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Chuck Freilich, ex-conseiller à la sécurité nationale d’Israël : "Le Hamas n’a plus aucun endroit au monde où se réfugier"

Où s’arrêtera Israël ? Le 9 septembre, Tsahal a frappé Doha, la capitale du Qatar, pour éliminer plusieurs dirigeants du Hamas. Si les résultats de l’opération militaire restent incertains, l’offensive israélienne a marqué les esprits dans la région et entraîné une vague de condamnations sans précédent, notamment des voisins du Golfe. Les pays arabes prévoient de se réunir dans les jours qui viennent pour décider de la réponse commune à Israël et même Donald Trump a montré son embarras face à cette attaque sur le sol d’un allié central des Américains au Moyen-Orient.

Chuck Freilich, ancien membre du conseil de sécurité nationale d’Israël et professeur à Columbia, décrypte ces frappes au Qatar, l’isolement croissant de l’Etat hébreu sur la scène internationale et les conséquences de la nouvelle doctrine sécuritaire israélienne depuis le 7-Octobre. Un renversement vertigineux.

L’Express : Le 9 septembre, l’armée israélienne a bombardé la capitale du Qatar pour éliminer des membres du Hamas. Est-ce le signe que, lorsqu’il s’agit du Hamas, Israël n’a plus aucune limite ?

Chuck Freilich : Il s’agit de la politique d’Israël depuis le début de la guerre : essayer de tuer tous les dirigeants du Hamas, où qu’ils se trouvent. Aucun pays ne peut leur garantir l’impunité. Cette frappe est une mise en œuvre de cette politique. En soi, je pense que c’est une politique juste : nous ne parlons pas d’acteurs palestiniens légitimes mais de meurtriers, de terroristes. Après, était-ce le bon endroit et le bon moment pour mettre en œuvre cette politique ? J’ai des doutes…

Quel est l’objectif sécuritaire d’une telle opération militaire, chez un des alliés les plus importants des Etats-Unis au Moyen-Orient ?

L’idée consiste à les traquer et à les tuer où qu’ils soient, y compris dans un pays qui est un allié des Etats-Unis mais qui a aussi des liens avec le Hamas et leur sert de médiateur. Cela signifie que le Hamas n’a aucun endroit au monde où se réfugier.

Benyamin Netanyahou espérait aussi que cette opération soit un énorme succès, qui lui permettrait de mettre fin à la guerre ou au moins d’obtenir les concessions nécessaires à un accord sur les otages. Il sait que cet accord potentiel sera difficile à vendre à une partie de ses électeurs, et il n’est pas dit qu’il réussisse.

Les buts militaires de l’opération au Qatar ne semblent pas avoir été atteints…

Vous voulez parler de qui a été tué ? Nous n’avons pas encore toutes les informations, mais il est possible que ce soit un échec, oui.

Les conséquences diplomatiques, en revanche, sont immenses. Y a-t-il encore quelqu’un avec qui négocier la paix à Gaza et la libération des otages ?

C’est effectivement la question centrale. J’imagine qu’il reste des membres du Hamas pour négocier, mais je ne suis pas sûr qu’ils aient l’autorité nécessaire. Il faut aussi souligner que ces frappes étaient une réponse à l’attaque terroriste de la veille à Jérusalem [NDLR : revendiquée par le Hamas, elle a fait six morts].

A court terme, il n’y aura évidemment pas de négociations à Doha. Le Qatar est, à juste titre, très remonté contre cette opération militaire et le Hamas se trouve en état de choc. Mais cela ne change pas l’intérêt fondamental d’aboutir à un accord pour les deux camps. L’objectif principal du Hamas depuis le début de cette guerre reste de survivre en tant qu’organisation. Certes, leur plan au départ consistait à battre et à détruire Israël, mais désormais ils veulent juste tenir suffisamment longtemps pour pouvoir se regrouper et se préparer au prochain combat. Israël les a battus sur le plan militaire, mais n’a pas réussi à les détruire ni à les renverser politiquement. La plupart de leurs dirigeants ont été tués mais, en pratique, ils restent l’entité dirigeante à Gaza. Il leur faudra des années pour se reconstruire mais, de ce point de vue, ils semblent avoir réussi.

