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Terroriste pour les uns, "Mandela" pour les autres : Marwan Barghouti a-t-il encore un avenir politique ?

Le jour où les militaires israéliens ont arrêté son père dans sa planque de Ramallah, après des semaines de traque et un assassinat ciblé manqué, Arab Barghouti avait onze ans. C’était le 15 avril 2002. "Nous étions tous réunis chez mon oncle et nous avons vu à la télévision mon père entouré de dizaines de soldats israéliens, raconte-t-il. Je garde en mémoire une grande violence et une absence soudaine. Mon père a toujours promis à ma mère qu’il reviendrait."

Aujourd’hui trentenaire, le fils de Marwan Barghouti a pris la tête de la croisade internationale pour la libération du mythique prisonnier palestinien. Dans un anglais parfait, acquis lors d'un séjour de deux ans aux Etats-Unis, il multiplie les interviews dans les médias étrangers et les voyages à travers "l'internationale pro palestinienne". Aux côtés du Sinn Féin à Belfast, avec les militants Free Palestine des campus américains ou dans les réunions publiques du Parti Communiste français en Seine-Saint-Denis, Arab Barghouti plaide inlassablement pour la libération de son père. "Ces vingt dernières années, Israël a relâché des centaines de prisonniers condamnés à des peines de prison à vie pour des motifs bien plus graves. Mais pas mon père, pour une raison simple : il représente l'espoir. Et l'espoir est toujours le plus grand ennemi de l'oppresseur", confie-t-il à l’Express.

Il côtoie Yasser Arafat

C’est dans son bureau d’une agence de communication située dans le quartier d’affaires de Ramallah que nous reçoit Arab Barghouti. Sur l’un des murs, une photo de son père. Le visage rondelet du petit homme moustachu côtoie celui de Yasser Arafat, l’ancien président de l’Autorité palestinienne, décédé peu après l’incarcération de Barghouti. Deux figures du nationalisme palestinien, deux personnalités aux antipodes.

Contrairement au dirigeant historique de l’OLP, Marwan Barghouti incarne le mouvement de " l’intérieur ", ces militants nés en Cisjordanie ou à Gaza qui affrontent l’occupant israélien au quotidien. Issu d’un prestigieux clan familial du village de Kobar, près de Ramallah, Barghouti fonde à quinze ans le mouvement des jeunes, au sein du parti Fatah. Etudiant en histoire à l’université de Bir-Zeit, il se révèle aussi l’aise à la tribune que dans les manifestations violentes contre l’occupant israélien.

Plusieurs fois emprisonné en Israël, Marwan Barghouti finit par être exilé en Jordanie au début de l’Intifada des pierres en juin 1987, avant de revenir à Ramallah à la faveur des accords d’Oslo en 1994. Élu dans la première assemblée législative palestinienne en 1996, il se distingue par son charisme et sa dénonciation frontale de la gouvernance de Yasser Arafat marquée par une corruption endémique et un mépris des droits de l’homme.

Une solution à deux Etats

Sur le conflit israélo-palestinien, Barghouti dénote aussi par son soutien sans ambiguïté à la solution à deux Etats, loin des circonvolutions d’Arafat. En ces années 1990 où la paix paraît encore possible, il rencontre même des caciques du Likoud comme Meïr Chetrit ou Gideon Ezra. "Mon père a toujours défendu la solution à deux Etats et respecté le droit international. Comment Israël peut-elle continuer à prétendre qu’il n’y a pas de partenaire du côté palestinien pour faire la paix ?", s’étrangle Arab Barghouti.

