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Rentrée littéraire : ces sept romans passés sous les radars (et qu'il ne faut pas manquer)

La première liste du prix Goncourt est tombée, marquée par une razzia du groupe Madrigall, où sont publiés cinq livres des 15 titres sélectionnés. On y trouve notamment les favoris Nathacha Appanah (La Nuit au cœur, Gallimard) et Emmanuel Carrère (Kolkhoze, P.O.L), pour lesquels nous avons émis des bémols. Comment se fait-il que ne figure sur cette liste aucun roman publié chez Grasset, maison qui a objectivement la meilleure rentrée ? Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensons d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Je voulais vivre), Sorj Chalandon (Le Livre de Kells), Catherine Girard (In violentia veritas), Pauline Dreyfus (Un pont sur la Seine) et Anthony Passeron (Jacky). Nous en rajoutons cette semaine une couche avec Feux sacrés, le superbe récit autobiographique de Cécile Guilbert – autre chose que le surcoté Laurent Mauvignier, lui aussi en lice pour le Goncourt avec La Maison vide (Editions de Minuit, donc Madrigall). A la place de faux "événements", nous vous présentons sept livres ayant vraiment plu à notre rédaction, de Gilles Marchand à Agnès Desarthe.

Les Promesses orphelines, de Gilles Marchand

C’était bien, le progrès

Gilles Marchand

Gilles Marchand nous avait enchanté avec son Soldat désaccordé, promenade poétique dans le Paris des années 1920 en quête d’un poilu disparu dans la Grande guerre. Il revient avec Les Promesses orphelines, fresque historique traversant les Trente Glorieuses sur le fil du progrès technologique. Pour cause de prix de l’immobilier et de décès brutal Gino est parachuté, enfant, de Paris à la région d’Orléans. Le choc pétrolier n’a pas encore eu lieu, tous les rêves sont permis. Et Gino rêve beaucoup. Enfant, adolescent, adulte, il croit au progrès sans limite. Il a aimé le métier de son père qui construisait le téléphérique de l’aiguille du Midi, lui se fait "petite main" des bâtisseurs de son époque, en particulier sur ce projet d’aérotrain, ancêtre malheureux du TGV. Il est porté par l’amour de Roxane, croisée en 1954, à huit ans, dans une fête foraine. Dès lors, il l’espère, l’attend, la retrouve, la perd à nouveau, mais n’oublie pas qu’elle est celle qui lui a rétorqué, lorsqu’il se plaignait qu’à l’école on lui reconnaissait des "capacités" mais guère davantage : oui, mais "la capacité de regarder le monde d’un point de vue différent".

On retrouve dans ce texte l’écriture poétique, un brin désaccordée de Gilles Marchand. Il joue avec les mots, les décale, juste ce qu’il faut pour nous happer mais sans perdre le naturel de son roman. Il y mêle des publicités d’époque – pardon des "réclames" pour Crunch ou les Michoko. Il ravive la nostalgie des camionnettes Cinzano, des Alfa Romeo Giulietta, d’une mère qui fait des photos pour un fabricant de cartes postales, et d’une interrogation portée par une enquêtrice de l’Institut national d’opinion publique : c’est quoi être heureux ? Le livre est déjà sélectionné pour de nombreux prix, il figure dans la sélection de rentrée de Cultura, des Espaces culturels Leclerc, les libraires indépendants le défendent. Nous aussi ! Agnès Laurent

Les Promesses orphelines. Par Gilles Marchand. Aux Forges de Vulcain, 288 P., 20 €.

Feux sacrés, de Cécile Guilbert

Lady yoga

Cécile Guilbert

Ayant lu Nietzsche à l’adolescence, Cécile Guilbert avait dû se convaincre que "tout esprit profond a besoin d’un masque". Elle s’est longtemps cachée derrière les autres, asseyant sa réputation grâce à des essais (remarquables) sur Saint-Simon, Guy Debord, Laurence Sterne et Andy Warhol. L’écriture de soi semblait incompatible avec cette femme dandy à l’anglaise égarée au pays de Christine Angot. Elle s’y était quand même essayée dans Réanimation (récit de l’hospitalisation de son mari en soins intensifs). Avec Feux sacrés, elle relève le gant de l’autobiographie et de l’intimisme – et s’en tire à merveille.

