Keir Starmer, Peter Mandelson et le scandale Epstein
Première conséquence géopolitique (avant sans doute bien d’autres), l’affaire Epstein risque de faire chuter le Premier ministre britannique, Keir Starmer – à vrai dire déjà bien mal en point depuis des mois, sa popularité ayant chuté de façon vertigineuse notamment en raison de la conjoncture économique médiocre.
Après de nouvelles révélations sur Jeffrey Epstein, Keir Starmer s’est excusé jeudi pour avoir nommé (puis limogé en septembre dernier après seulement 7 mois) Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, malgré ses liens avec le criminel sexuel.
Le premier ministre s’est notamment adressé aux victimes de Jeffrey Epstein, se disant « désolé d’avoir cru aux mensonges de Mandelson et de l’avoir nommé ». Il fait face à une crise de confiance et d’autorité inédite.
La veille, Keir Starmer avait déjà reconnu devant le Parlement qu’il était au courant de liens entre Epstein et Peter Mandelson (jadis un des architectes du New Labor aux côtés de Tony Blair et Gordon Brown), mais a accusé son ex-ambassadeur d’avoir « menti de façon répétée » sur l’étendue de ces liens.
Le problème est que toute relation, aussi anodine soit-elle, aurait dû être « radioactive » depuis 2008, année où Jeffrey Epstein avait été inscrit sur la liste des délinquants sexuels du département de la Justice des Etats-Unis, après avoir été condamné à 13 mois de prison pour agression sexuelle sur une mineure. Or, Peter Mandelson est sous le coup d’une enquête de police car il est soupçonné d’avoir transmis des informations financières sensibles à Epstein alors qu’il était membre du gouvernement de Gordon Brown entre 2008 et 2010.
Alors que depuis des semaines les rumeurs de manœuvres pour le remplacer se multiplient, des députés travaillistes, cités anonymement dans la presse britannique, envisagent sérieusement l’éventualité d’un départ de Keir Starmer, ainsi que son remplacement par Angela Rayner, 46 ans, qui a l’avantage de ne pas être ministre actuellement (en raison d’une certaine animosité entre Starmer et elle). Jeudi, les journaux britanniques évoquaient un Premier ministre qui « se bat pour son avenir » (The Times), en « grave danger »(Daily Mail) et « isolé » dans sa propre majorité.
Il convient toutefois de rappeler que, dans cette affaire, les personnes citées bénéficient de la présomption d’innocence et peuvent simplement être mentionnées parmi les 3 millions de pages de documents.
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