Manifestations en Iran : le régime face à une nouvelle contestation étudiante
Un mois après de vastes manifestations, dont la violente répression a causé la mort de plus de 7 000 personnes en Iran selon les ONG (3 000 selon le bilan officiel des autorités), les étudiants du pays descendent dans la rue pour la quatrième journée d'affilée, ce mardi 24 février. Depuis samedi, jour du début du nouveau trimestre universitaire, plusieurs établissements du pays, notamment dans la capitale Téhéran, sont le théâtre de manifestations mais aussi d'affrontements entre opposants au régime et groupes pro-gouvernement.
Ces manifestations surviennent alors que les États-Unis font planer des menaces d'intervention militaire en Iran si aucun accord sur le nucléaire n'est trouvé. Mardi, les manifestations ont repris dans plusieurs universités du pays. Selon une vidéo relayée par la chaîne Telegram Anjmotahed, des étudiants de l'Université de Téhéran ont scandé "Par le sang des camarades, nous tiendrons jusqu'à la fin", malgré la présence de nombreux Bassidji, ces groupes paramilitaires déployés pour réprimer les manifestations anti-gouvernement. Selon Iran Wire, les étudiants de l'Université Shahid Beheshti de Téhéran ont entamé une marche de protestation ce mardi matin. À l'Université des Beaux-Arts, les manifestants ont scandé "Mort au dictateur" ou encore "Khamenei, monstre, nous t'enterrons", toujours selon la chaîne Telegram Anjmotahed.
Pro-government and anti-government demonstrators clash at the Amirkabir University of Technology in Tehran, with additional protests and actions taking place this morning at universities across Iran. pic.twitter.com/kJlPrvLBe7
— OSINTdefender (@sentdefender) February 22, 2026
"Vive le chah"
Silencieux depuis le début des manifestations, le pouvoir iranien a finalement réagi, ce mardi, affirmant que les étudiants avaient le droit de manifester mais qu'ils devaient "comprendre les lignes rouges". "Les choses sacrées et le drapeau sont deux exemples de ces lignes rouges que nous devons protéger et ne pas franchir ou dépasser, même au plus fort de la colère", a déclaré la porte-parole du gouvernement Fatemeh Mohajerani. Lundi, plusieurs vidéos montraient les protestations à l'Université féminine Al-Zahra, à Téhéran, où des slogans anti-gouvernement ont été entendus. Selon ces images, un drapeau iranien a justement été brûlé, un geste hautement symbolique alors qu'il a été adopté en 1979 après la révolution, portant le pouvoir actuel à la tête du pays.
Bousculé par des manifestations intérieures et fragilisé par les menaces américaines, le régime des mollahs voit le spectre du chah revenir par ces manifestations étudiantes. De nombreux militants étudiants, à l'instar de ceux de l'Université de technologie Sharif ou de celle de Sadjad, filmés en train de scander "vive le chah", crient leur soutien à l'ancien dirigeant iranien, qui a quitté le pouvoir après la révolution de 1979. Alors qu'il tente de profiter de la situation pour revenir aux affaires, le petit-fils du dernier chah, Reza Pahlavi, a également été cité à plusieurs reprises et le drapeau iranien orné du lion, symbole de sa famille, déployé.
Protesters raise the Lion and Sun Flag, representing the Pahlavi Dynasty, over the Sharif University of Technology in the Iranian capital of Tehran. pic.twitter.com/nyCC0nGgMr
— OSINTdefender (@sentdefender) February 22, 2026
Étudiants interdits de campus
Depuis le début des protestations samedi, plusieurs violences ont eu lieu dans les universités, notamment entre les manifestants et des groupes pro-gouvernement. Mais la répression des émeutes de janvier pèse dans les esprits des étudiants. Le début de ces nouveaux rassemblements contre le pouvoir en place a notamment coïncidé avec des cérémonies traditionnelles organisées après 40 jours pour pleurer les personnes tuées par les forces de l'ordre lors des dernières manifestations, les plus violentes depuis la révolution islamique de 1979.
Dans un rapport publié lundi, la télévision d'État a reconnu que des rassemblements anti-gouvernement "limités" avaient eu lieu dans plusieurs universités. Selon l'agence de presse Mehr, proche du pouvoir en place, une "poignée d'étudiants" ayant participé aux manifestations à l'Université Sharif ont été interdits de campus jusqu'à nouvel ordre.