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Les droits de douane de Trump ne créeront aucun emploi dans l’industrie américaine

Les droits de douane que le président Donald Trump impose à tous les pays sont censés créer des millions d’emplois aux Etats-Unis. Il n’en sera rien.

Donald Trump a fixé plusieurs objectifs à la guerre commerciale qu’il a lancée dès son arrivée à la Maison-Blanche en janvier 2025 : réduire les flux de fentanyl et d’immigrants clandestins, négocier de meilleurs accords commerciaux, renforcer la sécurité nationale et la résilience économique des États-Unis, augmenter les recettes du Trésor fédéral, réduire le déficit commercial, augmenter l’emploi dans le secteur manufacturier.

Des promesses de créations d’emplois… qui ont du mal à se concrétiser

Pour Trump, c’est bien évidemment le dernier objectif qui est le plus important. Lors d’une conférence de presse le 7 janvier 2025, il déclarait : « Nous allons imposer de nouveaux droits de douane afin que les produits vendus dans nos magasins puissent à nouveau arborer cette belle mention : “Made in the USA” ». Le 2 avril, décrété « Jour de la libération », il affirmait : « Les emplois et les usines reviendront en force dans notre pays, et vous pouvez déjà le constater. Nous allons dynamiser notre base industrielle nationale. »

Comme nous l’avons indiqué il y a quelques jours, les derniers chiffres ne sont pas bons : les coûts des biens et services augmentent, les revenus réels stagnent et les entreprises commencent à licencier. Depuis, nous avons appris que seulement 27 000 emplois ont été créés, en moyenne, au cours des quatre derniers mois. Six fois moins que la moyenne de l’an dernier, sous la présidence Biden. Toutes ces données s’ajoutent au rapport sur l’emploi publié en août qui a rendu Trump furieux, l’amenant à limoger Erika McEntarfer, la responsable du Bureau of Labor statistics (BLS). C’est bien connu : rien n’est plus efficace que de casser le thermomètre pour faire disparaître la fièvre !

Certes, la nouvelle politique commerciale américaine est récente et il serait sage de lui laisser le temps de produire tous ses effets. Mais, à moins que la personne qui prendra la tête du BLS ne se mette à truquer les données pour complaire à Donald Trump, il est probable que la situation de l’emploi se dégradera encore dans les mois à venir.

L’argument du président américain et des protectionnistes est le suivant : « Les droits de douane sont une taxe sur les produits importés, mais pas sur les produits fabriqués dans le pays. En augmentant le prix relatif des produits importés, les consommateurs sensibles aux prix se détourneront des importations. Cela augmentera la compétitivité des producteurs nationaux, ce qui stimulera à son tour la demande du marché pour les services de main-d’œuvre dans le secteur manufacturier. L’emploi et les salaires dans le secteur manufacturier augmenteront donc. »

Un beau raisonnement, un peu boiteux néanmoins

Mais Trump et les protectionnistes oublient plusieurs facteurs importants. Premièrement, étant donné que les fabricants américains importent une grande partie de ce dont ils ont besoin pour la fabrication de leurs produits finis, les droits de douane ne sont pas seulement une taxe sur la consommation, ils sont également une taxe sur les investissements des entreprises. Or, taxer les investissements revient à réduire la compétitivité des fabricants américains, ce qui devrait exercer une pression à la baisse sur la demande de main-d’œuvre dans le secteur manufacturier.

Deuxièmement, bien qu’elles soient souvent considérées comme des événements statiques, les augmentations tarifaires doivent être envisagées dans un contexte dynamique. Des pays vont riposter, ce qui nuira là aussi aux exportateurs américains et réduira, là aussi, la demande de main-d’œuvre dans le secteur manufacturier.

Troisièmement, le temps ne joue pas en faveur de Trump. Si instaurer des droits de douane peut se faire d’un simple trait de plume, construire des usines demande plusieurs années.