Difficile de résumer en quelques lignes un livre initiatique aussi riche et profond. Il y est question d’une adolescente rimbaldienne qui traque l’absolu dans les livres et les paradis artificiels. Du suicide de son cousin de cœur à la mort tragique de son frère, elle ne sera pas épargnée par les drames. Où chercher le réconfort ? Par tropisme familial d’abord, puis par et pour elle-même, Cécile Guilbert se tourne vers la spiritualité indienne. On la suit dans de nombreux voyages, qui la mènent d’un ashram du Kerala jusqu’aux bûchers sacrés de Bénarès. A Paris, cette femme très intellectuelle trouve le salut dans la pratique du yoga.

Attention à ne pas mélanger torchons, serviettes et saris : on n’a pas affaire ici à un manuel de développement personnel pour bobos au bout du rouleau. Esprit d’élite, Cécile Guilbert écrit avec un style étincelant, sophistiqué mais limpide. Si elle s’adresse aux érudits qui vénèrent comme elle René Daumal (évoqué dans Feux sacrés), la relecture proustienne qu’elle fait de sa propre vie pourra toucher tout le monde, tant ses thèmes sont universels (la maladie et le deuil). Par-delà bien et mal, l’ex-nietzschéenne s’impose comme la yogini supérieure de cette rentrée littéraire. Louis-Henri de La Rochefoucauld

Feux sacrés. Par Cécile Guilbert. Grasset, 388 p., 24 €.

L’Oreille absolue, de Agnès Desarthe

Harmonie romanesque

C’est peu dire qu’Agnès Desarthe a l’art de varier les partitions romanesques : d’Un secret sans importance (prix du Livre Inter 1996) à La Chance de leur vie en passant par Ce cœur changeant, cette conteuse prolifique à l’inspiration foisonnante est prompte à changer d’époque, de lieux, à inventer des histoires singulières, portant toujours un soin particulier à ses personnages. Et Dieu sait s’ils sont nombreux dans L’Oreille absolue, son nouvel opus : hommes, femmes, enfants, tous en rupture de ban (social, familial, sentimental) mais reliés par l’harmonie municipale d’un petit bourg du bord de mer (en Seine-Maritime ?), ils s’apprêtent à participer au traditionnel concert de Noël dans la salle des fêtes. Enfin, pas "le gros" Raoul, qui joue du tuba avec brio mais a décidé à en finir, car trop seul, ruiné, sur le point de se passer la corde au cou. Or il est surpris par le jeune Matis, gamin agité, malmené et qui l’interrompt dans sa funeste tentative en lui chantant les notes de son tuba, qu’il connaît par cœur. Matis a l’oreille absolue, le timide Raoul ne s’y trompe pas, qui l’a lui aussi. Et tous deux se rendront au concert main dans la main.

Un concert qui va faire revivre à Madeline et Vincent leur amour de jeunesse, à tous les autres "pêle-mêle peines et joies", et dont le chef, Jacques – qui ne dirige pas "une fanfare" mais "un orchestre d'harmonie", insiste-t-il – sait que ce sera le dernier pour lui. Trompette, saxophone, hautbois, flûte, euphonium… Il y a autant d’instruments que de musiciens et d’acteurs, mais qu’on ne perd jamais de vue, dans ce beau roman polyphonique, poétique, dramatique, humaniste, magnifié tant par la musique que par le style sensible d’Agnès Desarthe. Elle connaît ses gammes, comme elle le prouvait déjà dans L’Eternel Fiancé, et livre ici une symphonie littéraire à nulle autre pareille. Delphine Peras

L’Oreille absolue. Par Agnès Desarthe. L’Olivier, 140 p., 19,50 €.