Si Israël a accompli certains de ses objectifs, Netanyahou, toutefois, a promis un succès total et il n’a pas encore tenu sa promesse, alors que des élections arrivent dans un an au plus tard… D’autant qu’il est probable qu’elles soient avancées, sans doute au printemps prochain. Netanyahou ne peut pas se permettre de se présenter aux élections sans avoir atteint les objectifs qu’il a fixés.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'exprime lors de l'ouverture de la 25e session du Parlement à Jérusalem, le 28 octobre 2024.

Israël a promis de tuer les dirigeants du Hamas où qu’ils soient, y compris au Qatar donc. La Turquie et l’Egypte doivent-elles s’inquiéter de possibles opérations israéliennes ?

Je ne l’espère pas. Ce serait aller trop loin.

Le Qatar, ce n’était pas aller trop loin ?

Clairement, les limites ont été repoussées.

De son côté, Donald Trump a déclaré qu’il n’était "pas ravi" par ces frappes israéliennes au Qatar et les Américains disent n’avoir été prévenus de l’opération qu’à la toute dernière minute. Était-ce vraiment possible de frapper le Qatar, où se trouve une immense base militaire américaine, sans prévenir Washington en amont ?

Je ne pense pas qu’Israël l’ait fait sans donner un préavis aux Américains. Peut-être pas un long préavis, mais suffisant pour que toutes les forces américaines au Qatar soient prévenues. Bien sûr, les soldats américains ne risquaient rien puisqu’ils n’étaient pas visés par l’armée israélienne mais, tout de même, Israël ne peut pas intervenir dans une zone avec une telle densité américaine sans les prévenir. Ce serait contraire à toutes les pratiques entre les deux pays.

Donald Trump se dit régulièrement mécontent des actions israéliennes sur le terrain, sans pour autant modifier la relation entre les deux pays. Jusqu’où Israël peut aller ?

La relation avec l’administration Trump est excellente et extrêmement proche. Il suffit de remonter seulement au mois de juin : l’attaque en Iran était la première opération militaire offensive conjointe entre Israël et les Etats-Unis. D’une certaine manière, il s’agissait d’une guerre israélo-américaine. Vous ne pouvez pas être plus proches !

Cette attaque au Qatar met l’administration américaine dans l’embarras. Même si, après tout, Trump a aussi dit qu’il s’agissait d’une noble cause… Il soutient l’idée de tuer tous les dirigeants du Hamas, mais c’est compliqué vis-à-vis du Qatar. C’est pour cela qu’il essaye d’apaiser le Qatar, ses voisins du Golfe et les pays arabes dans leur ensemble.

Le problème est qu’aux Etats-Unis, de plus en plus de gens dénoncent Israël et sa politique, et cette attaque au Qatar va aggraver ces accusations, elle leur donne du grain à moudre. Le problème se situe surtout à gauche mais, et c’est encore pire pour Israël, nous voyons un net déclin du soutien chez les jeunes du Parti républicain. La relation entre les deux pays se trouve en difficulté et il est crucial pour Israël d’empêcher sa détérioration.

Les pays du Golfe ont condamné fermement les frappes au Qatar et, la semaine dernière, les Emirats arabes unis ont dit que les accords d’Abraham pouvaient être en danger. La normalisation d’Israël dans la région appartient-elle au passé ?

La guerre a mis en danger ce processus. Quelques jours avant le 7-Octobre, tout le monde parlait d’une normalisation imminente avec l’Arabie saoudite. Elle a été reportée et je ne la vois pas advenir dans un futur proche. Il faut d’abord que la guerre s’arrête, qu’une période de calme s’installe, puis nous pourrons reprendre les discussions.

La réponse des pays du Golfe et des pays arabes à l’opération au Qatar est compréhensible : personne n’aime voir un pays voisin se faire attaquer. Mais en coulisses, il doit tout de même y avoir un certain degré de satisfaction à voir le Hamas frappé une nouvelle fois… Pour les pays du Golfe, le Hamas est presque autant un ennemi que pour Israël.

Avez-vous vu l’image d’Israël évoluer dans la région, passant d’allié potentiel à facteur de déstabilisation ?

