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« Hystérie collective », par Lionel Shriver

Hystérie collective est le dernier roman de l’Américaine Lionel Shriver, sniper de talent ayant en ligne de mire les travers de la société occidentale : l’épidémie d’obésité, le système de santé, l’addiction au sport, ou encore la violence juvénile et les tueries dans les lycées. Elle ui a notamment publié l’excellent We need to talk about Kevin, adapté avec succès au cinéma en 2011.

Entre dystopie et satire, Hystérie collective décrit une Amérique en proie dès 2011 à l’anti-intellectualisme le plus extrême : le mouvement dit de la « Parité Mentale » s’est alors imposé et lutte très activement depuis l’école maternelle jusqu’aux sommets de l’État contre l' »inégalité intellectuelle ». Ainsi sont désormais proscrits les devoirs, les notes, les tests, les examens, les entretiens d’embauche, les bilans de compétence ainsi que tous les mots permettant de qualifier l’intelligence ou le mérite.

Professeur de lettres à l’université Voltaire, Pearson Converse*, est à la fois la narratrice et le personnage principal de ce roman. Elle se questionne, s’inquiète, se raidit. Elle se demande comment les Etats-Unis ont pu en arriver là : comment le pays de la liberté d’expression peut-il sanctionner l’usage de simples mots ?  comment pourra-t-il préserver sa culture et sa  prospérité s’ils ne reconnaissent plus le mérite, ni l’ingéniosité ?

Heureusement, Pearson a un mari aimant et trois enfants, dont deux sont nés d’inséminations artificielles : elle a soigneusement choisi le donneur pour ses qualités intellectuelles. Ses deux ainés, Darwin et Zanzibar sont donc brillants, promis à un bel avenir. Lucy est la fille qu’elle a eue avec son mari. Elle est moins intelligente et ce détail se révélera crucial au cours de l’intrigue.

Pearson a aussi une excellente amie d’enfance, Emory. Cette talentueuse journaliste, séduisante et ambitieuse l’a accueillie comme une sœur dans sa famille au moment où Pearson fuyait ses parents, témoins de Jéhovah. Car oui, Pearson a déjà vécu l’enfer sectaire, l’absence de liberté d’expression, la pression mentale. Elle a grandi sous cloche mais, à 17 ans, elle a pris la décision douloureuse de plaquer sa famille pour vivre librement, se réfugiant dans celle d’Emory. Alors quand son pays sombre dans cette dictature douce de la « Parité mentale », elle se rebelle et croit pouvoir compter sur son acolyte.

Elle continue de penser et de s’exprimer librement : «c’est bien joli tout ça, sauf que se rouler en boule en attendant que la folie de l’égalitarisme intellectuel disparaisse va à l’encontre de ma nature. De surcroît, les hystéries collectives ne prennent pas fin. Si elles ne s’essoufflent pas, elles empirent […] Les activistes détestent que l’aboutissement de leur quête les prive de leur objectif : atteindre la terre promise laisse les croisés démunis. A part siroter une eau de coco dans une oasis utopique, les occupations sont inexistantes. La quête ne doit jamais prendre fin. Le but doit demeurer inatteignable. Et pour le garder inatteignable, on le rend de plus en plus radical » **. Le grand art de Lionel Shriver est de faire de ses lecteurs des complices de cette professeure anticonformiste qui refuse la nouvelle doxa et provoque malicieusement ceux qu’elle juge hypocrites et soumis. on se réjouit lorsqu’elle pousse ses contemporains dans leurs retranchements, délaissant les précautions oratoires pour les mettre face à leurs contradictions. L’obsession de Pearson pour les performances intellectuelles, alors qu’elle reconnaît elle-même ne pas être particulièrement intelligente, sa franchise sans faille, confinant à la brutalité, son caractère querelleur font d’elle une héroïne ambiguë (Celle de We need to talk about Kevin ne l’était pas moins). Sa colère est compréhensible : les conséquences de la négation des différences d’intelligence sur ses enfants sont catastrophiques. Les aînés s’étiolent, la plus jeune stagne. Pearson ne parvient pas à les sauver d’une école qui détruit méthodiquement ce qui fait la singularité de chacun d’entre eux. Elle se censure le moins possible dans le cercle privé afin de leur rendre la liberté que l’école leur dénie. Elle pensant qu’elle y est protégée par l’amour des siens et l’amitié d’Emory.

Mais rien n’arrête le rouleau compresseur de l’idéologie égalitariste : ni le rempart pamternel ni même la réalité. La chasse à l’intelligence qui se radicalise en fanatisme à mesure que le temps passe favorise la multiplication des erreurs médicales, les accidents, la fuite des cerveaux… Mais ses adeptes n’en ont cure, aveuglés par la conviction de faire le bien. Alors que le pays s’enfonce dans un marasme économique lié à son incapacité à produire de nouvelles élites, Pearson se verra trahie, puis dépossédée de ses biens, de ses liens mais défendra vaillamment son honneur.

Dans ce roman dérangeant, à travers la descente aux enfers de son anti-héroïne, Lionel Shriver pousse les dérives du mouvement de la Parité mentale jusqu’au bout. Tout cela est fictionnel bien sûr mais rappelle irrésistiblement un certain nombre de phénomènes survenus dans  les pays occidentaux ces dernières années : les entraves répétées à la liberté d’expression, la surveillance des individus, l’effacement progressif de la frontière entre la sphère privée et la sphère publique, la repentance obligatoire, l’omniprésence et l’omnipotence des agents de l’Etat sur les familles, la désagrégation des liens familiaux et amicaux servant des intérêts collectifs et pseudo-fraternels.

François Mauriac écrivait dans Vie et Mort d’un Poète que le rôle d’un romancier était de jeter des torches dans les abîmes de l’âme humaine. Avec Hystérie collective, Lionel Shriver s’acquitte une nouvelle fois de cette tâche avec un grand talent.


* Lionel Shriver a un grand sens de l’onomastique : elle s’est elle-même prénommée ainsi alors qu’elle est née Margaret Ann Shriver. Les noms de ses personnages et des lieux de ses romans sont toujours très réfléchis.

**page 91

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