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Sébastien Lecornu à Matignon : nos révélations sur les manœuvres des derniers jours

La nuit commence tout doucement à tomber dans le ciel varois ce dimanche 31 août, le soleil disparaît petit à petit derrière les gradins rocailleux des arènes de Fréjus. Ici, comme chaque année, on commémore la bataille de Bazeilles et rend hommage à la bravoure des bigors et marsouins de la Division bleue, partis repousser les Prussiens au péril de leur vie en 1870. Deux invités de marque sont attendus à l’accueil républicain au centre de la piste ; deux ministres qui se savent en sursis : celui des Armées, Sébastien Lecornu, et son collègue chargé des Transports, Philippe Tabarot. Les deux membres de ce gouvernement voué à tomber sous peu passent alors devant un aréopage d’élus du Rassemblement national, au premier rang desquels le maire de la ville, David Rachline. Ce Rassemblement national qui a juré de faire tomber François Bayrou. La solennité n’interdit pas la dérision :"N’oublions pas que c’est à cause d’eux qu’on en est là", constatent les acolytes. A cause d’eux, aussi, que neuf jours plus tard, via un communiqué de l’Élysée, Sébastien Lecornu deviendra Premier ministre.

A cet instant, s’y voit-il déjà ? Ce serait présomptueux et malavisé de sa part. Et après huit ans au gouvernement, Sébastien Lecornu a appris à être ni l’un, ni l’autre. Il ne connaît que trop la versatilité de cette machine à laver et des décisions élyséennes. N’était-ce pas lui, l’élu de décembre 2024, le successeur tout désigné de Michel Barnier, sacrifié à la dernière minute sur l’autel de l’orgueil de François Bayrou ? Seulement, si d’aventure les planètes cette fois-ci s’alignaient, autant être prêt et, surtout, préparé. Et pour être heureux premier ministrable, vivons caché.

Un esprit sain dans un corps sain

Fin août, il l’assurait : "Je ne bouge pas d’un iota, je ne fais aucune démarche." A ses interlocuteurs ce week-end encore, en particulier des parlementaires LR, son ancienne famille politique, il répétait la main sur le cœur, juré, craché, qu’il n’était candidat à rien. "Il fait gaffe à tout ce qu’il dit, son entourage passe des coups de fil pour lui", glissait à son propos l’un de ses collègues du gouvernement. Sébastien Lecornu connaît son Emmanuel Macron, mener campagne, du moins ostensiblement, c’est l’assurance de faire un bide.

Pourtant, le trentenaire se prépare bel et bien depuis l’été. Intellectuellement, stratégiquement, mais pas seulement. Mens sana in corpore sano : le ministre des Armées a, dit-on, soigné son hygiène de vie estivale autant que son plan pour perdurer à Matignon. Pas une goutte d’alcool. Pas de folies gastronomiques ou gueuletons insensés. C’est que le poste est vertigineux d’angoisses et met le corps à rude épreuve : Edouard Philippe, qui l’a fait entrer au gouvernement en 2017, peut lui en témoigner. A moins qu’il ne l’ait déjà fait.

Son plan, justement, Sébastien Lecornu l’échafaude depuis un moment. Le teste même au creux de l’été auprès de certains amis et influents conseillers à la croisée des différentes sensibilités de droite. Il en est persuadé, il sera capable d’agripper fermement les deux bouts d’une omelette que Michel Barnier et surtout François Bayrou, malgré sa supposée centralité, n’ont pas su tenir. A un interlocuteur, il expose le week-end dernier sa doctrine : "Cap à droite sur le régalien et inflexion sur les questions fiscales et sociales."

Il en est une qui est bien placée pour esquisser le portrait-robot du futur chef du gouvernement. Et pour cause, elle l’a été deux années durant : Elisabeth Borne. "Le cahier des charges n’est pas évident, avouait-elle il y a quelques jours. On cherche un responsable politique sans ego surdimensionné, sachant jouer collectif, prêt à négocier, parlant aux gens poliment, et qui ferait passer le pays avant ses ambitions pour 2027…" Clac, clac, clac : plusieurs têtes tombent sur le plateau de ce "Qui est-ce" grandeur nature. Et Sébastien Lecornu, alors ? "Lecornu est souple", tranche-t-elle. C’est déjà cela.

D’abord, Les Républicains. Il en fait son affaire. Le nouveau Premier ministre entretient de bonnes relations avec les membres de son ancienne formation politique et surtout avec leur patron, Bruno Retailleau. "Il y a une forme de sympathie, voire d’harmonie entre les deux, note un parlementaire LR qui les connaît bien. Ils sont plus proches qu’on ne le croit, Lecornu est un vrai gaulliste qui, au fond, dit globalement la même chose que Retailleau." Le Vendéen ne s’est jamais fait d’illusions sur le choix d’Emmanuel Macron de nommer une personnalité du bloc central. A un complice qui le taquinait par SMS sur une hypothétique entrée à Matignon, il a répondu, amusé : "Pas sûr que cela soit la solution choisie", accompagné d’un smiley rigolard.

