Algérie : Convoqué pour la CAN, humilié par la presse
La liste de Vladimir Petkovic pour la Coupe d’Afrique des Nations n’a pas seulement lancé le compte à rebours sportif. Elle a aussi ravivé un malaise profond autour d’un poste sensible, celui de gardien de but. À sept jours du début du tournoi, un nom a suffi à enflammer la presse et les réseaux, au point de transformer une simple convocation en symbole d’improvisation. Plus que le joueur, c’est la cohérence du discours du sélectionneur qui se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés.
Un retour qui fait voler en éclats le discours officiel
Ce joueur, c’est Anthony Mandrea. Son retour dans la liste des Fennecs marque un virage brutal. En août, Petkovic avait été catégorique, jugeant incompatible avec la sélection le fait d’évoluer en troisième division française. Mandrea, alors relégué avec Caen en National, semblait rayé de la carte. Quatre mois plus tard, le voilà convoqué pour la CAN, présenté comme une option crédible, voire rassurante. Ce revirement a immédiatement été qualifié d’incompréhensible par une grande partie de la presse algérienne.
Face aux critiques, Petkovic assume une forme de “flexibilité”. Il met en avant l’expérience internationale du gardien, fort d’une vingtaine de sélections, et son temps de jeu régulier en club. Des arguments recevables pris isolément, mais fragilisés par ses propres déclarations passées. Si l’expérience était un critère central, pourquoi l’avoir écarté aussi fermement en août ? La réponse officielle laisse un goût d’inachevé.
Les absences qui ont forcé la main
La réalité du dossier est plus prosaïque. La blessure d’Alexis Guendouz, pressenti comme numéro un, a rebattu les cartes. Les autres options, Luca Zidane et Oussama Benbot, cumulent peu de références internationales. Zakaria Bouhalfaya, pourtant en vue avec le CS Constantine, a été laissé de côté. Dans ce contexte, Mandrea est apparu comme le moindre risque, plus que comme un choix pleinement assumé.
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière une instabilité chronique au poste de gardien chez les Fennecs depuis la fin de l’ère M’Bolhi. Mandrea n’est ni un scandale absolu, ni une solution miracle. Mais la manière dont sa convocation a été justifiée l’a exposé inutilement. À la CAN, ses performances dicteront le verdict. En attendant, la polémique dit surtout une chose : l’Algérie avance sans certitude à un poste clé.