Добавить новость
World News
Новости сегодня

Новости от TheMoneytizer

"Ce qui se passe aujourd’hui avec Shein arrivera demain avec BYD" : le cri d’alarme d’Yves Jégo

Après un ancien membre du gouvernement - Christophe Castaner -, puis une enseigne de prêt-à-porter cinquantenaire - Pimkie -, c’est au tour d’une foncière commerciale de s’associer avec Shein. Dans les prochaines semaines, les produits d’ultra fast-fashion du géant chinois vont débarquer dans les rayons du BHV, à Paris, et de cinq Galeries Lafayette situées à Dijon, Grenoble, Limoges, Reims et Angers, tous exploités par la Société des grands magasins (SGM). Un nouveau coup de tonnerre dans le secteur du textile, alors que bon nombre d’acteurs bataillent pour freiner la montée en puissance de la plateforme sur le territoire français. Pour l’ancien ministre et fondateur de la certification Origine France Garantie, Yves Jégo, cette alliance va ouvrir une brèche et n’annonce rien de bon pour la filière. Seule une révolte de l’opinion publique pourrait permettre de revenir en arrière, estime-t-il.

L’Express : Pimkie il y a quelques semaines, maintenant le BHV et certaines Galeries Lafayette. Le cordon sanitaire autour de Shein est-il en train de tomber ?

Yves Jégo : La bataille est perdue. Les distributeurs français de textile ont décidé de collaborer avec Shein. Et cette machine ne s’arrêtera pas avec quelques larmes ou protestations. Je m’indigne mais tout le monde s’en moque. Avez-vous vu des réactions politiques fortes ? Il n’y en a pas.

C’est une victoire de plus pour la Chine, dans le cadre de sa stratégie qui vise à transformer l’Europe en déversoir de marchandises. C’est aussi la quasi-disparition de l’industrie textile française. Certains diront qu’il reste le luxe. Oui, mais pour combien de temps ?

Quel message cet accord envoie-t-il ?

À ceux qui produisent en France, on dit clairement : personne ne vous protège. Pourtant, nous avions des arguments solides pour défendre la filière. A commencer par les normes environnementales de production et de recyclage, auxquelles les vêtements venus de Chine ne se conforment pas. On aurait pu stopper l’invasion à ce titre. Deuxième argument, plus moral : les conditions sociales indignes dans lesquelles ces vêtements sont confectionnés, comme de nombreux reportages l’ont montré. Or, je n’ai pas entendu les syndicats français le dénoncer en disant : "C’est honteux, on détruit des emplois en France avec des produits fabriqués dans des conditions de travail épouvantables". Voilà pourquoi je dis que la bataille est perdue : nous avions les moyens d’agir, mais ni la France ni l’Union européenne ne les ont utilisés.

Yves Jégo, le 12 novembre 2021 au salon Made In France.

Est-il encore temps de revenir en arrière ?

Ce n’est pas impossible. Mais en s’installant dans le paysage, Shein change de posture : le patron de la SGM a évoqué la création de 200 postes. On va nous dire : "Vous voyez, c’est vertueux". Mais soyons lucides : cela ne représentera qu’une infime partie des 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires que Shein réalise en France. Tout le reste continuera.

Shein poursuit une stratégie d’infiltration et d’image. Leur objectif n’est pas ponctuel : ils veulent rester, devenir l’usine du monde et transformer les pays au pouvoir d’achat non négligeable en consommateurs captifs. Si les filières ne réagissent pas, après le textile viendra l’automobile. Ce qui se passe aujourd’hui avec Shein arrivera demain avec BYD. C’est un renoncement à défendre un modèle d’économie de production et une véritable politique de l’offre.

Le consommateur peut-il, par son acte d’achat, jouer un rôle dans ce rapport de force ?

Le consommateur est un otage à qui l’on dit : "Vous avez droit à la mode, et en plus ce n’est pas cher." Il est difficile de le mobiliser car il vit dans l’illusion du petit prix. Or, ce qu’il ne paie pas, c’est le contribuable qui l’assume. Voilà la réalité qu’il faudrait mettre en lumière. Les ouvriers chinois ne cotisent pas aux retraites françaises, ne financent pas la Sécurité sociale et ne paient pas d’impôts à l’Etat. Le manque à gagner dont profite le consommateur se transforme donc en charge pour le contribuable. Et souvent, consommateur et contribuable sont une seule et même personne. Mais peu de gens font ensuite le lien avec la nécessité de travailler plus longtemps pour toucher une retraite, ou abandonner des jours fériés pour combler les déficits de la Sécurité sociale. Voilà pourquoi l’absence de combat sur ce terrain est si désolante : nous avions des arguments.

