Un milliard d’euros pour les victimes supposées des essais nucléaires français
Dans l’indifférence générale, et dans un hémicycle vide à 90% (60 députés présents sur 577), l’Assemblée nationale a adopté, le 29 janvier 2026, une proposition de loi « visant à reconnaître les victimes de l’exposition aux essais nucléaires français et améliorer leur indemnisation ».
Ce texte veut corriger la « loi Morin » de 2010 qui reconnaît que les essais nucléaires réalisés par la France en Algérie et en Polynésie française entre 1960 et 1996 ont eu des conséquences sanitaires et ouvre un droit à indemnisation aux personnes réunissant certaines conditions. Il supprime notamment la référence à un seuil d’exposition d’un millisievert (mSv) par an et introduit une présomption irréfragable d’exposition (fondée sur temps, lieu et pathologie). Par exemple, en Polynésie française, durant les essais atmosphériques, l’ensemble du territoire est considéré comme exposé (même si les îles Marquises soint situées à plus de 1500 km de l’atoll de Mururoa).
Un préjudice est aussi reconnu aux victimes « indirectes » comme les conjoints et les membres du premier cercle familial. En Polynésie, sont inclues dans ce cercle les « personnes liées à la victime par le lien fa’a’amu, forme de parenté nourricière qui crée des solidarités affectives et familiales comparables à celles du lien de filiation ». Un délai de prescription de dix ans est instauré pour les ayants droit à compter du décès de la victime directe, avec effet rétroactif.
Les auteurs de la proposition de loi estiment que près d’un milliard a déjà été engagé pour les soins que l’État devra rembourser à la Sécurité sociale. Une somme qui risque d’augmenter considérablement avec le nombre de nouvelles victimes que leur texte va faire naître, en Polynésie comme en Algérie, pays où de nombreux morts continuent de percevoir leur retraite française.
Les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (comprendre communistes et ultra-marins) à l’origine de la proposition de loi font fi des études scientifiques sur les niveaux nocifs de radioactivité et les pathologies radio-induites, comme l’a très bien expliqué le site Les Électrons libres. Une étude de l’Inserm de 2021 concluait que l’on ne pouvait pas mettre « en évidence d’impact majeur des retombées des essais nucléaires sur la santé des populations polynésiennes ». Peu importe, désormais l’État est reconnu responsable de la survenue d’un cancer si l’on ne peut prouver le contraire !
Souhaitons que le Sénat enterre ce texte dangereux qui ouvre la porte à d’autres cas où la preuve est difficile à établir : effets secondaires rares de vaccins, troubles hormonaux attribués à des pesticides, cancers imputés à des pollutions industrielles, etc. Des dizaines de milliards d’euros de dépenses potentielles !
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