Le Kremlin veut contrôler aussi la messagerie Telegram
La Russie a annoncé mardi mettre en place des « restrictions progressives » sur la messagerie Telegram. Moscou presse les citoyens russes de migrer vers une application de messagerie locale, Max, qui ne propose toutefois pas de cryptage de bout en bout des conversations, ce qui lui permettrait de devenir un outil puissant de surveillance. Les autorités russes reprochent à Telegram d’enfreindre la loi notamment de ne pas faire assez pour empêcher son utilisation « à des fins terroristes ».
Telegram est l’un des deux services de messagerie les plus populaires en Russie, avec Whatsapp, dont le fonctionnement est presque complètement bloqué depuis janvier.
Plusieurs comptes Telegram d’observateurs militaires russes ont toutefois critiqué mardi ces restrictions, craignant qu’elles n’entraînent une perte d’influence du récit pro-Kremlin sur la scène informationnelle locale et mondiale. « Le système d’information russe se replie de plus en plus sur lui-même et il est peu probable qu’il ait un quelconque impact à l’étranger », a réagi le compte Dva Maïora, suivi sur Telegram par 1,2 million d’utilisateurs. Telegram est le canal de diffusion principal de nombreuses chaînes de militants pro-Kremlin, ainsi que d’unités militaires russes
La Russie a multiplié ces dernières années les mesures restreignant la liberté d’expression sur internet, qui a longtemps été l’un des derniers espaces où des voix critiques pouvaient s’exprimer. Fin juillet 2025, Vladimir Poutine a promulgué une loi punissant les recherches sur internet de contenus classés « extrémistes » et qui interdit de faire la promotion des VPN, des systèmes très utilisés en Russie pour contourner la censure…
Viber, WhatsApp, YouTube, les services Google, Twitter, Facebook et Instagram ont déjà été bloqués ou sévèrement restreints. Avec Telegram, le dernier grand canal de communication de masse encore accessible est désormais menacé. La Russie est classée 171e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse et de l’information de l’association Reporters sans frontières.
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