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PPE3 : Agnès Pannier-Runacher répond à notre chroniqueuse Cécile Maisonneuve

Dans sa chronique publiée dans L’Express, Cécile Maisonneuve livre une lecture surprenante de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Cette analyse reprend sur certains points les approximations et amalgames qu’on a pu entendre chez les semeurs de doutes au service des énergies fossiles. Revue de détails des cinq prétendus mythes qui, selon cette chronique, auraient aveuglé le gouvernement dans l’élaboration de cette programmation.

1/ Le gouvernement parierait sur le fait que "la consommation d’électricité augmentera massivement"

Contrairement à ce qu’affirme Cécile Maisonneuve, la PPE ne "parie" pas sur une explosion aveugle de la demande d’électricité, elle travaille à organiser sa mise en œuvre. C’est même le cœur de notre stratégie énergétique : remplacer un système énergétique historiquement centré sur des fossiles importées et carbonées par un système énergétique fondé sur des énergies bas carbone produites en France, au premier rang desquelles se trouve l’électricité. Dans cette approche stratégique, production et consommation d’électricité doivent progresser concomitamment.

Pourquoi ce choix ? Parce que même si nous pouvons compter sur la sobriété, l’efficacité énergétique et, dans une moindre mesure, la biomasse ou la géothermie, nous savons pertinemment que cela ne suffira pas à remplacer l’énorme quantité de gaz naturel et de pétrole que nous importons et consommons aujourd’hui. Il nous faut donc produire et consommer plus d’électricité. Et il est urgent de le faire pour trois raisons. D’abord parce que 60 % de notre consommation en énergie repose encore sur des combustibles fossiles importés à 99 %. Et ceux qui nous fournissent ne font pas mystère de leur souhait de faire de ces énergies des armes d’asservissement économique et géopolitique. Faut-il donc attendre un nouveau conflit, en Iran par exemple, pour mesurer à quel point il est douloureux de ne pas maîtriser notre approvisionnement en énergie ?

La deuxième raison est économique. Les solutions électriques sont souvent plus performantes que leurs équivalents fossiles. Un moteur électrique consomme environ trois fois moins d’énergie qu’un moteur thermique équivalent. S’il fallait repartir de zéro, les solutions électriques s’imposeraient haut la main dans la plupart des usages. Le problème aujourd’hui c’est de financer le coût du changement d’un système largement amorti vers un système nouveau. Enfin, sur le plan climatique, réduire nos émissions de gaz à effet de serre suppose de réduire notre consommation de fossiles. Il n’y a pas d’alternative crédible à cette substitution.

L’électrification des usages est donc un objectif stratégique dont la difficulté n’est pas sous-estimée. Il s’agit même d’un plan accompagné d’outils précis : électrification des véhicules légers et lourds, remplacement du chauffage au gaz et au fioul par des pompes à chaleur ou des réseaux de chaleur, décarbonation industrielle.

2/ Le gouvernement penserait que "les Français sont devenus indifférents aux prix" ?

Certainement pas. La question du prix est centrale. Sans visibilité sur les coûts, il n’y a ni acceptabilité sociale, ni décisions d’investissement. La PPE prévoit ainsi explicitement des leviers pour contenir les prix : augmentation de la production nucléaire en augmentant le taux de charge de nos réacteurs nucléaires existant (ce qui diminue le coût de production de l’électricité), optimisation des dépenses de réseaux plutôt que dépenses à tout va, baisse du recours au petit photovoltaïque qui n’est pas aussi compétitif que les autres énergies renouvelables, poursuite de la sobriété énergétique…

3/ Le gouvernement penserait que "la politique proposée par la PPE garantirait des prix durablement bas" ?

