Mouvement du 10 septembre : un gloubi-boulga idéologique et, peut-être, dangereux
Qui sont les manifestants du 10 septembre ? Selon les journalistes du Parisien, qui ont participé à plusieurs assemblées générales, ils seraient, en majorité, des jeunes de moins de 30 ans, diplômés, très politisés, issus de la gauche radicale (69 % déclarent avoir voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle de 2022), « du monde associatif, du syndicalisme, de LFI, des mouvements de désobéissance civile comme Extinction Rebellion ou de la mouvance d’ultragauche ».
Contre quoi manifestent-ils ? Certains veulent « crucifier l’Etat bourgeois », d’autres « faire tomber Bayrou et Macron », d’autres encore s’opposent à Parcoursup, au « déremboursement de médicaments », aux « rafles policières », aux ventes d’armes à Israël et à la loi Duplomb.
Ce gloubi-boulga de revendications peut faire penser au mouvement des gilets jaunes, né sept ans auparavant. Le mouvement « Bloquons tout » diffère toutefois sur un point fondamental : il est socialement plus homogène et ne représente pas particulièrement les classes populaires. Une étude du think tank Jean Jaurès a montré qu’il ne comporte que 6 % d’ouvriers (contre 26 % des gilets jaunes). Les gilets jaunes étaient majoritairement soutenus par des ouvriers, des chômeurs et des employés, tandis que « Bloquons tout » est composé par des étudiants, des employés, des professions intermédiaires, des cadres… Contrairement au mouvement des gilets jaunes, une révolte fiscale récupérée par l’extrême gauche et vidée de sa substance, « Bloquons tout » est un mouvement d’extrême gauche par essence, très marqué idéologiquement. Ses slogans sont révélateurs : « boycott », « désobéissance civile », « entraide locale »… Même les contrôleurs aériens français, nos opprimés du ciel, y trouvent leur compte et appellent à faire grève quelques jours plus tard. Quoi qu’il en soit, rien ne va dans le sens d’une baisse des dépenses publiques, de la fiscalité, de la suppression des agences et des ministères inutiles, des subventions en tout genre ; en bref, les réformes dont le pays a cruellement besoin.
Illustration de couverture ©bloquonstout
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