La France soutient l'inscription des Gardiens de la révolution sur la liste européenne des "organisations terroristes"
Mise sous pression par ses partenaires européens, la France a annoncé ce mercredi 28 janvier soutenir l'inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des "organisations terroristes" de l'Union européenne. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a par ailleurs confirmé que l'Union européenne prendrait jeudi à Bruxelles des sanctions contre les représentants iraniens "responsables des exactions" dans le pays. "Il ne peut y avoir d'impunité", at-il écrit sur le réseau social X. "L'insoutenable répression de la révolte pacifique du peuple iranien ne peut rester sans réponse".
Iran : il ne peut y avoir d’impunité.
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) January 28, 2026
L’insoutenable répression de la révolte pacifique du peuple iranien ne peut rester sans réponse. Son courage inouï face à la violence qui s'est abattue aveuglément sur lui ne peut rester vain.
Avec nos partenaires européens, nous prendrons…
Plus tôt dans la journée, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a affirmé que la France n'avait "aucun tabou" sur le statut à donner et a également jugé "infondées" les "critiques sur la prétendue faiblesse de la France" face à la répression engagée par le régime iranien.
Un nouveau train de sanctions européennes
Le bras armé du régime théocratique en Iran est accusé d'avoir joué un rôle clé dans la répression meurtrière des manifestations qui ont secoué le pays, et qui aurait fait jusqu'à 30 000 morts.
La France rejoint la voix de l'Italie et de l'Allemagne. Selon des diplomates européens, l'Espagne devrait suivre, Madrid ayant fait savoir à ses partenaires qu'elle ne s'opposerait pas au consensus si la France se prononçait en faveur de cette inscription. Selon les règles de l'Union européenne, la décision doit être prise à l'unanimité des 27 Etats membres.
Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept doivent se prononcer jeudi sur de nouvelles sanctions contre 21 responsables politiques et sécuritaires iraniens ainsi que dix entreprises impliquées dans la fabrication de drones. Les Gardiens de la révolution font déjà l'objet de sanctions européennes depuis 2021, mais celles-ci ont la forme de sanctions individuelles ou de gel de leurs avoirs. Le Parlement européen ainsi que la majorité des Etats membres plaident pour ajouter le Corps des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne. Jusqu'à maintenant, la France s'était toujours opposée à une telle décision, justifiant sa position par la nécessité de garder le dialogue diplomatique ouvert avec Téhéran.
Plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, ont déjà classé les Gardiens de la révolution iranienne comme organisation terroriste.