La PPE ne fait aucune promesse. Elle donne en revanche des ordres de grandeur pour éclairer les choix publics et privés et organise un suivi régulier des coûts. Et si la France peut se prévaloir aujourd’hui d’une électricité 50 % moins cher que l’Allemagne sur les marchés de gros, c’est bien parce que les gouvernements précédents ont été obsédés par la question du prix de l’énergie et ont poussé en 2022 une stratégie basique mais efficace. Cette stratégie ? Produire plus et consommer moins à usages équivalents pour résorber les tensions d’approvisionnement sur l’électricité et donc les tensions sur les prix. Produire en exigeant d’EDF d’améliorer la performance industrielle de ses réacteurs nucléaires et en développant le renouvelable ; consommer moins en mettant en place un Plan sobriété qui a permis d’économiser de manière structurelle près de 10% de notre consommation d’électricité. Basique et efficace !

Résultat ? Notre voisin d’outre-Rhin est contraint de prendre des mesures de soutien pour ses entreprises pour réduire son écart de compétitivité avec la France… J’entends déjà la critique : vous voulez à la fois diminuer et augmenter la consommation d’électricité… C’est incohérent ! En réalité non. Car il s’agit bien à la fois de remplacer du fossile par de l’électricité dans de nouveaux usages (les transports, le chauffage, l’industrie) et d’éviter chaque fois que c’est possible de gaspiller l’énergie. Rien que de très logique au final.

4/ Le gouvernement estimerait qu’"un nouveau nucléaire à 100 euros du MWH serait anodin" ?

La PPE couvre la période 2026-2035. Les premiers réacteurs nucléaires de notre nouveau programme arriveront sur le réseau à partir de 2038. Il est donc faux de dire que cette PPE consacre une augmentation du prix du nucléaire. Certes, elle autorise bien le lancement de la construction de six nouveaux réacteurs, mais c’est pour faire face au remplacement de ses 56 réacteurs nucléaires qui ne manqueront pas d’arriver un jour en fin de vie… Est-ce à partir de 2040 où ils auront presque 60 ans… ou vers 2050 où ils atteindront 70 ans ? Les autorités de sûreté nucléaire nous le diront mais rien ne serait plus dangereux que de ne pas anticiper "l’effet falaise" lié à ce vieillissement de notre première source de production électrique.

A quel prix ? Au meilleur évidemment ! C’est tout l’enjeu des revues de programme qui ont été mises en place au niveau de l’Etat sur le nouveau nucléaire pour s’assurer que le projet d’EDF reste le plus compétitif possible. Il est donc difficile de prétendre que le gouvernement serait indifférent à la performance du futur nucléaire. On se rejoindra en revanche sur le fait que les débats à venir sur le financement du nouveau nucléaire, le partage du risque et la protection des consommateurs seront clé.

5/ Le gouvernement considérerait que "la France a les moyens de tout subventionner" ?

Rien n’est moins vrai. L’État assume qu’il n’a ni vocation, ni capacité à tout financer. Son rôle est d’orienter les choix et de donner de la visibilité à long terme.

Il sécurise les investissements par des contrats de long terme, mais assume de soutenir en priorité les projets les plus compétitifs. L’enjeu est simple : garantir que l’argent public serve efficacement l’intérêt collectif. C’est précisément l’objectif de la mission confiée à Messieurs Levy et Thuot, chargés de proposer des ajustements pour mieux cibler les soutiens aux énergies renouvelables et au stockage. Et des mesures prises ces dernières années pour orienter l’argent public vers les meilleurs projets.

On le voit. La Programmation pluriannuelle de l’énergie dote notre pays d’une vision pour sortir de sa dépendance aux fossiles. Mais il ne faut pas lui prêter une portée qu’elle n’a pas. Ce n’est pas ce texte qui fera la compétitivité industrielle de notre nouveau nucléaire, ni celle de nos projets de renouvelables. La PPE fixe un cap important. Mais c’est dans l’exécution de cette profonde transformation de notre système énergétique que se jouera l’avenir de notre compétitivité énergétique. La partie ne fait que commencer.

*Agnès Pannier-Runacher est députée Ensemble pour la République du Pas-de-Calais et ancienne ministre de la Transition écologique.

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