Géant d'Adelboden: quinte royale pour Odermatt, Anguenot troisième
Impérial sous une neige drue, le quadruple détenteur du gros globe de cristal a dominé la première manche avant de boucler la seconde avec 49/100e d'avance sur le Brésilien Lucas Pinheiro Braathen et 68/100e sur Léo Anguenot.
Le Haut-Savoyard de 27 ans, constamment à l'attaque malgré la faible visibilité, signe son deuxième podium de Coupe du monde après sa deuxième place fin 2024 dans le géant d'Alta Badia - l'autre piste mythique de la spécialité, après Adelboden.
Le skieur de La Clusaz, qui a longtemps concilié alpin et ski nautique à haut niveau, offre aux géantistes français leur premier podium de cette saison olympique.
"Je suis super content d'avoir enfin réussi à faire deux manches pleines, du début à la fin", s'est réjoui Léo Anguenot auprès de la chaîne suisse RTS.
"C'était des conditions difficiles, de la glace, ce que j'affectionne aussi parce que j'ai un profil plutôt technique", a poursuivi le Français.
51e succès pour Odermatt
Dès l'étape de Val d'Isère mi-décembre, il promettait la reconstruction d'une "belle équipe de France technique, que ce soit en slalom ou en géant", où les Bleus peuvent "être huit en deuxième manche" s'ils skient comme à l'entraînement.
Sur la Chuenisbärgli, ils étaient avec six représentants la meilleure nation en seconde manche: Alexis Pinturault a fini 12e, Loévan Parand 16e, Alban Elezi Cannaferina 17e et Flavio Vitale 24e, alors que Thibaut Favrot est parti à la faute.
Mais Marco Odermatt est demeuré intouchable: avec ce 51e succès en Coupe du monde, le 29e en géant, le Nidwaldien de 28 ans fonce vers le podium des skieurs les plus victorieux dans l'histoire, la troisième place de l'Autrichien Hermann Maier (54 couronnes) en ligne de mire.
"Odi" reprend au passage le dossard rouge de leader de la spécialité, et s'envole un peu plus en tête du classement général, avec un matelas de 467 points sur son nouveau dauphin Lucas Pinheiro Braathen.
La revanche de Braathen
A Adelboden, étape mythique pour la difficulté de sa piste comme pour la ferveur de son public, la prouesse du héros local a été accueillie dans une atmosphère bien plus sobre qu'à l'accoutumée, une semaine après la catastrophe de Crans-Montana.
Les concurrents suisses portaient un brassard noir et les festivités du vendredi ont été annulées en hommage aux 40 morts et 116 blessés dans l'incendie d'un bar de cette station du Valais voisin, la nuit du Nouvel An.
"Malgré la tragédie qui nous bouleverse tous, le boulanger doit faire son pain et nous, skieurs, devons skier. Avec respect. Mais il nous appartient de continuer à célébrer les beautés de la vie", avait déclaré le Nidwaldien jeudi.
Avec ce nouveau podium, son 19e en Coupe du monde, Lucas Pinheiro Braathen conjure lui la malédiction d'Adelboden: non seulement il y avait été éliminé à quatre reprises en six géants, mais il s'y était gravement blessé au genou en 2021 en chutant juste avant la ligne (7e), au point de renoncer l'année suivante à l'entrée du mur final, tétanisé par la peur.
"J'ai travaillé si dur pour être simplement capable de voir la ligne d'arrivée", a déclaré le Brésilien - également Norvégien par son père -, très ému. "C'est une course qui signifie tant pour moi".