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Frédéric Dabi : "La vague RN dans le Sud entérine la conversion des électeurs LR en électeurs RN"

Percée de LFI dans les grandes villes, RN en embuscade, maintien des écologistes, surprise de dernière minute à Paris, triangulaires et quadrangulaires à foison... Le premier tour de ces élections municipales a étonné tant par le nombre de résultats inattendus, que par leur caractère inédit. Il est également venu confirmer la fragmentation du paysage politique observé au lendemain des législatives anticipées, en juillet 2024 : dans la plupart des grandes villes, aucun parti ne peut prétendre pouvoir remporter seul ces élections.

Un constat qui confère aux stratégies d'alliance un poids, sinon considérable, déterminant dans l'issue du scrutin. Les listes ont jusqu'à mardi 17 mars, 18 heures pour acter ou non d'une fusion, et rebattre les cartes. "Cette nouvelle campagne a commencé dimanche 15 mars à 20 heures", assure Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l'Ifop qui analyse pour L'Express les résultats de ce premier tour et les rapports de force qui s’esquissent pour le second, entre stratégies d’alliance, configurations inédites et forte incertitude dans de nombreuses grandes villes. Entretien.

L'Express : L'abstention a été plus faible qu'en 2020. Ce recul a-t-il bénéficié aux candidats RN et LFI, dont les électorats sont historiquement abstentionnistes ?

Frédéric Dabi : Je ne dirais pas ça. L’élection de 2020 était une élection très particulière, presque accidentelle, sous Covid, avec les rumeurs d’annulation et la prise de parole assez tardive d’Édouard Philippe le samedi soir. En dehors de ce contexte exceptionnel, on reste quand même sur le taux de participation le plus faible de l’histoire de la Ve République pour des élections municipales. Donc, au contraire, cela pénalise l’ensemble des partis. Je pense que c’est assez décorrélé des résultats du RN et de LFI. Il ne faut pas oublier qu’il y a presque 21 millions d’électeurs qui ne sont pas allés voter.

Grégory Doucet est arrivé en premier à Lyon avec 37,36 %, Pierre Hurmic est en tête à Bordeaux avec 27,68 %, Emmanuel Denis mène à Tours avec 34,04 %, Léonore Moncond’huy arrive aussi en tête à Poitiers avec 26,41 %... Parmi les grandes surprises de ce premier tour, l'hémorragie écologiste attendue dans les grandes villes n'a pas eu lieu.

Vous savez, aux municipales, on est vraiment dans du cas par cas, et il y a quand même eu de véritables surprises. À Bordeaux par exemple, c’était la ville que l’on pensait la plus sûre d’être conservée par les écologistes. Or, le maire sortant se retrouve dans un second tour compliqué, puisque l’addition des listes de Cazenave et Dessertine dépasse nettement le score de Pierre Hurmic, qui a fait moins que prévu. À Lyon, en revanche, c’est la très bonne surprise avec la remontada de Grégory Doucet. Et puis vous avez aussi Tours et Poitiers, où les écologistes peuvent se maintenir au second tour.

Mais au-delà des écologistes, ce qui frappe surtout, ce sont les configurations de second tour. Le duel, qui était la règle dans les villes de plus de 10 000 habitants, devient aujourd’hui une véritable exception. On voit apparaître des triangulaires, des quadrangulaires, voire même des configurations à cinq listes. À Strasbourg, on pourrait même aller jusqu’à une hexangulaire. Tout cela crée une grande incertitude. On n’aura une vision claire du paysage municipal français qu’au soir du 22 mars. Et surtout, cet éclatement du champ politique, avec des forces politiques très dispersées, se traduit par des configurations extrêmement inédites. Cela montre à quel point l’incertitude est forte.

La vague RN dans le sud entérine-t-elle la conversion des électeurs LR en électeurs RN ?

Oui, clairement, à plusieurs égards c’est très intéressant. À Marseille par exemple, on observe une sorte de remplacement : auprès des électeurs de droite, le vote classique RPR-UMP-LR est progressivement remplacé par le vote RN. C’est d’ailleurs intéressant de voir que, dans les enquêtes pré-électorales, la structure sociologique du vote Martine Vassal et du vote RN est quasiment la même. Il y a vraiment un phénomène de substitution. Martine Vassal était mesurée entre 26 et 30 % dans certaines enquêtes, et elle finit finalement autour de 12 %.

On observe ce type de stratégie et de recomposition également à Nice et à Toulon — même si Toulon reste très incertain selon la configuration du second tour qui sera proposée aux électeurs. Mais il faut nuancer : cela concerne surtout le quart Sud-Est. Ce n’est pas vrai partout en France.

Dans les petites villes et les villes moyennes, entre 10 000 et 50 000 habitants, LR reste souvent en position de force, parfois devant le Parti socialiste. En revanche, dans les grandes villes, on voit très bien la difficulté de la droite traditionnelle. Il y a même des cas où la plus grande ville de plus de 100 000 habitants restée à droite pourrait basculer si les deux candidats de droite ne s’unissent pas.

Une récente enquête de l'Ifop révélait que les Français était majoritairement plus hostile à la victoire d'un candidat insoumis que d'un candidat RN dans leur ville. Comment expliquer le hiatus entre le rejet massif de LFI dans l'opinion générale, et sa réussite hier soir dans les urnes ?

Il faut rester prudent sur ce qu’on appelle le succès des insoumis. Il y a effectivement des percées au premier tour : Saint-Denis, Roubaix, ou encore des succès symboliques importants. Le fait que LFI devance le Parti socialiste à Toulouse, et aussi à Limoges, qui sont deux villes symboliquement fortes pour le PS. Mais si on regarde la tendance de fond, la big picture, on voit que, dans la plupart des villes, les insoumis sont quand même devancés par les listes d’union de la gauche.

