Le suicide exalté de Charles Dickens, par Philippe Delerm
C’est une face bien ignorée de Charles Dickens que Philippe Delerm nous présente. Chacun a en souvenir le talent de cet écrivain à faire rire ou pleurer, son empathie pour les misérables de Londres et ses malheureux orphelins, son humour face à l’austérité victorienne et les emperruqués de la justice. Ce que nous révèle Philippe Delerm c’est l’implication de Dickens dans ses romans, sa fusion avec ses personnages au point de vouloir les incarner sur scène avec sa voix et son corps jusqu’à y laisser sa santé ou son âme. Caprice d’un auteur comblé de succès, envie d’être applaudi de visu ? Ses premières représentations publiques faisant salles combles Dickens n’hésitera pas désormais à parcourir l’Angleterre, l’Ecosse, les Etats-Unis, toujours plus loin des siens, toujours plus proches de ses protagonistes, mais toujours plus seul.
Sans doute le manque d’éducation dont il souffrit à cause de parents insouciants lui permit de gagner très vite une indépendance d’adulte qui lui laissa toute sa vie un besoin total de liberté mais aussi un sentiment inextinguible de solitude. Humaniste avant tout c’est avec la plus grande sincérité qu’il dévoile l’essence même de la nature humaine et meurt de l’extrême solitude de celui qui se voue tout entier à transmettre ses convictions. Merci à Philippe Delerm de susciter en nous ce désir de retrouver la fine analyse psychologique de David Copperfield, Oliver Twist et Pickwick…
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