Encore une provocation envers le monde agricole : la nomination d’une écologiste militante à un poste stratégique
Alors que nous sortons d’une forte mobilisation agricole, une nouvelle polémique vient rajouter de l’huile sur le feu. Anne Le Strat a été, en ce début d’année, nommée directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB) en charge de la « mobilisation de la société ». Outre l’intitulé de cette direction adjointe qui pose question sur l’objectif d’un établissement public, le parcours de Mme Le Strat inquiète aussi bon nombre d’agriculteurs.
Anne Le Strat est une militante écologiste active. Adhérente aux Verts puis à Europe Ecologie Les Verts, adjointe en charge de la politique de l’eau auprès du maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë de 2008 à 2014, elle est aussi engagée au sein d’associations militantes. Elle a été porte-parole du mouvement Utopia, association qui soutient « la déconstruction des aliénations de nos sociétés : le dogme de la croissance comme solution à nos maux économiques, la croyance en la consommation comme seul critère d’épanouissement individuel, la centralité de la valeur travail comme seul mode d’organisation de la vie sociale. » Proche d’Extinction Rebellion, groupe écologiste radical, elle est vigoureusement opposée aux réserves d’eau pour l’agriculture.
Cette nomination n’est donc pas anodine, surtout à un poste stratégique au sein de l’OFB. L’organisme d’Etat effectue des missions de sensibilisation, d’expertise scientifique et de police de l’environnement, laquelle se montre particulièrement virulente à l’encontre des agriculteurs. Dans son rapport d’activité 2024, l’OFB, revendique plus de 130 000 contrôles et plusieurs milliers de procédures pénales. Il préfère la répression à l’accompagnement, alors que le nombre d’articles dans le code de l’environnement a augmenté de 586 % entre 2002 et 2023 !
Qui plus est, l’OFB finance directement, avec l’argent public, des ONG et associations écologistes militantes : Gil Rivière-Wekstein, rédacteur de la revue Agriculture et Environnement, explique que « Générations Futures a reçu la somme de 90.000 euros de l’OFB ces quatre dernières années et France Nature Environnement a reçu 480.000 euros en 2024 ».
Le gouvernement a annoncé mardi 27 janvier une enquête administrative sur sa nomination. Cela changera-t-il quelque chose ? Il est fort probable que non : l’enquête prendra du temps, on oubliera cette nomination…
Il est clair que cette directrice déléguée, si elle est maintenue, ne sera pas du côté des agriculteurs, de leur rentabilité, de leur compétitivité et de l’adaptation au climat. Pour autant, comme le dit à juste titre Bertand Alliot, porte-parole d’Action écologie, le problème n’est pas tellement Anne Le Strat et son passé, mais plutôt la politique menée par l’OFB, « son rattachement au catastrophisme écologique, sa proximité « intellectuelle » stupéfiante avec les ONG. » La suppression de cet organe, qui s’ajoute à un poids normatif déjà étouffant, doit être sérieusement discutée.
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