Trump, Poutine, Groenland : et si le chaos international chamboulait la présidentielle de 2027…
Ils sont un certain nombre à miser sur le contexte international pour rebattre les cartes de la présidentielle. Les Français, pronostiquent-ils, s’en remettront à des personnalités d’expérience capables de tenir la barre par gros temps. Le potentiel géopolitique des candidats fera la différence. François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, Dominique de Villepin, Edouard Philippe et Michel Barnier avancent leurs états de service. "Ce qui compte dans le moment présent, estimait récemment le premier nommé sur BFMTV, c’est qui veut-on mettre au plus haut sommet, compte tenu des responsabilités qui sont celles du président de la République et de ce qui est en train d’être bouleversé dans le monde avec Donald Trump".
Sorti du tunnel budgétaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu entend bien lui aussi s’exprimer sur ces questions à l’occasion des prochaines discussions sur la loi de programmation militaire. Ancien détenteur du portefeuille des Armées, il a publié en 2024 chez Plon un essai de géostratégie intitulé Vers la guerre ? qu’il a depuis actualisé en édition de poche. Il est question d'un nouvel ouvrage dans les prochains mois sur les questions de fond.
Une manière de prendre de la hauteur et de disqualifier les néophytes dans ce domaine. Message à peine subliminal : ils ont à peine assimilé leurs cours de HGGSP et confondent le G20 avec un supermarché. Moi président, suggère Hollande, je ne demanderais pas à Trump "où est-ce qu’il trouve toute cette énergie ?" (dixit Jordan Bardella).
En jouant la carte internationale, les candidats mappemonde veulent aussi contraindre les populistes à désigner leurs ennemis. Les Insoumis et le RN devront clarifier leur position vis-à-vis de la Russie Poutiniste et de l’Amérique Trumpiste. Ce mardi 3 février, le groupe Patriotes pour l’Europe que préside Jordan Bardella organisait au Parlement européen un colloque sur la liberté d’expression avec des trumpistes du think tank The Heritage Foundation.
Or, selon le dernier baromètre Eurobazzoka de Cluster 17 pour Le Grand Continent, la géopolitique creuse de nouveaux clivages : 25 % des électeurs du RN voient en Trump un ennemi (contre 55 % pour l’ensemble des Français), 20 % un ami (contre 7 %), la moitié ne tranchant pas.
Néanmoins, Vladimir Poutine incarne encore aux yeux des Français la principale figure de la menace (avec une note de 6,8, contre 5,3 pour Trump). Pas certain que le plaidoyer de Jean-Luc Mélenchon pour "réintégrer la Russie dans le concert européen" soulève les foules. Rappelons-le : le vainqueur de la présidentielle pourra déclencher le feu atomique. Un effet dissuasif pour les électeurs ?