Le retour qui fâche : Figo de nouveau à Barcelone
Il y a des noms qui ne s’effacent jamais de la mémoire collective, des blessures qui ne cicatrisent pas, même un quart de siècle plus tard. Celui de Luis Figo appartient à cette catégorie. L’ancien Ballon d’Or portugais, symbole d’une trahison que les supporters du FC Barcelone n’ont jamais pardonnée, sera de retour ce mardi soir à Montjuïc à l’occasion du choc de Ligue des champions entre le Barça et le Paris Saint-Germain. Une présence aussi inattendue que sulfureuse, qui réveille aussitôt un passé douloureux.
Figo de retour à Barcelone, 25 ans après la trahison
Figo sera dans les tribunes en tant qu’ambassadeur de l’UEFA, une fonction qu’il occupe désormais dans les grandes soirées européennes. Pour beaucoup, ce simple rôle protocolaire est pourtant perçu comme une provocation. Comment oublier qu’en juillet 2000, le Portugais avait quitté Barcelone pour rejoindre l’ennemi juré, le Real Madrid, contre 60 millions d’euros – un transfert qui avait traumatisé tout un peuple ? L’ancien président Joan Gaspart résume encore aujourd’hui l’état d’esprit des socios : « Figo est le seul ennemi que Barcelone ait. »
Avant cette rupture, Figo incarnait l’âme du Barça. Vice-capitaine derrière Pep Guardiola, il avait conquis le Camp Nou par son talent et son amour affiché du maillot. C’est ce même joueur qui avait lancé, depuis le balcon de la Generalitat : « Blancs, pleurez. » Moins de deux ans plus tard, il revêtait la tunique blanche du Real. Son premier retour au Camp Nou en octobre 2000 avait viré au cauchemar : sifflets assourdissants, pluie d’objets et même une tête de cochon jetée sur la pelouse en 2002, symbole d’une haine viscérale devenue légendaire.
Une rancune toujours vivace en Catalogne
Depuis, les années ont passé, mais pas la rancune. En mai dernier encore, des supporters catalans l’ont insulté publiquement lors d’un dîner officiel, le traitant de « traître ». Sa simple présence ce soir suscite la crainte d’une atmosphère électrique. Dans un stade où l’on n’oublie rien, on s’interroge : Figo sera-t-il accueilli avec indifférence ou redeviendra-t-il, l’espace d’une soirée, l’homme le plus détesté de Barcelone ? Une chose est sûre : ce retour ne laisse personne indifférent.
Ce transfert a profondément marqué le football moderne. Il a ouvert l’ère des Galácticos au Real Madrid, renforcé la rivalité avec le Barça et dressé un mur invisible entre les deux clubs. Aucun joueur majeur n’a osé franchir à nouveau ce Rubicon depuis. Aujourd’hui âgé de 52 ans, Figo reste, malgré une brillante carrière madrilène, l’incarnation vivante d’une trahison que les Catalans n’ont jamais pardonnée. Son retour à Montjuïc, même en costume, n’est pas un simple détail : il rappelle que certaines plaies, dans le football, ne se referment jamais.