Liens avec "l'ultragauche", violences, antisémitisme: LFI sous un tir croisé de critiques
La sentence est venu du ministre de la Justice en personne: "C'est manifestement l'ultragauche qui a tué" le jeune Quentin, a déclaré Gérald Darmanin dimanche au Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6.
Le Garde des sceaux a dans la foulée pointé "une complaisance de La France insoumise (...) pour la violence politique", et estimé que "des discours politiques, notamment ceux de LFI, mènent malheureusement (...) à une violence extrême, sur les réseaux sociaux et dans le monde physique".
Auparavant, d'autres responsables politiques dont Marine Le Pen, Bruno Retailleau, ou Gabriel Attal, avaient fait le lien entre l'extrême gauche et le décès du jeune Quentin.
Agressé jeudi soir à Lyon, cet étudiant de 23 ans était selon le collectif identitaire Némésis chargé d'assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes, venues manifester contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan.
La présence supposée de membres du groupe antifasciste la Jeune Garde - fondé par le député LFI Raphaël Arnault - parmi ses agresseurs a été pointé dans les rangs de l'extrême droite sans que le parquet n'ait établi pour sa part un tel lien à ce stade.
"La France insoumise crée le terreau fertile pour cette ultra-violence", a estimé le secrétaire général des Républicains, Othman Nasrou, sur franceinfo.
Au contraire, "la France insoumise ne porte aucune responsabilité" dans ce drame, a affirmé M. Bompard sur LCI, certifiant que les membres du service d'ordre présents avec Mme Hassan "n'ont eu aucun contact avec aucun des groupes qui se trouvaient à l'extérieur".
"Nous ne sommes pas impliqués, ni de près ni de loin avec ce qui s'est passé", a insisté son collègue Eric Coquerel sur Cnews et Europe 1.
Le député LFI de Seine-Saint-Denis a même affirmé que "la Jeune Garde n'est pas le groupe qui a agi", puisque ce groupement a été dissous par le gouvernement en juin 2025 - cette décision fait toutefois l'objet d'un recours devant le Conseil d'Etat.
Macron sonne la charge
Sur la défensive, les Insoumis doivent en outre se défendre face aux critiques venues du sommet de l'Etat. Dans un entretien à Radio J diffusé dimanche matin, M. Macron a en effet jugé qu'"il n'y a pas tellement de mystère pour dire qu'ils sont à l'extrême gauche".
Manière d'avaliser le nouveau classement des partis politiques, établi début février par le ministère de l'Intérieur en vue des élections municipales de mars - et que les Insoumis entendent contester devant le Conseil d'Etat.
M. Bompard a répliqué qu'il ne revenait "pas au président de la République de classer ses opposants politiques", et accusé l'exécutif "d'utiliser ces étiquettes comme un moyen de stigmatisation".
Mais le chef de l'Etat a surtout relancé l'accusation récurrente d'antisémitisme contre LFI dans le contexte des vingt ans de l'assassinat d'Ilan Halimi, commémoré vendredi.
Sur ce sujet, les Insoumis "contreviennent à des principes fondamentaux de la République" et il y a "clairement des expressions antisémites qui émergent" dans leurs rangs, a affirmé M. Macron.
Une attaque "inqualifiable" pour M. Coquerel qui "regrette vivement" que l'Elysée "utilise cet épouvantail pour nous diaboliser définitivement".
"Aucun militant de La France insoumise n'a jamais été condamné pour antisémitisme, aucun d'entre eux n'a jamais eu d'expressions antisémites", a de son côté répliqué M. Bompard.
Interrogé sur la volonté du chef de l'Etat d'instaurer une "peine d'inéligibilité obligatoire" pour les élus coupables "d'actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires", M. Bompard a indiqué que les députés LFI pourraient voter une telle loi.
"Plutôt oui", a-t-il répondu, assurant que les Insoumis ne se considèrent "évidemment pas ciblés par cette possibilité, parce que les programmes (et) les propositions politiques que l'on porte sont à l'exact opposé de toute forme de racisme ou de discrimination".