Les Fleuves du ciel, d'Elif Shafak

Un livre monde

Elif Shafak

Ce n’est pas un livre, mais plusieurs que nous offre la romancière turque, aujourd’hui exilée en Grande-Bretagne, Elif Shafak. Dans ses Fleuves du ciel, il est question de Londres au milieu du XIXe siècle sur les traces d’Arthur, un jeune garçon misérable mais à la mémoire prodigieuse qui va lui ouvrir un destin incroyable ; de la Turquie de 2014, au cœur de la communauté yézidie, cette minorité kurdophone du Moyen-Orient obligée de fuir la Syrie de Daech ; de Londres à nouveau, en 2018 cette fois, avec une scientifique qui tente de reconstruire sa vie après un divorce. Tour à tour, le texte se fait conte oriental, avec son roi, son palais, ses ennemis, ses scribes, roman britannique racontant l’enfer de Londres au XIXe siècle - Dickens n’est pas loin, ici le héros s’appelle "le roi Arthur des Egouts et des Taudis". Et, enfin, un texte contemporain sur l’exil et les souffrances qu’il engendre. Les talents de conteuse d’Elif Shafak rattrapent les lecteurs un temps désarçonnés par l’éclatement des époques et des lieux. Par la force d’une goutte d’eau qui devient pluie, puis neige, puis fleuve, elle lie les destins des uns et des autres à travers les siècles.

Plusieurs fois poursuivie dans son pays d’origine pour sa défense de laïcité, sa référence au génocide arménien…, la romancière, qui écrit en anglais depuis la Bâtarde d’Istanbul ne renonce pas à ses messages politiques. Ici, derrière les péripéties de ses héros, elle raconte l’eau comme instrument de vie et de pouvoir, met en avant l’histoire des Yézidies, privés d’une partie de leur territoire et de leur mémoire, engloutis sous les eaux par la politique d’Ankara de construction de grands barrages. Elle aborde aussi le thème des objets rapportés lors d’expéditions désormais dans les collections des musées occidentaux. Le point fort de ce texte ambitieux mais très accessible ? L’art du récit. A.L.

Les Fleuves du ciel. Par Elif Shafak. Traduit de l'anglais par Dominique Goy-Blanquet. Flammarion, 512., 24€.

Un Monde nouveau, de Jess Row

L'héritier de Jonathan Franzen

Jess Row

De prime abord, voici une fiction qui a tout d’une caricature du roman américain postmoderne : un format imposant (600 pages), des sujets très ambitieux (l’identité raciale, le réchauffement climatique, l’immigration, le conflit israélo-palestinien et même l’ordinateur quantique, rien que ça), une alternance de modes de narration (récit, mails, forums, poèmes…), des références élitistes et, bien sûr, une réflexion méta sur la littérature. Et pourtant, ce Monde nouveau arrive rapidement à nous happer en suivant la vieille recette décrite par Tolstoï dans Anna Karénine : "Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon."

Les Wilcox forment une tribu juive de l’Upper West Side qui ferait passer les films de Woody Allen pour des odes à la santé mentale. Les parents, Naomi et Sandy, sont des anciens hippies qui ont enfin décidé de se séparer officiellement, la première vivant avec une femme, le second ambitionnant de se suicider. Leur fille Winter est une avocate pour les sans-papiers, leur fils Patrick, anorexique, s’est exilé à Berlin après avoir été moine bouddhiste au Népal. La cadette, Bering, militante pacifiste, est morte en Cisjordanie à l’âge de vingt et un ans. Ajoutez à cela un grand-père noir longtemps caché et même de l’inceste, et vous aurez un petit aperçu des névroses des Wilcox… En dépit de ce lourd programme, Jess Row finit par bouleverser grâce à des allers-retours dans le temps. Grand roman sur les fractures du monde contemporain, Un Monde nouveau explore aussi la possibilité d’un nouveau départ, pour une famille passablement dysfonctionnelle comme pour le Proche-Orient. On tient là un bon candidat à la succession du Jonathan Franzen des Corrections ou du Philip Roth de la Pastorale américaine. Thomas Mahler

Un Monde nouveau. Par Jess Row. Traduit de l’anglais par Stéphane Roques. Albin Michel, 593 p., 24,90 €.