Bruno Retailleau sait que l’heure de Sébastien Lecornu est arrivée, tout comme Xavier Bertrand. Le président des Hauts-de-France anticipait dès lundi le sacre du ministre des Armées. Emmanuel Macron ne souhaitait pas nommer un présidentiable à Matignon, avait-il appris d’indiscrétions élyséennes.

Dans la période, c’est a minima un moindre mal pour Bruno Retailleau, voire une bonne nouvelle, si ce n’est la meilleure possible. Preuve en est : ce mardi soir, le Vendéen a très favorablement accueilli la nomination, se disant prêt "à trouver des accords" avec le nouveau chef du gouvernement et constatant la "possibilité de construire un projet qui satisfasse ce [qu’il] appelle la majorité nationale". Une sortie "très clean", dit-on dans l’entourage de Sébastien Lecornu, que le nouveau "PM" a fortement appréciée. De quoi donner raison à un conseiller de l’ombre d’Emmanuel Macron, qui chuchotait-il y a peu au président de la République : "J’espère que tu mesures ta chance que Wauquiez n’ait pas été élu à sa place…"

Mais là n’est pas le défi le plus ardu du Premier ministre Lecornu. Tout l’enjeu de sa nomination, le cœur de sa mission, réside dans sa capacité à tisser des liens avec le Parti socialiste et à parvenir à un accord de non-censure pour le prochain budget. L’anticipation étant mère de sûreté, l’ancien ministre des Armées a mis à profit ses relations nouées avec la gauche durant son passage à l’hôtel de Brienne pour commencer à prendre la température chez les Roses dès la fin de l’été. Les socialistes ont eu beau pousser des cris d’orfraie lorsque le communiqué de l’Elysée est tombé, certains d’entre eux apprécient la compagnie de ce jeune vieux au profil on ne peut plus politique, rompu à l’exercice des négociations. "En 2022, il a appelé à voter pour moi au second tour quand l’ensemble de la droite locale appelait à voter blanc, confie le député PS Philippe Brun, voisin de Sébastien Lecornu dans l’Eure. C’est un homme de dialogue qui maintient la digue avec le RN dans le département. Il ne copine pas avec eux. Et il a évidemment un mandat pour discuter avec nous."

Le courant passerait particulièrement bien entre le nouveau Premier ministre et Olivier Faure : outre que le Premier secrétaire du PS est en contact régulier avec Emmanuel Macron - les amis de mes amis sont mes amis… - les deux hommes parlent la même langue, celle des militants de toujours, des apparatchiks, oserait-on, là où Sébastien Lecornu a moins d’atomes crochus avec les énarques, à l’image du président du groupe socialiste Boris Vallaud. Des négociations engagées, des rapports réchauffés… Et si Sébastien Lecornu avait-il fait, déjà, une partie du chemin avant même d’être nommé ?

Sébastien Lecornu s’impose, le président s’expose

C’est du moins la conviction de l’un des compagnons de route de longue date du chef de l’Etat, consulté ces derniers jours par le président sur le profil du nouveau locataire de Matignon. "C’est la première fois que le président nomme le successeur dans la journée, il ne peut pas s’être décidé aussi rapidement sans avoir la certitude qu’Olivier Faure ne baissera pas le pouce dans la seconde. Il y a forcément un accord explicite ou implicite", analyse-t-il.

Et pour cause : ce Premier ministre doit être le dernier. Celui qui éteindra la lumière en 2027. Le chef de l’Etat semble avoir entériné l’idée qu’un nouvel échec, une nouvelle censure, engendrerait inévitablement une dissolution. C’est également un message envoyé aux socialistes : vous n’aurez pas le pouvoir sans passer pas une élection ! Ce nouveau chef du gouvernement est d’autant plus celui de la dernière chance qu’il est, de loin, le plus proche d’Emmanuel Macron parmi les sept qui ont occupé le 57, rue de Varenne depuis 2017. Les éléments de langage volent déjà en escadrille : le président n’a pas seulement choisi un fidèle parmi les fidèles, mais aussi et surtout SON négociateur. Après Notre-Dame-des-Landes, Fessenheim, l’organisation du Grand débat, les tractations à l’internationale, en particulier la question du Hamas, voilà Sébastien Lecornu chargé sauvegarder "la stabilité politique et institutionnelle pour l’unité du pays."

Toujours est-il que les décisions de Sébastien Lecornu seront celles d’Emmanuel Macron. Les concessions de Sébastien Lecornu, sans aucun doute sur le volet fiscal pour contenter les socialistes, seront celles d’Emmanuel Macron. Les échecs éventuels de Sébastien Lecornu seront ceux d’Emmanuel Macron. A croire ceux qui accompagnent le chef de l’Etat depuis des années, cette nomination consacre sa volonté de remettre les mains dans le cambouis, de reprendre presque totalement les rênes du pays. Pis, la résolution d’une frustration présidentielle. Rien n’a plus agacé le président ces douze derniers mois que ce fichu sentiment de gâchis devant les coudées franches laissées à Michel Barnier et François Bayrou. "Ce qui l’a le plus énervé, c’est de ne pas avoir les manettes, glisse un ancien ministre. Il répétait souvent ’regardez ce qui se passe' !, 'je n’aurais pas fait ça'… Sébastien Lecornu a plus de chances de durer car il sera capable de faire des compromis. Les compromis du président."

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