pour l’instant en raison de la faible demande d’électricité. De la même manière, dire qu’il faut doubler ou tripler la production solaire, ça augmente les subventions, les dépenses de réseau. Et tout cela pour, in fine, effacer une partie de la production nucléaire et solaire", résume un expert.

Repenser notre stratégie

La France va donc devoir repenser sa stratégie. "Dans les milieux informés, d’aucuns se demandent si nous avons besoin d’un tel programme d’investissement nucléaire", confie Gery Lecerf, président de l’Association française indépendante de l’électricité et du gaz (Afieg). Attention, cependant, aux idées reçues. "On ne construit pas les nouveaux EPR pour empiler les moyens de production mais pour avoir des réacteurs disponibles quand les plus anciens devront fermer, avertit Alexandre Grillat. Dans la situation actuelle, la France pourrait attendre que la demande d’électricité décolle, puis absorber les besoins en augmentant la puissance des réacteurs existants et en développant rapidement de l’énergie solaire."

L’heure est à l’optimisation du système électrique, soulignent les spécialistes. Plusieurs idées sont sur la table. "La France aurait intérêt à mettre le paquet sur la prolongation de la durée de vie du parc existant", estime Boris Solier. Ce qui permettrait de limiter les factures. Les futurs EPR auront du mal à sortir de l’électricité en dessous de 100 euros par mégawattheure. Or, ce chiffre est bien plus élevé que les prix de gros anticipés par la CRE - autour de 60 euros par MW/h - pour les deux ans qui viennent.

Une autre idée consiste à augmenter le facteur de charge de nos réacteurs nucléaires, c’est-à-dire leur production effective par rapport à celle qui aurait pu être atteinte s’ils avaient fonctionné à plein régime. Ce facteur atteint à peine 67 %, dénonce l’ancienne patronne d’Areva, Anne Lauvergeon. Or les études montrent qu’il ne faut pas descendre en dessous de 85 % car sinon, le coût de l’électricité devient trop élevé. Les Américains arrivent à se maintenir légèrement au-dessus de 90 %. Mais à la différence des nôtres, leurs réacteurs n’ont pas à moduler leur puissance lorsque les EnR sont très importantes dans le réseau. Inutile, donc, de rêver. Le levier du facteur de charge a ses limites. "Il n’existe, par ailleurs, aucun mécanisme réglementaire obligeant EDF à augmenter la performance de ses réacteurs", observe Guy Lecerf.

"Dans un souci de stabilisation du système électrique, on peut également penser à responsabiliser les producteurs d’énergie solaire, explique Nicolas Goldberg. Par exemple, sur les nouveaux contrats, il y aurait 300 heures de prix négatif par an qu’on ne rémunérerait pas". Cela inciterait les fournisseurs à ne pas déverser quoi qu’il arrive leur électricité sur le réseau. Cependant, le vrai enjeu consistera à accélérer l’électrification. "Jusqu’ici, nous avons mené une politique d’offre, centrée sur les moyens de production. Il est grand temps de s’occuper de la demande", confirme le député du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger. Leasing social de voiture électrique, soutien à l’industrie, qui représente une part importante de la demande d’électricité… Les leviers à actionner sont connus. "Les accises sur l’électricité et le gaz pourraient évoluer, de manière que le kWh électrique ne soit pas davantage taxé que le kWh d’origine gazière, ce qui serait cohérent avec nos objectifs climatiques. Les électriciens installateurs de panneaux solaires pourraient être orientés vers l’installation de pompes à chaleur, ainsi que les subventions de l’Etat correspondantes, pour soutenir la demande plutôt que l’offre", indique la note du Haut-commissaire. Toute incitation permettant de déplacer les consommateurs aux heures où la surproduction est la plus manifeste serait également la bienvenue.

Encore faut-il inscrire correctement ces objectifs dans la feuille de route du pays. "Jusqu’ici, nous avons mis la charrue avant les bœufs en matière d’énergie. Ce qui manque sérieusement dans les débats, c’est une évaluation économique des coûts complets de notre système électrique et de ses différentes options", déplore Alexandre Grillat. Les querelles de chapelle n’aident pas : chaque filière - nucléaire ou EnR - avance ses propres chiffres dans son intérêt, ce qui brouille le débat. "En France, on a tendance à fixer des objectifs et à mettre des moyens financiers avant de se poser la question de l’utilité des investissements", constate Boris Solier. L’histoire nous dira si la future programmation pluriannuelle de l’énergie redresse le tir. La note du Haut-Commissaire Vincent Berger a stoppé son adoption in extremis, dans son ancienne version. Une chose est sûre : on ne peut pas demander d’un côté des efforts aux Français, tout en continuant de l’autre, à empiler sans raison les dépenses énergétiques.

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