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Le mirage de la réindustrialisation de la France

Depuis le rapport Gallois en 2012 jusqu’aux dernières annonces gouvernementales, les politiques publiques n’ont pas su enrayer le déclin de l’industrie française. Entre normes excessives, fiscalité pénalisante et coûts du travail mal calibrés, les entreprises industrielles restent confrontées à un environnement peu propice à l’investissement et à l’innovation. Alors que les secteurs clés vacillent les uns après les autres, un constat s’impose : sans choc structurel de compétitivité, le redressement industriel restera un mirage.

En novembre 2012, le rapport Gallois, du nom de Louis Gallois, ancien président de la SNCF, avait pour la première fois mis à l’agenda politique la question de la désindustrialisation et suggéré un choc de compétitivité pour y remédier. Sans vraiment trancher la question, la présidence Hollande s’était contentée de créer des exonérations de cotisations sociales destinées à abaisser les coûts du travail. Cette politique, guidée par le concept délétère d’enrichissement de la croissance en emplois, que l’IREF avait déjà abordée dans le passé, était plus censée endiguer le chômage de masse que destinée à aider l’industrie française à se relever.

En 2017, le tout nouveau président avait annoncé en fanfare la mise en œuvre de la fameuse « politique de l’offre », qui n’a finalement consisté qu’à baisser l’impôt sur les sociétés et quelques impôts de production sans prévoir de baisser la dépense publique correspondante, et même le combinant le tout avec la non moins fameuse politique du « quoi qu’il en coûte ».

Sans s’attarder sur les conséquences désastreuses pour les finances qui s’en sont ensuivies, il est important, au crépuscule du mandat de l’actuel locataire de l’Élysée, de dresser le bilan des velléités de réindustrialisation des décideurs publics et de l’action de l’État en la matière.

Une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, dont le rapport a été publié au mois de juillet, s’y est employée et a le mérite de traiter le sujet dans sa globalité en dépit des bisbilles entre son président et son rapporteur…

La politique de l’offre, mis en œuvre depuis 2017, n’a pas permis d’enclencher un processus de réindustrialisation

Le phénomène de désindustrialisation en France est connu et commun à l’ensemble des économies des pays d’Europe de l’Ouest. En 1970, le secteur secondaire représentait encore 28,8 % du PIB, un chiffre qui descend à 27,6 % du PIB en 1980, 24,3 % en 1990, 21,1 % en 2000.

C’est l’industrie manufacturière qui a été la plus touchée, selon Augustin de Romanet (auditionné par la commission), le PDG d’Aéroports de Paris : « L’industrie [manufacturière] française est passée de 14,7 % du PIB en 1995 à 9,1 % en 2019, avec une légère remontée à 9,7 % fin 2023, avant de redescendre à 9,3 % fin 2024. »

Le principal objectif de la politique de l’offre, réindustrialiser, n’a pas été atteint, la baisse de la production industrielle étant de 6,7% entre 2017 et 2024 (6% pour la production manufacturière.

Les normes et les taxes sont les deux principales causes de la faible compétitivité prix de l’industrie française

Les baisses d’impôts ont, en fait, été largement amoindries par la création d’autres impôts ou de petites taxes, comme la hausse de la fiscalité écologique ou par la création de nouvelles obligations, comme celles qui sont issues de la CSRD (en français, Directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises), qui ont largement atténué les efforts du Gouvernement pour améliorer la compétitivité des entreprises.

Au total, selon la Cour des comptes, seuls 40,3 Mds€ de baisse des prélèvements obligatoires ont bénéficié aux entreprises entre 2013 et 2022, le chiffre étant mécaniquement plus bas pour l’industrie.

Le coût du travail et les exonérations de cotisations sociales sur les salaires de 1 à 1,4 SMIC, 80 Mds€ en 2023, désavantagent également les industries qui ont un besoin criant d’embaucher des employés qualifiés bénéficiant d’un salaire plus important. Pour les salaires compris entre 1,4 et 2,5 SMIC, le poids des cotisations sociales et des taxes sur le travail représente 6 points de plus en France que dans la moyenne de ceux qui sont appliqués en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne et en Italie, un chiffre qui monte à 11 points pour les salaires entre 2,5 et 3,5 SMIC. L’industrie est naturellement la grande perdante de ce déséquilibre des prélèvements sur le travail.

Le coût de « l’impôt papier », c’est-à-dire le coût de l’amoncellement de normes publiques pour les entreprises, est, par définition, difficile à chiffrer. Le Parlement européen évoquait 150 Mds€, soit 1,3 % du PIB européen, mais uniquement pour les normes communautaires tandis que le président du METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire), Philippe d’Ornano, les évalue à 28 Mds€ sur les ETI.

Recenser les autres causes de la désindustrialisation de notre pays s’apparente à un inventaire à la Prévert : cherté et difficulté d’accès au foncier, prix de l’énergie plus élevé qu’aux États-Unis, dévalorisation de l’enseignement technique et mauvaise orientation des étudiants, difficultés à innover, la liste est longue et la situation est amenée à s’aggraver. Après l’automobile et l’acier, ce sont les secteurs de la chimie et des produits pharmaceutiques qui commencent à battre de l’aile, le contexte protectionniste n’aidant pas à résoudre la situation. Seul un véritable choc de compétitivité fiscale et un véritable mouvement de fond sur la simplification normative seraient à même de commencer à résoudre la question, celui-ci implique aussi la mise en œuvre d’une retraite par capitalisation.

Illustration de couverture ©Freepik

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