Le cofondateur de VLC menace de s'exiler : Jean-Baptiste Kempf accuse Gérald Darmanin
Jean-Baptiste Kempf, figure emblématique de la tech française et président de l’association VideoLAN, a publié un message incendiaire sur le réseau social LinkedIn le 23 février, pourtant un réseau peu habitué aux polémiques, menaçant de s’expatrier.
À l’origine de sa colère : le refus par le ministère de la Justice de valider l’inscription de son épouse, Audrey, au concours professionnel de l’ENM. Malgré un master en droit et dix années d’expérience juridique bénévole au sein de VideoLAN, impliquant des affaires complexes comme des violations de brevets et de droits d’auteur, ainsi que des contrats internationaux, elle s’est vu opposer une « insuffisance d’activité juridique qualifiante ».
Kempf dénonce une décision absurde, alors que la magistrature manque de profils experts en numérique. « Le mieux, c’est lorsque M. Darmanin écrit que “le numérique[…] et le droit du numérique ne sont pas utiles au magistrat de l’ordre judiciaire” », s’indigne-t-il.
Après des recours gracieux, hiérarchiques et deux référés rejetés par le Conseil d’État, il accuse le garde des Sceaux de silence coupable : « Le Garde des Sceaux manque manifestement de courage ».
Gérald Darmanin a réagi dans les commentaires, affirmant n’avoir pas été saisi directement et invitant à un recours personnel. « J’espère que votre honnêteté vous poussera à modifier votre post qui est donc inexact et, permettez-moi de vous le dire, légèrement agressif », a-t-il écrit. Kempf a persisté, rappelant les tentatives de contact. Le ministre a promis d’examiner le dossier, exprimant son respect pour « le parcours d’Audrey » et le besoin de compétences numériques en justice.
Ce conflit illustre les frustrations face à une administration perçue comme rigide, alors que VLC rayonne mondialement. Le couple a investi près de 100 000 euros dans cette reconversion, pour un résultat amer. Gérald Darmanin, qui se positionne pour 2027, va devoir manœuvrer agilement pour éviter de se voir accuser de favoritisme ou de faiblesse.