Comment se débarrasser de notre « fascination pour le beau » ?
« La beauté est un privilège bourgeois ». Un philosophe propose de la supprimer.
Décidément, Libération est en forme en ce début d’année et il mérite amplement son appellation familière, L’Aberration… « Nous avons une préférence pour les beaux, il est temps de mettre fin à cette injustice » : tel est le titre de l’entretien donné par Frédéric Spinhirny, qui vient de faire paraître Le Privilège beau, cet impensé.
Inspiré par les travaux de Bourdieu (une référence), le philosophe et directeur d’hôpital explique aux béotiens que nous sommes que « la beauté est un privilège bourgeois », plus précisément « un phénomène qui cumule beau, blanc, bourgeois ». Cette situation intolérable exige que l’on sorte « du cadre du plaisir esthétique », alors que « notre imaginaire a été colonisé par le capitalisme ».
Mais comment mettre fin à cet odieux privilège ? Frédéric Spinhirny ne parle pas de changer les « bourgeois » en « prolétaires (quoique…) ou de peindre les Blancs en noir, mais, sinon de supprimer le beau, du moins de promouvoir ce qui ne l’est pas (ou ce qui n’est pas supposé l’être). Comme tout constructiviste qui se respecte, cela passe par une flopée d’interdictions et de réglementations :
- Interdire les émissions du type « miss France » ;
- Renforcer les formations sur « la discrimination liée à l’apparence » ;
- Saisir l’Arcom (institution hautement indépendante de « régulation » des médias de droite…) ;
- Repenser la publicité, « parce qu’elle encadre la visibilité et reproduit des normes ».
A défaut, Frédéric Spinhirny propose de rendre accessible à tous la chirurgie esthétique (ce que nous qualifierons de « droit à la chirurgie esthétique », un droit-créance que nous n’avions pas encore le plaisir de connaître !).
En contrepoint, nous suggérons plutôt une alternative en nous inspirant de deux auteurs libéraux :
- Suivre l’idée du regretté Bertrand Lemennicier qui suggérait avec son humour habituel de donner un droit aux « moches » de défigurer les « beaux » afin d’œuvrer à l’égalitarisme ;
- Ou lire le livre de Philippe Nemo, Esthétique de la liberté, qui faisait le lien, d’une part, entre la liberté et le beau, et, d’autre part, entre le socialisme et la laideur.
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