Gaza : le réseau internet coupé après une attaque sur une ligne de fibre optique
Après le veto américain ayant empêché le Conseil de sécurité de réclamer un cessez-le-feu à Gaza, l’Assemblée générale de l'ONU va tenter ce jeudi 12 juin d’augmenter la pression sur Israël en appelant à "toutes les mesures nécessaires" pour lui faire respecter le droit international.
Comme le texte bloqué au Conseil la semaine dernière par les Etats-Unis déterminés à protéger leur allié israélien, le projet de résolution non contraignante "exige un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent" à Gaza ainsi que la libération des otages. Mais le texte, qui sera soumis au vote d’une Assemblée traditionnellement acquise à la cause palestinienne, va plus loin, mettant directement en cause Israël. Il "exige qu’Israël, puissance occupante, mette immédiatement fin au blocus, ouvre tous les points de passage" et permette la distribution de l’aide humanitaire "en quantité suffisante" dans tout le territoire palestinien où la situation est désastreuse après plus de 20 mois de guerre. Il condamne également "fermement toute utilisation de la famine contre des civils comme méthode de guerre et le refus illicite de l’accès humanitaire".
Les infos à retenir
⇒ Le réseau internet coupé à Gaza après une attaque sur une ligne de fibre optique
⇒ Israël accuse le Hamas d'"instrumentaliser la souffrance à Gaza" après la mort de cinq humanitaires
⇒ Israël annonce le retour des dépouilles de deux otages de Gaza
Gaza : le réseau internet coupé après une attaque sur une ligne de fibre optique
Le ministère palestinien des Télécommunications a affirmé jeudi que les réseaux de téléphonie et internet étaient coupés dans l'ensemble de la bande de Gaza, en raison d'une "attaque sur la dernière ligne principale de fibre optique encore en service" dans ce territoire.
"Cette dangereuse escalade contre les infrastructures de télécommunications menace de couper complètement la bande de Gaza du monde extérieur", a déclaré dans un communiqué cette administration, qui dépend de l'Autorité palestinienne siégeant à Ramallah, accusant Israël d'être à l'origine de l'attaque.
"Le sud et le centre de la bande de Gaza ont désormais rejoint la ville de Gaza et le nord de la bande, qui sont complètement isolés pour la deuxième journée consécutive", a détaillé le ministère dans un communiqué. "Les appels mobiles sont toujours possibles (mais) avec une capacité très limitée" dans la bande de Gaza, a précisé Maysa Monayer, porte-parole du ministère palestinien des Télécommunications.
Des correspondants de l'AFP ont confirmé que les communications étaient très difficiles dans l'ensemble du territoire depuis plus de 24 heures.
Israël accuse le Hamas d'"instrumentaliser la souffrance à Gaza" après la mort de cinq humanitaires
Le ministre israélien des Affaires étrangères a accusé jeudi le Hamas d'"instrumentaliser la souffrance à Gaza" après que la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) a affirmé que le mouvement islamiste palestinien avait tué au moins cinq de ses travailleurs humanitaires. "Après les menaces, les mensonges et les perturbations (des distributions d'aide), ils ont recouru au meurtre de sang-froid", a déclaré Gideon Saar sur son compte X. "Le Hamas instrumentalise la souffrance à Gaza : il prive la population de nourriture, prend pour cible ceux qui aident à sauver des vies et abandonne son propre peuple", a-t-il ajouté.
Dénonçant une "attaque odieuse et délibérée" visant ses activités, la GHF, soutenue par Washington et Israël, a affirmé qu’au moins cinq de ses employés palestiniens avaient été tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans une attaque du Hamas, après un nouvel épisode meurtrier en marge de ses opérations. "Cette nuit, vers 22h, heure de Gaza, (21h heure française), un bus transportant plus d’une vingtaine de membres de l’équipe de la Fondation humanitaire de Gaza […] a été violemment attaqué par le Hamas", a déclaré l’organisation dans un communiqué, précisant que les employés présents dans le véhicule étaient tous palestiniens.
"Nous sommes encore en train de faire le point, mais ce que nous savons est terrible : il y a au moins cinq morts, plusieurs blessés, et nous craignons que certains membres de notre équipe aient été pris en otage", a-t-elle déploré. La GHF est déployée depuis fin mai dans le territoire palestinien, où elle affirme avoir distribué plus d’un million de repas. Nombre de ces distributions ont donné lieu à des scènes meurtrières près de ses sites. L'hôpital Al-Awda du camp de Nousseirat (centre) a encore fait état tôt jeudi de quatre Palestiniens tués et 100 blessés lors d'une attaque par un drone israélien sur un rassemblement près d'un centre de l'organisation.
