Après avoir abaissé la note de la France, Fitch remonte celle de l’Italie
L’agence de notation Fitch a relevé vendredi 19 septembre la note souveraine de l’Italie de BBB à BBB + "pour refléter une confiance accrue dans la trajectoire budgétaire" du pays, une semaine après avoir abaissé la note de la France.
L’agence d’évaluation financière met notamment au crédit de l’Italie "un environnement politique stable" : "Cela contraste fortement avec le passé récent, où le pays a souffert de revirements et d’instabilité politique, qui l’ont conduit à manquer des objectifs" en matière de finances publiques. La nouvelle note de l’Italie est assortie d’une perspective stable, ce qui signifie qu’elle ne devrait être ni relevée, ni dégradée prochainement.
"L’Italie obtient une promotion de Fitch : la confirmation que la voie empruntée par notre gouvernement est la bonne", a estimé ce samedi la Première ministre italienne Giorgia Meloni. "La stabilité politique, des politiques économiques crédibles et le soutien à ceux qui créent des emplois et de la richesse portent leurs fruits", a-t-elle ajouté, vantant "des comptes en ordre" et "des choix budgétaires responsables". "Ce ne sont pas des slogans, mais des résultats concrets", a-t-elle encore écrit, et un "signe clair de la confiance des marchés internationaux".
L’Italie reste bien plus endettée que la France
Le 12 septembre, d’autres pays du sud de l’Europe ont vu leurs notes relevées : le Portugal par Fitch, l’Espagne par S & P Global. Le même jour, Fitch a au contraire dégradé la note de la France, de AA- à A +, sanctionnant le pays pour son instabilité politique persistante et ses incertitudes budgétaires, qui contrarient l’assainissement de ses comptes publics très dégradés.
La France emprunte désormais presque aussi cher que l’Italie, une première depuis la mise en circulation de l’euro en 2002. L’Italie reste cependant bien plus endettée que la France, à 135 % du produit intérieur brut (PIB) contre 114 % pour sa voisine. Et ses perspectives à moyen terme sont maussades, avec une faible productivité et une population vieillissante.
L’Italie a vu son PIB diminuer de 0,1 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent en raison d’une baisse de tous les secteurs, à l’exception des services, stationnaires, selon une première estimation de l’Institut national des statistiques (Istat).
Selon Fitch, la révision de vendredi "reflète une confiance accrue dans la trajectoire budgétaire de l’Italie, soutenue par une prudence budgétaire croissante et un engagement fort à atteindre les objectifs budgétaires" fixés au niveau de l’Union européenne. Le gouvernement ultraconservateur de Giorgia Meloni a mené au cours des deux dernières années une politique de rigueur budgétaire. Le pays, longtemps jugé trop dépensier, a divisé son déficit public par deux en seulement un an, celui-ci s’affichant à 3,4 % du PIB en 2024.