Quatrièmement, l’incertitude politique actuelle aux Etats-Unis (objectifs politiques flous, mise en œuvre incompétente, revirements et changements politiques soudains, atmosphère chaotique) n’incite pas les entreprises à s’engager dans des investissements coûteux et pluriannuels. Comme l’écrit Michael R. Strain de l’American Enterprise Institute (AEI), « Étant donné que les producteurs américains dépendent fortement des biens intermédiaires importés, les fluctuations brutales des droits de douane sont extrêmement déstabilisantes. Lorsque les entreprises ne peuvent pas prévoir leurs coûts, elles ne peuvent pas déterminer quels investissements sont susceptibles de générer des profits. »

Ce sont les gains de productivité qui ont fait baisser l’emploi manufacturier

Plutôt que d’opposer des arguments théoriques les uns aux autres, regardons ce qu’il s’est réellement passé au cours des dernières années. Il est vrai que la part de l’emploi manufacturier dans l’emploi total non agricole est en baisse aux Etats-Unis, mais cela ne date pas d’hier, ni d’avant-hier. Cela n’a rien à voir avec l’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001 ni avec l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) en 1994. Le phénomène a commencé dès la fin de la Seconde Guerre mondiale parce que la productivité manufacturière ne cesse d’augmenter depuis cette période. Comme le dit M.R. Strain, « le principal facteur à l’origine du déclin de l’emploi dans le secteur manufacturier est le progrès technologique, et non le commerce international. » Par conséquent, « si les protectionnistes souhaitent réellement stimuler l’emploi dans le secteur manufacturier, ils devraient plaider en faveur d’une réduction de la productivité manufacturière, et non des importations. »

Par ailleurs, la production industrielle américaine a atteint son plus haut niveau depuis la Seconde Guerre mondiale en… février 2025. Il est aujourd’hui plus élevé qu’il ne l’était lors de l’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001, et plus élevé aussi qu’en 1994 lorsque l’Alena est entré en vigueur.

Non seulement les États-Unis produisent plus que jamais, mais ils sont également une puissance manufacturière mondiale par rapport aux autres pays. Comme le montre la figure ci-dessous, leur production est supérieure à celle de tous les autres pays, à l’exception de la Chine, qui a dépassé les États-Unis parce qu’elle a augmenté sa production, et non parce que les États-Unis ont commencé à produire moins. Le troisième pays sur le podium, le Japon, est très loin derrière les Etats-Unis.

La puissance manufacturière des Etats-Unis

(Valeur ajoutée totale de l’industrie manufacturière de 1970 à 2023 pour les 10 premiers pays en termes de valeur ajoutée totale de l’industrie manufacturière en 2023, mesurée en dollars constants de 2015).

Sources : Division des statistiques de l’ONU ; calculs M.R. Strain (AEI).

Le précédent du premier mandat Trump

La guerre commerciale menée par Donald Trump repose sur une analyse profondément erronée des défis économiques auxquels sont confrontés les États-Unis. L’industrie manufacturière américaine n’est pas en crise, et le libre-échange n’a pas été le principal facteur de la baisse de l’emploi dans ce secteur.

Par conséquent, la guerre commerciale n’augmentera pas de manière substantielle l’emploi dans ce domaine. Elle risque plutôt de le faire diminuer.

Si le président américain avait pris soin de regarder les résultats de la guerre commerciale qu’il a engagée lors de son premier mandat, peut-être ne se serait-il pas lancé dans ce nouvel affrontement avec le reste du monde.

En 2022, Javorcik et al. ont montré que les augmentations tarifaires de 2018 n’ont pas augmenté les offres d’emploi en ligne, qui sont une mesure de la demande de main-d’œuvre. Ils ont constaté en revanche que l’exposition du marché du travail à la hausse des coûts des intrants (autrement dit les éléments entrant dans la production d’un bien) intermédiaires, due aux droits de douane (à l’importation et à l’exportation), a entraîné une baisse de la demande de main-d’œuvre.

En 2024, Autor et al. n’ont pas non plus remarqué d’effet positif, sur l’emploi, des droits de douane américains à l’importation, mais ont systématiquement constaté des effets négatifs consécutifs à la rétorsion exercée par les pays étrangers via leurs propres droits de douane.

Enfin, Flaaen et Pierce, dans une étude à paraître prochainement, évaluent l’effet des augmentations tarifaires américaines de 2018-2019 sur l’emploi dans le secteur manufacturier. Ils mesurent une augmentation de 0,4% de l’emploi due à la protection des importations, mais une baisse de 2% due à la hausse des coûts des intrants et une baisse de 1,1% due aux rétorsions. Au total, ils constatent donc une baisse de 2,7 % de l’emploi manufacturier.

Un schéma qui est se répète depuis quelques mois !

Illustration de couverture ©Freepik

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