Cette crainte existe, en effet. Nous l’avons entendue après la guerre contre l’Iran en juin. Il y a toutefois des objectifs communs entre Israël et le Golfe dans cette séquence. Le premier, malgré un certain rapprochement diplomatique ces derniers temps, est que les Saoudiens et les Émiratis continuent de s’opposer à l’Iran et d’en avoir peur. De même pour le Hamas, qui était un facteur encore plus déstabilisant que ne l’est Israël. D’un côté, les pays du Golfe se réjouissent en coulisses de voir Israël agir contre leurs ennemis. De l’autre, ils craignent qu’Israël ne déstabilise la région et ne soit, en définitive, plus un acteur si prévisible. Toutefois, être imprévisible peut aussi être un atout pour un pays…

En matière de dissuasion militaire ?

Oui. Israël a lancé une guerre surprise en juin contre l’Iran, personne ne l’avait vu venir. Et aujourd’hui, l’armée israélienne va encore plus loin en tuant des dirigeants du Hamas à Doha. Ces dernières années, Israël apparaissait comme un allié moins fiable, non en raison de son imprévisibilité mais parce que les pays du Golfe estimaient qu’il n’en faisait pas suffisamment, notamment contre l’Iran. Puis vient le 7-Octobre, qui a profondément affaibli la dissuasion israélienne. Nous la rétablissons depuis deux ans.

Des manifestants iraniens célèbrent le cessez-le-feu avec Israël, le 24 juin 2025 à Téhéran

Ces frappes à Doha symbolisent-elles la nouvelle doctrine sécuritaire d’Israël depuis le 7-Octobre, qui vise à éliminer toute menace où qu’elle soit ?

Oui, nous l’avons déjà vue en œuvre au Liban, en Syrie, au Yémen. C’est un changement de doctrine et pour l’instant Israël s’y tient. Je m’interroge toutefois sur la durée pendant laquelle elle restera possible : il y a forcément une limite à cette doctrine dans le temps. La majorité de la planète s’y oppose et les Etats-Unis ont des sentiments partagés sur cette manière de faire.

Cette stratégie est-elle payante pour la sécurité d’Israël ?

A la fois, c’est une politique juste, mais vous ne pouvez pas l’implanter partout et tout le temps. Le Qatar se trouvait très clairement à la limite, et je ne pense pas que qui que ce soit voudra aller jusqu’en Turquie, ou jusqu’à Riyad ou aux Emirats arabes unis.

Pendant combien de temps Israël peut-il continuer de mener de telles opérations en Syrie et au Liban ? Si les autorités libanaises s’occupent réellement du Hezbollah alors ce ne sera plus nécessaire, et en Syrie nous essayons d’établir des relations avec le gouvernement al-Charaa.

Cette doctrine isole aussi Israël sur la scène internationale. Le 22 septembre, plusieurs pays occidentaux, dont la France, vont reconnaître l’Etat palestinien. Qu’est-ce qu’un tel mouvement diplomatique signifie pour Israël ?

Cette vague de reconnaissances illustre les critiques internationales de plus en plus fortes qui visent Israël. Il n’est pas viable pour Israël d’être isolé du reste du monde. La France va certainement aller au bout de la reconnaissance, mais j’espère encore que le Royaume-Uni et d’autres vont faire marche arrière. Tout cela est une erreur, c’est une récompense pour le terrorisme du Hamas, pour le 7-Octobre.

Si un Etat palestinien doit être reconnu, ce doit être dans le cadre d’un accord négocié et non d’une sanction internationale. Cela gâche un atout très important que la France et d’autres devraient garder dans leurs manches pour récompenser les Palestiniens, si et quand ils feront des concessions pour la paix.

La sécurité d’Israël en est-elle menacée ?

En matière d’isolement diplomatique, oui. Mais cela reste un acte purement déclaratif, il n’aura aucun impact. Cela n’aidera les Palestiniens d’aucune manière, cela ne fera pas avancer la cause d’un Etat palestinien. Je pense que ces reconnaissances sont surtout liées à des questions de politique intérieure en France et en Grande-Bretagne.

Ces reconnaissances n’ont-elles pas un impact sur Israël et sur le gouvernement israélien ?

Elles l’encouragent seulement à dire à une partie de l’électorat de Netanyahou ce qu’il veut entendre : que le monde entier est contre nous, que nous devons nous battre et que c’est en partie à cause de l’antisémitisme. Cela renforce Netanyahou auprès de ses soutiens les plus à droite. Pour les autres… Ils seront fâchés quelques jours mais ensuite ils passeront à autre chose. Il s’agit davantage de théâtre politique que de réalité politique.

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