La SNCF est une gabegie… et tout le monde s’en réjouit !
Le 26 février, la SNCF a publié sur son site les résultats annuels 2025 du groupe. Chiffre d’affaires stabilisé à 43 milliards d’euros (en baisse de 0,3 %), résultat net de 1,8 milliard d’euros (en hausse de 16 %), investissements de 5,7 milliards d’euros, dette nette de 24,3 milliards d’euros (en baisse de 470 millions d’euros)…
Quelle n’a pas été notre surprise de constater, dans la presse traditionnelle, que ces chiffres ont été repris de façon élogieuse, sans aucunement mentionner une autre réalité, pourtant bien étayée dans les rapports de différentes institutions : la SNCF est arrosée de subventions et sa gestion est catastrophique. Quelle serait sa situation financière sans l’apport de l’argent du secteur privé ? Des médias ont par exemple mentionné les 35 milliards d’euros de dettes rachetées par l’État, mais sans donner plus d’information sur le coût total du groupe pour les contribuables. Selon une note de Fipeco, ce coût pour les ménages et les entreprises était de 20,3 milliards d’euros en 2023, soit près de la moitié du chiffre d’affaires du groupe ferroviaire (et ce montant ne prend même pas en compte le prix des billets de train !).
Tout porte à croire que la SNCF coûte de plus en plus cher aux contribuables : dans un rapport d’information, la commission des finances du Sénat avait montré qu’entre 2015 et 2020, les transferts publics qui lui ont été versés (subventions pour le réseau, les investissements, l’exploitation, redevances d’infrastructures, régime de retraite) ont progressé d’environ 25 %. Au sujet de la dette, la commission avait conclu que sa maîtrise demeurait un « objectif très incertain » et ce, malgré la reprise de ces fameux 35 milliards par l’État.
Les « spectaculaires profits » de la SNCF en 2025 s’expliquent avant tout par la hausse de fréquentation du train, et non par des changements structurels ou une meilleure gestion de l’entreprise – laquelle est, d’ailleurs, toujours prête à imposer de nouvelles taxes pour financer la rénovation de son réseau. En attendant, la SNCF est régulièrement épinglée par des institutions comme le Sénat pour ses modèles économiques « dans l’impasse », pour sa compétitivité moindre par rapport à ses concurrents européens et pour son absence de culture de la performance. Entre les chiffres annoncés à la galerie avec des roulements de tambour et la réalité des coulisses, non, il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir.
L’article La SNCF est une gabegie… et tout le monde s’en réjouit ! est apparu en premier sur Contrepoints.