Ces partenariats risquent-ils de créer un effet d’entraînement auprès d’autres enseignes françaises ?

La brèche est ouverte. On nous expliquera que c’est positif, que cela contribue à sauver le commerce de centre-ville. Pour ma part, je suis pour la résistance, pas la collaboration. L’histoire de France a montré que les résistants finissaient par avoir raison. Mais il faut reconnaître que le secteur textile était déjà fragilisé, et c’est aujourd’hui l’un de ses derniers bastions qui tombe. Il restera quelques résistants, mais auront-ils vraiment les moyens d’empêcher cette évolution ? Malheureusement, j’en doute.

La seule force de rappel pourrait venir de l’opinion publique. Elle seule est capable de dire : "Nous ne voulons pas de vêtements impossibles à recycler, ni de vêtements qui ne respectent pas des règles environnementales et sanitaires minimales, ni de vêtements produits dans des usines où l’on exploite les enfants."

Pensez-vous que les pouvoirs publics devraient fixer un cadre ou poser des limites claires à ce type d’alliance ?

Les pouvoirs publics ne sont pas seulement en retrait, ils sont totalement absents. L’Europe n’a réagi qu’en expliquant que l’absence de droits de douane sur les petits colis était "embêtante". En réalité, si l’on décidait clairement d’interdire l’entrée sur le territoire européen de tout textile qui ne respecte pas les normes reconnues par l’UE, les Chinois, pragmatiques, s’adapteraient. C’est une simple question de volonté politique. Or, ceux qui devraient tenir ce discours se disent : "Oui, mais si on fait cela, ils n’achèteront plus nos Mercedes - je pense aux Allemands - ni notre cognac." Résultat, il n’existe aucune solidarité avec les producteurs de textile, qui se retrouvent totalement isolés.

La certification Origine France peut-elle être un outil pour redonner de la visibilité aux produits français dans un contexte où la concurrence se joue de plus en plus sur les prix ?

Bien sûr. Mais si elle est nécessaire, elle n’est pas suffisante. Ce qui m’atterre, c’est qu’en dépit de ce qui est en train de se jouer, aucun responsable politique de premier plan, ni le gouvernement, ni le patronat, ni les syndicats, ne s’élèvent pour affirmer : "Trop, c’est trop !".

Les magasins, eux, jouent leur partition. Leur logique, c’est que l’économie de la distribution tourne, qu’il s’agisse de produits français ou chinois. Le risque est pourtant réel de dégrader leur image. Transformer peu à peu un grand magasin de prestige en une enseigne bas de gamme, comme l’a été Tati, est un pari risqué.

Car au fond, on ne réinvente rien dans la mode à bas prix et de mauvaise qualité. Shein, c’est Tati à une échelle mondiale : une puissance de feu capable de sortir des collections à jet continu. Ils ont juste massifié le modèle. En tant que défenseur de la production en France, je sais qu’il existe encore quelques ateliers et usines textiles dans le pays. Mais, face à une telle offensive, je doute qu’ils puissent résister bien longtemps.

Читайте на сайте


Smi24.net — ежеминутные новости с ежедневным архивом. Только у нас — все главные новости дня без политической цензуры. Абсолютно все точки зрения, трезвая аналитика, цивилизованные споры и обсуждения без взаимных обвинений и оскорблений. Помните, что не у всех точка зрения совпадает с Вашей. Уважайте мнение других, даже если Вы отстаиваете свой взгляд и свою позицию. Мы не навязываем Вам своё видение, мы даём Вам срез событий дня без цензуры и без купюр. Новости, какие они есть —онлайн с поминутным архивом по всем городам и регионам России, Украины, Белоруссии и Абхазии. Smi24.net — живые новости в живом эфире! Быстрый поиск от Smi24.net — это не только возможность первым узнать, но и преимущество сообщить срочные новости мгновенно на любом языке мира и быть услышанным тут же. В любую минуту Вы можете добавить свою новость - здесь.




Новости от наших партнёров в Вашем городе

Ria.city
Музыкальные новости
Новости России
Экология в России и мире
Спорт в России и мире
Moscow.media






Топ новостей на этот час

Rss.plus





СМИ24.net — правдивые новости, непрерывно 24/7 на русском языке с ежеминутным обновлением *