Chômage des entrepreneurs : le vrai problème n’est pas l’échec, mais l’environnement économique
En 2025, 61 459 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi (environ 168 par jour). C’est le constat de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs (GSC-Altares). Le phénomène se stabilise par rapport à 2024 (+ 1 %), mais reste à un niveau historiquement élevé. Certains secteurs sont particulièrement exposés : la construction représente 25,2 % des liquidations judiciaires, même si la situation s’améliore légèrement (- 3 %). Dans l’hébergement, la restauration et les débits de boisson, elles sont en hausse de 7,6 %.
Comme le rappelle Hervé Kermarrec, président de l’association GSC, sur RMC, l’échec fait partie intégrante de l’aventure entrepreneuriale. Créer une entreprise implique de prendre des risques – financiers, professionnels et personnels – avec la possibilité réelle de devoir mettre la clé sous la porte. La question est de permettre aux entrepreneurs de rebondir rapidement, en particulier dans un contexte culturel où l’échec est mal vu et propice au découragement, au lieu d’être perçu comme une opportunité pour rebondir.
Encore faudrait-il que l’environnement économique favorise cette prise de risque. Or, c’est précisément ce que dénoncent de nombreux dirigeants : le poids des charges sociales, des impôts et des réglementations (qu’elles soient françaises ou européennes) constitue souvent un obstacle plus lourd que la concurrence ou la conjoncture. Les données de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs montrent que plus de 8 dirigeants sur 10 touchés étaient à la tête d’entreprises de moins de cinq salariés. Ces très petites structures disposent de peu de trésorerie et absorbent difficilement les hausses de coûts imposées par la réglementation ou la fiscalité.
Il est difficile d’entreprendre en France. C’est peut-être pourquoi ceux qui réussissent ont d’autant plus de mérite dans notre pays. Faciliter le rebond entrepreneurial suppose évidemment de les accompagner après un échec, comme le fait l’association GSC avec son assurance chômage. Mais la réforme la plus efficace resterait sans doute la plus simple : alléger considérablement les charges et les normes qui pèsent sur ceux qui prennent le risque de créer de la richesse et de l’emploi. C’est ce qu’a fait et continue de faire le président Javier Milei en Argentine, pour des résultats plus que probants : le taux de chômage est au plus bas depuis les années 90.
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