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Héritiers sans héritage: la révolte «antifasciste» devenue dogme

Notre chroniqueur revient sur les tentations miliciennes et la confusion morale à gauche.


Il y a, dans l’affaire de la Jeune Garde, quelque chose de dérisoire et de révélateur à la fois : dérisoire par la théâtralité de ces groupuscules qui rejouent la guerre civile comme un folklore militant ; révélateur par la complaisance dont ils bénéficient dans certains milieux politiques et médiatiques qui, tout en feignant la distance, s’accommodent de leur existence comme d’un prolongement utile de leur imaginaire de lutte.

La Jeune Garde — milice autoproclamée antifasciste, nourrie d’une rhétorique de combat et d’une esthétique de la confrontation — incarne cette mutation inquiétante d’une gauche radicale qui ne se contente plus de discourir, mais cherche dans l’affrontement physique la preuve de sa vertu. Les liens, réels ou tacites, avec les Insoumis ne relèvent pas nécessairement d’une organisation structurée ; ils tiennent plutôt d’une porosité morale, d’une communauté de langage et d’ennemis désignés. On ne commande pas ces groupes : on les légitime par l’atmosphère que l’on crée.

Ce qui se joue là n’est pas tant une dérive marginale qu’un symptôme d’époque : la radicalité comme spectacle, la violence comme posture morale, la confusion entre engagement politique et dramaturgie militante. Et c’est dans ce climat que s’inscrit la question plus vaste des héritiers d’une révolte qui, privée de révolution, s’est transformée en orthodoxie.

Héritiers sans héritage

Les héritiers d’une révolte figée en dogmes ne voient en l’Occident que corruption et décadence. Ils en viennent à défendre l’indéfendable : des régimes autoritaires, des pouvoirs prédateurs, des discours de haine travestis en lutte pour l’émancipation. La question mérite d’être posée : les Insoumis d’aujourd’hui ne servent-ils pas, à leur corps défendant, de relais idéologique pour des puissances qui prospèrent sur la dénonciation de l’Occident ?

Il n’est pas nécessaire de supposer une alliance secrète entre la gauche radicale française et Alger, Téhéran ou Gaza. L’explication est plus profonde, presque anthropologique : elle tient à une généalogie culturelle. Les Insoumis ne sont pas les complices d’un pouvoir étranger ; ils sont les produits d’un héritage sans transmission vivante, d’une mémoire idéologique devenue réflexe moral.

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Ils portent en eux la survivance fossilisée d’une contre-culture née dans les années 1960, laquelle, faute d’avoir bouleversé le monde, a choisi de le juger en permanence.

De la révolte à l’orthodoxie

Les années 60 furent un moment d’intensité réelle : un désir d’émancipation, une insurrection contre les hypocrisies bourgeoises, une contestation de la guerre et des hiérarchies. Mais la révolution n’advint pas ; elle laissa place à une liturgie. Ce qui était cri devint slogan, et le slogan devint dogme. Ce qui était expérience devint doctrine.

Ainsi s’est constitué un catéchisme séculier : humanité sans frontières, culpabilité occidentale, sacralisation de la victime, soupçon permanent envers la nation et la tradition… Transmis par l’université, les médias, l’école, ce corpus a fini par produire une génération convaincue de sa radicalité alors même qu’elle ne fait que répéter. Là où régnait la critique, s’est installée une orthodoxie. Et cette orthodoxie, paradoxalement, s’impose avec une intolérance qu’elle prétend combattre.

La fascination pour l’ennemi

Toute orthodoxie a besoin d’une figure rédemptrice. Pour cette gauche héritière de la défaite révolutionnaire, l’ennemi de l’Occident devient le témoin d’une pureté perdue.

Hier, c’était le guérillero vietnamien, le combattant du FLN, le paysan maoïste. Aujourd’hui, ce rôle est tenu par d’autres figures : le migrant mythifié, le Palestinien absolutisé, l’influenceur algérien dont l’invective devient signe d’authenticité. La contradiction est flagrante : les défenseurs autoproclamés de la liberté occidentale trouvent des circonstances atténuantes aux régimes qui la nient. Mais cette contradiction n’en est pas une pour eux ; elle constitue le cœur de leur vision morale. Si l’Occident est coupable, alors toute hostilité à son égard acquiert une légitimité quasi sacrée.

La transmission déformée

L’échec politique des révoltes des années 60 a engendré une translation idéologique : faute d’avoir transformé les structures, leurs héritiers ont transformé les consciences. La solidarité universelle devient devoir d’accueil absolu. La critique sociale devient procès permanent de l’Occident. Le féminisme se mue parfois en manichéisme. L’universalisme se rigidifie en moralisme excluant.

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Le monde se simplifie : oppresseurs contre opprimés, coupables contre victimes. Et dans cette cartographie binaire, Israël et la France deviennent des figures commodes de la culpabilité occidentale.

De la subversion à l’autoritarisme moral

Le paradoxe ultime réside dans cette métamorphose : la révolte contre l’autorité a produit une nouvelle forme d’autoritarisme. Non plus celui de l’État, mais celui du langage et de la morale. La dissidence devient faute. La nuance devient soupçon. Le débat devient violence symbolique.

Dans ce contexte, l’extrême gauche française — et particulièrement les Insoumis — incarne moins une force de rupture qu’un conservatisme idéologique, attaché à un imaginaire de lutte dont la réalité a disparu.

Dès lors, leur fonction d’« idiots utiles » ne relève pas d’une trahison consciente mais d’une convergence grammaticale: dénoncer l’Occident comme source du mal. Cette convergence suffit à créer des alliances implicites, des échos, des complaisances.

Le symptôme d’une fatigue civilisationnelle

Nous assistons à la lente transformation d’une mémoire révolutionnaire en appareil idéologique. Le romantisme libertaire s’est mué en conformisme moralisateur; la révolte s’est faite liturgie; la critique s’est changée en accusation. Les Insoumis apparaissent alors moins comme les adversaires de l’Occident que comme les symptômes de son épuisement. Ils incarnent la manière dont une civilisation fatiguée produit en son sein les discours qui la délégitiment, les milices symboliques qui rejouent sa guerre civile imaginaire, les héritiers sans héritage d’une révolution qui n’eut lieu que dans les mots.

Et c’est peut-être là le plus troublant : non pas la violence de ces groupuscules ou l’excès de ces discours, mais la mélancolie d’une culture qui, ayant perdu confiance en elle-même, confie à ses propres enfants le soin de prononcer son procès.

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