Les médecins sont en grève contre le budget de la Sécu
Entre le 5 et 15 janvier 2026, les Français vont avoir encore plus de difficultés que d’habitude à trouver un médecin. Tous les syndicats de médecins libéraux, mais aussi des organisations d’internes et d’étudiants et la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), appellent à cesser le travail pour une ou plusieurs journées entre ces deux dates.
Les professionnels de santé contestent plusieurs mesures du budget de la Sécurité sociale adopté en fin d’année 2025. Le « dispositif de lutte contre les rentes constituées dans le système de santé » est particulièrement visé. Il permet, en effet, à l’Assurance maladie de décider unilatéralement de la baisse de la rémunération de certains actes en cas d’échec des négociations avec les professionnels.
De même, le déremboursement des actes et prescriptions réalisées par les médecins en secteur 3 (non conventionnés) suscite la colère chez les quelque 1000 professionnels concernés. Jusqu’à présent, les consultations donnaient droit à un remboursement symbolique sur un « tarif d’autorité » de l’ordre de 0,61 € pour un généraliste et 1,22 € pour un spécialiste. Les ordonnances, en revanche, étaient remboursées dans les mêmes conditions que celles des médecins conventionnés. Ce ne sera plus le cas à compter du 1er janvier 2027. C’est évidemment un scandale, les patients du secteur 3 cotisant à la Sécu comme ceux du secteur 1.
Enfin, le projet de loi de « lutte contre les fraudes sociales et fiscales », qui sera examiné en séance publique à l’Assemblée nationale le 13 janvier, prévoyant un contrôle des arrêts de travail de longue durée, ajoute de l’huile sur le feu.
Franck Devulver, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) prétend que ces mesures risquent de casser le système de santé à force de « prendre la médecine libérale pour cible ».
Il est vrai que la médecine est de moins en moins libérale et de plus en plus fonctionnarisée. Mais comment pourrait-il en être autrement avec une Sécurité sociale tentaculaire et incapable d’être à l’équilibre budgétaire ? Elle ne survit qu’en produisant de la dette et des contraintes réglementaires, et en restreignant le service rendu pourtant de plus en plus onéreux.
Le système n’est pas à réformer. Il est à abolir. Seule une privatisation des assurances sociales permettra aux Français de choisir la couverture qu’il leur convient et aux professionnels de santé d’être vraiment libres. Les médecins libéraux l’ont-ils compris ?
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