Il prône les vertus de la lutte armée

Mais aux yeux des Israéliens, la deuxième Intifada des années 2000 brouille irrémédiablement l’image d’homme de paix cultivée par Marwan Barghouti. Avant même la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées et le soulèvement armé de septembre 2000, ce dernier durcit son discours et loue publiquement les vertus de la lutte armée. Dès les premiers affrontements entre Tsahal et les groupes armés palestiniens, il entraîne son mouvement, les Tanzim, et son bras armé, les brigades des martyrs al-Aqsa, dans des attentats contre des civils israéliens. A l’affût de ses moindres faits et gestes, les services de renseignements israéliens établissent son implication dans l’explosion du restaurant Seafood Market à Tel-Aviv (deux morts et 35 blessés) et l’assassinat du prêtre grec orthodoxe Gergios Tsibouktzakis. "Barghouti a basculé. Il ne pouvait pas rester à l’écart de la lutte armée car il aurait perdu son statut de leader. Il est passé d’un seul coup de la négociation à la terreur ", pointe un ancien chef du Shabak dans un documentaire consacré à Marwan Barghouti.

Comparaissant devant un tribunal de Tel-Aviv en septembre 2003, Marwan Barghouti transforme son procès en tribune planétaire. Les médias du monde entier le montrent tout sourire dans le box, brandissant ses menottes comme un trophée. Condamné à cinq peines de prison à vie, il tente de peaufiner en prison sa stature d’homme providentiel, de rassembleur d’un mouvement national déchiré entre laïcs et islamistes. En 2006, il publie le document des prisonniers où toutes les factions, Djihad islamique compris, se prononcent pour l’établissement d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 – et donc, en creux, pour la reconnaissance d’Israël. Malgré son écho médiatique, le texte n’aura pas d’impact sur le terrain. En juin 2007, le Hamas expulse violemment le parti Fatah de l’enclave de Gaza. A ce jour, les deux camps restent irréconciliables et la solution à deux Etats gît sous les dizaines de milliers de morts de la guerre du 7-Octobre.

Le gouvernement refuse de le libérer

En prison depuis 23 ans, Marwan Barghouti et ses soutiens rêvent d’un dénouement à la Nelson Mandela, à qui les Palestiniens aiment le comparer. Mais le gouvernement israélien, soutenu par une partie écrasante de l’opinion, refuse catégoriquement de le libérer. "On nous a déjà fait le coup avec Arafat, affirme Meïr Indor, président de l’association des victimes de l’attentat Almagor. On lui a donné une légitimité et des armes et il les a retournées contre nous. Barghouti fera exactement la même chose si nous le sortons de prison. C’est un terroriste et il restera un terroriste."

L’été dernier, peu avant l’ultime échange d’otages contre prisonniers entre Israël et le Hamas, le ministre de la police, Itamar Ben Gvir, a organisé une rencontre avec le célèbre prisonnier et diffusé les images sur les réseaux sociaux. On y voit un Barghouti chauve, amaigri et l’air emprunté quand Ben Gvir lui assène : "Ceux qui tuent nos femmes et nos enfants, nous les effaçons". "Cette vidéo montre la cruauté de ce régime fasciste", s’indigne Arab Barghouti. Malgré une vague déclaration de Donald Trump sur le cas Barghouti, le gouvernement israélien exclut toujours sa libération.

Inspiré par le précédent Mandela, Arab Barghouti compte toutefois sur la pression de l’opinion publique pour faire plier Israël. Début décembre, un collectif de deux cents artistes occidentaux, dont Annie Ernaux, Eric Cantona ou Pedro Almodóvar ont signé une pétition pour exiger la libération de son père. En France, le détenu compte de fervents soutiens comme l'historien Vincent Lemire. "Si un État viable et démocratique peut advenir en Palestine, ce sera avec lui ", estime-t-il.

Dans les territoires palestiniens, la popularité de Marwan Barghouti reste au zénith. Les sondages d’opinion le donnent largement gagnant en cas de consultation populaire et, lorsqu’il se promène dans les rues de Ramallah, son fils Arab bénéficie de son aura. "Ton père symbolise l’unité du peuple palestinien, il a payé cher pour notre liberté", lui dit un commerçant en lui donnant l’accolade avec chaleur. "J’ai conscience que mon père est devenu un mythe, mais pour moi, cela reste avant tout mon père, et il me manque. J’espère qu’un jour il pourra recevoir lui-même tout cet amour."

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