Non, Monsieur Farandou, l’économie française ne va pas bien !
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, a déclaré le 11 février 2026 sur BFM TV que « la France crée des emplois » et que « l’économie française résiste ». Il est conforté par la Banque de France qui, par la bouche de son nouveau chef économiste, Xavier Debrun, a qualifié l’économie française d’« imperturbable ». Au passage, il a confirmé les prévisions antérieures de son institution, à savoir que l’activité économique devrait croître « au rythme de 0,2% voire peut-être de 0,3% » au premier trimestre 2026, et donc de 1% sur l’ensemble de l’année. Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur pays du monde !
Cet optimisme des pouvoirs publics contraste fortement avec ce que les Français vivent au quotidien. Contrepoints l’a mentionné ces derniers jours : le chômage augmente considérablement et se rapproche désormais de 8%, les défaillances d’entreprises sont au plus haut, la balance commerciale agricole décroche, l’industrie automobile s’effondre…
Cette semaine, l’AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés, qui paie les salaires quand l’entreprise n’est plus en capacité de le faire) a publié son bilan 2025. Le moins que l’on puisse dire est qu’il est inquiétant : 2,233 milliards d’euros (Md€) ont été déboursés, « un montant record d’intervention », inédit depuis la création de l’AGS en 1974. « Les données disponibles, y est-il précisé, invitent à considérer que les difficultés économiques sont profondes et durables ».
Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, qui commente les chiffres, note qu’avec « plus de 68.500 défaillances, 2025 marque la cinquième année consécutive de hausse des défaillances, une dynamique inédite depuis la crise financière de 2008 ». Il relève une évolution notable et inquiétante : « Les défaillances touchent davantage des emplois à forte intensité de compétences, associés à des niveaux de rémunération plus élevés et à des trajectoires professionnelles stables […]. Cette inflexion suggère que les tensions actuelles ne se limitent plus aux segments traditionnellement les plus fragiles du marché du travail. »
Et la situation ne s’améliore pas. S’exprimant sur France inter le 5 février, Antonin Blanckaert, directeur général de l’AGS, a annoncé que les sommes versées en janvier 2026 étaient en hausse de 15% par rapport à janvier 2025. « Nous repartons en janvier 2026 sur une tendance sinon haussière au moins aussi élevée que celle que l’on constate en 2025 et en 2024. Ce qui montre bien que nous sommes sur un cycle économique difficile », a-t-il ajouté.
Comment pourrait-il en être autrement puisque le gouvernement, loin de lutter contre les maux qui nous accablent (déficit abyssal, dette himalayenne, réglementation tentaculaire, fiscalité confiscatoire, dépenses publiques hors de contrôle…) les aggrave ?
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