Hamlet le long du mur, d'Isabelle Hammad

D’une actualité brûlante

Isabelle Hammad

Hamlet le long du mur est un roman qu’il faut lire tant il est d’une actualité brûlante. Non parce qu’il se déroule en Israël, en Cisjordanie et à Gaza au cours de ces deux dernières années mais parce qu’il incite à regarder "de l’autre côté du mur", à tenter de comprendre ce qui se joue du côté palestinien et à ne pas désespérer totalement. Nous sommes à l’été 2017, Sonia quitte la Grande-Bretagne, des amours malheureuses et une carrière théâtrale en perte de vitesse pour rejoindre sa sœur aînée Haneen à Haïfa dans le nord d’Israël qu’elle a quitté il y a quinze ans. A l’aéroport, parce qu’elle a la nationalité britannique, elle ne passe qu’une heure à la frontière, bien moins que d’autres. Tout juste l’interroge-t-on sur cette bizarrerie qui veut qu’Haneen ait une autre nationalité, en tant qu’"arabe israélienne".

Très vite, à travers ces deux sœurs, chrétiennes, se dessinent les mille et une nuances des Palestiniens d’aujourd’hui. Leur père, proche de l’OLP des années libanaises, est installé en Grande-Bretagne, à regretter son pays d’origine. Leur oncle a quitté Haïfa pour prendre sa retraite en Cisjordanie. Dans la troupe de théâtre que rejoint Sonia à Ramallah se déploie toute la complexité de cette minuscule partie du monde : il n’y a pas une histoire de la "Nakba" mais une infinité. La romancière anglo-palestinienne, jamais manichéenne, raconte aussi le bras de fer permanent entre les deux communautés, la vitesse à laquelle les événements peuvent basculer, comme lorsque le gouvernement israélien fait installer des détecteurs de métaux à l’entrée de l’esplanade des mosquées après un attentat commis par des Arabes israéliens. Mais elle se refuse à sombrer dans la noirceur. Elle entretient le pouvoir des saveurs de l’enfance. Et veut croire que, par l’art, ici le théâtre, une civilisation peut continuer à vivre. Envers et contre tout. A.L.

Hamlet le long du mur. Par Isabella Hammad. Traduit de l'anglais par Josée Kamoun. Gallimard, 448P., 24€

Un rêve de feu, d'Erik Larson

Le suicide de l’Amérique

Erik Larson

L’Américain Erik Larson est un spécialiste de best-sellers historiques qui se lisent comme des thrillers, mais dans lesquels tout est sourcé, jusqu’aux dialogues et gestes. Après La Splendeur et l’infamie sur la première année de guerre de Winston Churchill en tant que Premier ministre, Un rêve de feu évoque les quelques mois qui ont fait basculer les Etats-Unis dans la pire catastrophe de leur histoire. Se basant sur des correspondances, des journaux intimes ou la presse de l’époque, l’écrivain nous fait vivre, à hauteur d’hommes et de femmes, la période entre l’élection d’Abraham Lincoln en novembre 1860 et le début de la guerre de Sécession en avril 1861. On y suit l'arrivée du nouveau président à Washington, mais aussi des acharnés pro-sécessionnistes et fervents défenseurs de l’esclavage comme le sénateur James Hammond (auteur de la célèbre formule "le coton est roi") ou le fermier Edmund Ruffin, crédité pour avoir tiré le premier coup de feu sur le fort Sumter, à l'entrée de la baie de Charleston, le catalyseur du conflit. Larson montre comment la Caroline du Sud, un Etat arriéré, peu peuplé et en déclin économique, a fait basculer le pays dans la guerre.

Le livre souligne aussi à quel point une élite de planteurs sudistes a tenté de masquer les abominations de l’esclavage et son racisme outrancier par un vernis "chevaleresque", se piquant de romans épiques de Walter Scott ou ne jurant que par "l'honneur". Toute ressemblance avec une Amérique actuelle elle aussi consumée par les divisions politiques et le radicalisme ne serait en rien fortuite. Erik Larson rappelle ainsi que les démocraties sont bien fragiles quand des "cracheurs de feu" soufflent sur les braises de la dissension. T.M.

Un rêve de feu. Par Erik Larson. Traduit de l’anglais par Hubert Tézenas. Le Cherche Midi, 715 p., 26,50 €.

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