Ils se maintiennent dans de très nombreuses villes et disposent donc d’un pouvoir de nuisance, si je puis dire. Je pense à Paris, Marseille, Lille, Nantes, Lyon ou Bordeaux — pour cette dernière ville en particulier en ce qui concerne les écologistes. Dans ces villes, ils peuvent devenir faiseurs ou défaiseurs de rois — ou de reines. Mais parler de victoire globale me paraît très exagéré, compte tenu de la nature de ce scrutin qui est, rappelons-le, un scrutin à deux tours. Et comme je le disais, avec ces configurations très ouvertes — triangulaires, quadrangulaires, parfois plus — on risque d’avoir une discontinuité jamais vue entre le premier et le second tour. En réalité, une nouvelle campagne a commencé dimanche soir à 20 heures.

La progression de La France insoumise dans les grandes villes est-elle la preuve que la stratégie de radicalisation et de conflictualisation du débat politique fonctionne ?

il faut être prudent. On peut dire au minimum que la stratégie de radicalisation et de conflictualisation portée par Jean-Luc Mélenchon — parfois perçue comme des dérapages, ou sa proximité avec certaines mobilisations comme celles des gilets jaunes — n’a pas empêché la progression de La France insoumise dans les grandes villes.

Mais cette progression reste très concentrée dans les métropoles. Dans les petites villes et les villes moyennes, elle est beaucoup plus limitée, et très souvent les insoumis étaient même absents. Il faut aussi relativiser cette progression : elle s’observe surtout par rapport aux municipales de 2020, où LFI était quasiment absente. En revanche, si l’on compare ces scores à ceux obtenus par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, on observe un net recul.

À Paris par exemple, Mélenchon avait obtenu près de 30 % à la présidentielle, alors que la liste de Sophia Chikirou tourne autour de 10 à 11 %. À Marseille, Mélenchon dépassait 30 %, tandis que Sébastien Delogu est autour de 12 - 13 %. À Montpellier, Mélenchon avait atteint 41 %, quand la liste insoumise obtient environ 15,5 %.

Il s’agit donc d’une percée relative : elle reste limitée mais permet néanmoins aux listes insoumises de se maintenir au second tour. On peut donc dire que la stratégie de radicalisation ne les a pas pénalisés au premier tour. Reste à voir ce qu’il en sera au second tour — par exemple à Toulouse — où les alliances pourraient faire payer cette stratégie. En quelque sorte, c’est un fusil à deux coups.

Manuel Bompard a appelé les partis de gauche à faire alliance avec La France insoumise au second tour. Ces derniers ont-ils intérêt à accepter cette alliance, ou risquent-ils au contraire de perdre une partie de leur électorat ?

Dans certains cas, l’alliance peut sécuriser une victoire. Je pense par exemple à Nantes. Mais il existe aussi des cas très différents. Toulouse pourrait devenir un exemple emblématique d’alliance peut-être contre nature. Une union de la gauche trop marquée par LFI pourrait finalement faire les affaires du maire sortant, Jean-Luc Moudenc.

On a déjà vu ce type de configuration par le passé : en 2001, la droite avait remporté Toulouse dans un contexte comparable. Dans ces situations, une partie de l’électorat de gauche modérée pourrait ne pas accepter une liste d’union dominée ou fortement marquée par La France insoumise, autour de François Piquemal par exemple.

Dans plusieurs grandes villes, au premier rang desquelles Paris, Lyon, Marseille, les stratégies d'alliance risquent de jouer un rôle décisif dans l'issue du second tour. Ce constat semble prolonger celui fait au lendemain des élections législatives anticipées selon lequel les partis ne peuvent plus espérer l'emporter seuls...

Les stratégies d’alliance vont être fondamentales pour le second tour. En réalité, une nouvelle élection commence. Le rapport de force ne sera pas le même selon qu’on se retrouve dans un duel, une triangulaire ou une quadrangulaire. On a souvent tendance à dire que, dans les municipales — notamment à Paris, Lyon ou Marseille — le second tour ne fait que confirmer le premier. Cette fois-ci, ce ne sera pas forcément le cas. Tout dépendra des alliances conclues. Par exemple à Lyon, si les Ecologistes et La France insoumise trouvent un accord, cela pourrait déboucher sur un duel qui leur serait très favorable. À Marseille, la situation est plus complexe : tout dépendra notamment de la configuration du second tour et d’éventuels retraits, comme celui de Martine Vassal, ce qui reste très incertain.

Dans les quelque 23 000 communes où il n’y a qu’une seule liste, on constate que la participation a nettement par rapport au premier tour des municipales de 2014. Et est-ce que cette tendance ne risque pas de transformer les municipales en un scrutin de grandes villes ?

Cette abstention historique - environ 21 millions d’électeurs ne sont pas allés voter - s’explique en partie par un phénomène très particulier : dans près de 68 % des communes, il n’y avait qu’une seule liste. Les électeurs n’avaient donc pas réellement le choix.

Cela tient aussi aux règles électorales : depuis l’extension des règles de parité dans les communes de moins de 1 000 habitants, le panachage a été supprimé. Or ce système permettait autrefois de modifier les listes, d’ajouter ou de retirer des noms. Il y avait une dimension presque "ludique" qui encourageait la participation.

On observe ainsi un phénomène inédit sous la Ve République : une abstention particulièrement forte dans les communes rurales où il n’y avait qu’une seule liste. Le sentiment de voter pour un bulletin unique a renforcé une forme de découragement civique, une logique de "à quoi bon voter ?".

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