Israël annonce le retour des dépouilles de deux otages de Gaza
Les forces israéliennes ont récupéré les dépouilles de deux otages dans la bande de Gaza, ont annoncé mercredi l’armée et le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, alors qu’Israël poursuit son offensive dans le territoire palestinien. Un communiqué de l’armée indique que la dépouille de Yaïr Yaakov, enlevé lors de l’attaque du mouvement islamiste Hamas le 7 octobre 2023 en Israël et tué le même jour, et celle d’un autre otage, ont été retrouvées au cours d’une opération dans le sud de la bande de Gaza.
"Lors d’une opération conjointe de l’armée et du Shin Bet (agence de sécurité intérieure), la dépouille de l’otage Yaïr Yaakov et celle d’un autre otage dont le nom n’a pas encore été autorisé à la publication, ont été récupérées dans la région de Khan Younès", précise l’armée. De son côté, Benyamin Netanyahou a confirmé que les dépouilles de deux otages, dont celle de Yaïr Yaakov, avaient été ramenées en Israël. "Nous n’aurons de cesse que tous nos otages - les vivants comme les morts - soient ramenés à la maison", a déclaré le Premier ministre dans un communiqué de son bureau.
L'opposition israélienne échoue à dissoudre le Parlement
Le Parlement israélien a rejeté jeudi matin à une courte majorité un projet de loi présenté par l'opposition visant à sa dissolution, après la conclusion d'un accord entre Benyamin Netanyahou et les partis ultra-orthodoxes de sa coalition. Au total, 61 députés sur les 120 que compte la Knesset ont voté contre le texte, et 53 pour, en lecture préliminaire. S'il avait été adopté, ce projet de loi aurait pu mener à des élections anticipées.
L'ensemble des partis d'opposition avaient présenté le texte alors que la majorité apparaissait désunie sur l'épineuse question de la conscription des juifs ultra-orthodoxes. Ceux-ci bénéficient depuis des décennies d'une exemption de plus en plus mal acceptée par la société israélienne, alors que le pays est en guerre contre le Hamas. L'opposition espérait faire tomber le gouvernement, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, en tentant de rallier les partis ultra-orthodoxes alliés du Premier ministre Benyamin Netanyahou, et qui avaient menacé de le lâcher.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich (extrême droite), a déclaré lors de la session plénière de la Knesset que faire tomber le gouvernement en temps de guerre constituerait un "danger existentiel" pour Israël. Après l'échec de sa tentative, l'opposition devra attendre six mois pour retenter de dissoudre la Knesset.
Rima Hassan et les autres Français retenus en Israël vont être expulsés
Les quatre militants français pro-palestiniens encore retenus en Israël, dont la députée européenne La France insoumise (LFI) Rima Hassan - qui a été brièvement placée à l’isolement selon une ONG - seront expulsés ce jeudi et vendredi, a annoncé la diplomatie française. "Merci à nos agents pour leur mobilisation admirable qui a permis cette issue rapide, en dépit du harcèlement et de la diffamation dont ils ont été l’objet", a écrit sur le réseau social X le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, alors que LFI accuse les autorités françaises "d’inaction insupportable" depuis l’arraisonnement "illégal" lundi par Israël d’un voilier vers Gaza, le Madleen, avec 12 militants pro-palestiniens à bord.
Le retour en France de Rima Hassan et d’un autre ressortissant français est prévu ce jeudi soir à Roissy-Charles-De-Gaulle, aéroport où arriveront vendredi soir deux autres militants qui naviguaient sur le bateau, a appris l’AFP de source aéroportuaire.
Mais la nouvelle a été accueillie avec prudence et méfiance par le mouvement de gauche radicale La France insoumise. "Il se dit que Rima Hassan et ses coéquipiers prisonniers seraient expulsés demain. […] Pour l’instant Rima Hassan est à l’isolement pour avoir écrit ‘Free Palestine’ sur le mur de sa cellule. On l’a croira libérée quand on la verra à Paris. D’ici-là on se mobilise et on méprise ses geôliers et leurs complices ici", a écrit sur X le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon. Au total, 12 militants français, allemand, brésilien, turc, suédois, espagnol et néerlandais, dont la Suédoise Greta Thunberg, étaient partis d’Italie le 1er juin à bord d’un voilier pour "briser le blocus israélien" de Gaza.