L’Italie sous le choc du Hamas
L’Italie vient d’accomplir un travail vital, en arrêtant sept personnes soupçonnées de financer le Hamas. Parmi elles, Mohammad Hannoun, président de l’association des Palestiniens en Italie. Les forces de l’ordre italiennes ont ainsi démasqué certaines des coqueluches de la gauche propalestinienne, enfin révélées pour ce qu’elles sont : des soutiens des terroristes. Qu’attendent la France et d’autres pays européens pour faire comme l’Italie?
La police italienne a arrêté sept personnes pour financement du terrorisme Hamas, ce que Samidoun, le réseau de soutien aux prisonniers palestiniens (pas ceux de droit commun, seulement les terroristes) a traduit par un titre insoumis : « Nouvelle attaque italienne contre la Palestine : Solidarité avec Mohammad Hannoun et tous les Palestiniens persécutés ! »
On a les soutiens qu’on mérite
La solidarité de Samidoun avec les terroristes se manifeste de manière sonnante, trébuchante, tranchante et plus, car affinités. Le 15 octobre 2023 à Bruxelles, à l’occasion d’une manifestation de soutien aux héroïques pogromistes, son coordinateur européen avait déclaré : « Nous ne qualifions pas les attaques du Hamas en Israël de terrorisme, mais de résistance légitime. […] Les actes du Hamas sont légitimes dans notre lutte de résistance. C’est la réponse à des décennies de terreur et d’occupation. Donc oui, nous fêtons cela ». Au moment où ces mots ont été prononcés, deux décennies s’étaient écoulées depuis la fin de l’occupation et la terreur était le seul produit d’exportation de l’État de facto de Palestine, dirigé par un Hamas, aussi « légitimement élu » que l’avait été Hitler en 1933… et avec un programme adapté.
Philologie, morale et politique
Le champ politique occidental ne peut fonctionner que grâce à l’aveuglement vis-à-vis d’un paradoxe qui crève les yeux. En effet, vu de Paris, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands, dont l’abréviation française, « nazi », figure dans le Larousse, est considéré comme une extrême-droite synonyme d’antisémitisme exclusif. En revanche, Staline, Mao Tse Toung, Pol Pot, Khomeiny, Arafat et d’autres du même acabit idéologique, dont le fascisme a entraîné la mort d’un nombre encore plus important de civils que le nazisme, sont classés à gauche, dans le camp des « gentils », tout comme le Hamas, dont la charte préconise le djihad et l’extermination des Juifs.
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Jusqu’au 7-octobre, le RN, parti d’extrême-droite, était le seul qui défendait les Juifs de France, depuis que l’antisémitisme sévissait majoritairement à gauche. L’obligation est faite aux LGBT, sous peine d’expulsion du camp progressiste, de soutenir les deux Palestine, dans lesquelles leurs semblables sont tués en prison ou jetés du haut des toits. Enfin le parti pour qui la religion est l’opium du peuple recrute des électeurs dans les mosquées.
L’Italie a connu le fascisme. Aujourd’hui elle distingue la droite de la gauche
On pourrait en douter, tant le palestinisme y est bruyant, mais les institutions ne sombrent pas dans le manichéisme victimaire des manifestants. Elles s’en tiennent aux faits. Après avoir mené l’enquête pendant deux décennies et tenté, plusieurs fois en vain, de procéder à des arrestations, elles ont bénéficié de renseignements israéliens et ont pu arrêter sept figures charismatiques du terrorisme populaire, alias le Hamas.
Le haut de l’affiche est une star : Mohammad Hannoun, chéri des démocrates transalpins, l’Association caritative de solidarité avec le peuple palestinien (ABSPP. La police et le contre-espionnage italiens l’ont à l’œil depuis longtemps et pour des motifs pas exclusivement financiers, car il s’est également signalé à leur attention par la ferveur avec laquelle il s’extasiait de la mort de Juifs dans les attentats.
D’après les écoutes de la police, qui le surveille depuis plus de 20 ans, le 1er août 2002, son frère Said et lui-même « se réjouissent d’une explosion dans le bar de l’université de Jérusalem, où neuf civils ont trouvé la mort ». Le 5 mai 2003, il connaît un nouveau moment d’exaltation, cette fois avec son frère Ahmad : « Ils célèbrent un attentat contre un bus dans lequel 23 civils ont été tués ». Trois mois plus tard, le 19 août, il ne se sent plus de joie, quand 23 autres civils sont assassinés, dont 7 enfants, ce qui le ravit car « la douleur pour les sionistes sera plus grande ».
Les petits ruisseaux font le grandes rivières (jusqu’à la mer)
Avec Mohammad Hannoun, son second à Florence, Raed Al Salahat, a été arrêté. Le Corriere della sera a publié la vidéo d’une perquisition au cours de laquelle des valises pleines de billets ont été découvertes. Au total, plus de huit millions d’euros. L’enquête a révélé que plus de 70 % de l’argent collecté comme aide humanitaire, chez des particuliers, dans des commerces et dans des mosquées, finissait dans les caisses du Hamas ou servait à financer ses filiales. Depuis le siège de l’ONG à Gênes, l’argent était dispatché au Hamas en Palestine, « soit en espèces, soit sous forme de titres de crédit, soit par le biais d’une triangulation depuis la Turquie ».
Al Salahat partage évidemment avec son collègue un amour de l’humanité qui se traduit par des messages exaltés célébrant le pogrom du 7-octobre sur son profil Facebook. Selon l’enquête, il était co-décisionnaire avec Hannoun des mesures à prendre pour poursuivre la collecte de fonds malgré les freins mis en place par les Autorités italiennes.
Du beau linge
Puisque le Hamas c’est la gauche bienveillante, la gauche italienne a accueilli Hannoun avec bienveillance : conférence avec Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies contre Israël, rencontres avec Laura Boldrini, passée successivement par SI-SEL (gauche écolo), LeU (libres et unis, démocrates de gauche), PD (parti démocrate) et PD-ITP (Partito Democratico – Italia Democratica e Progressista), avec Nicola Fratoianni, secrétaire de la Gauche italienne depuis 2021, et de nombreux parlementaires, de gauche et de centre-gauche. Parmi eux, Davide Tripiedi et Marco Bella (tous deux du M5S, le mouvement 5 étoiles fondé en 2009, par un Coluche italien : Beppe Grillo), Matteo Orfini (PD), Stefano Fassina (Sinistra italiana, la Gauche italienne). En 2018, il a fait participer Marco Furfaro (PD) comme orateur à la conférence des Palestiniens européens où il intervenait aussi.
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Une fois qu’il a été arrêté, ses amis sont devenus amnésiques : Albanese a oublié sa conférence, Fratoianni la sienne et Boldrini ne se souvient que d’une courte rencontre…
Marco Carrai, consul d’Israël pour la Toscane, l’Émilie-Romagne et la Lombardie, a remercié les forces de l’ordre : « Nous espérons que cette enquête fera toute la lumière une fois pour toutes sur les partisans du terrorisme islamique présents en Italie. J’espère que tous ceux qui sont toujours prêts à descendre dans la rue et à proférer des slogans antisémites et antisionistes en prendront bonne note ».
Hannoun a raté le train de la poudre d’escampette
Hannoun avait prévu de s’échapper vers la Turquie, via Turin, avec l’aide de l’imam de cette ville. Avant de partir, il a exhorté ses troupes à accélérer la collecte et l’expédition de fonds « par tous les moyens possibles ». Il a été arrêté in extrémis : il ne faisait pas le poids face à la Digos (Division des enquêtes et des opérations spéciales) en collaboration avec la Guardia di Finanza (police financière) et sous la coordination du parquet national antimafia et antiterrorisme.
Il sera jugé sur l’accusation « d’être un membre haut placé du Hamas et d’avoir affecté, dans le cadre d’une collecte de fonds présentée comme destinée à des fins humanitaires pour la population palestinienne, une partie importante (plus de 71 %) de ces fonds au financement direct du Hamas ou d’associations qui lui sont liées ou contrôlées par lui et d’autres branches de l’organisation terroriste », ainsi que « d’avoir ainsi contribué à verser, directement ou indirectement, à l’organisation terroriste, à partir du 18 octobre 2001 et jusqu’à ce jour, mais surtout à la suite des événements du 7 octobre 2023, des sommes d’argent considérables, s’élevant à 7 288 248,15 euros, en détournant ces fonds des objectifs déclarés et des besoins réels de la population civile de Gaza ».
La frontière entre la France et l’Italie est morale
En France, le président se précipite au chevet des malfrats pour accuser la police d’avoir été trop violente avec eux. En Italie, Giorgia Meloni a applaudi le succès de l’opération et le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, qui sait qu’il est là pour aider les victimes, pas les malfaiteurs, a déclaré : « Même si la présomption d’innocence doit toujours être respectée à ce stade, le voile a été levé sur des comportements et des activités qui, sous le couvert d’initiatives en faveur des populations palestiniennes, cachaient le soutien et la participation à des organisations ayant de véritables objectifs terroristes islamistes. Un danger auquel notre gouvernement accorde la plus grande attention ».
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Samedi 27 décembre, quelques centaines de personnes ont manifesté à Milan contre les arrestations, notamment sous une banderole posant « antisionisme = antifascisme, antisémitisme = nazifascisme ». Dans le quartier du Duomo, la circulation a été paralysée pour laisser passer le cortège.
Cela n’empêchera certainement pas la majorité des Italiens de réveillonner tranquilles et il est probable que leur ministre ne passera pas le Jour de l’An à compter les voitures incendiées.
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