Cocaïne: saisie record de 13 tonnes par les douanes à Dunkerque
Cette saisie intervient après une année 2025 marquée elle aussi par des quantités record de cocaïne interceptées, soit 84,3 tonnes, a annoncé mardi Laurent Nunez lors d'une réunion à l'Elysée sur le narcotrafic.
Les agents des douanes ont opéré trois saisies de 1,9 tonne (7 février), 8,4 tonnes (12 février) et 2,8 tonnes (18 février) dont la valeur de revente au détail est estimée à près de 865 millions d’euros, a annoncé à l'AFP le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel.
Le port de Dunkerque avait déjà été le théâtre de la précédente saisie record, en mars 2025, avec 10 tonnes de cocaïne.
La drogue, dont la provenance n'a pas été communiquée et qui a été depuis détruite, était cachée dans des conteneurs de marchandises licites. La plus grosse saisie de 8,4 tonnes se trouvait derrière des packs de boissons, selon les images fournies par les douanes et consultées par l'AFP.
"Surpris"
Sur une autre saisie, la cocaïne était contenue dans une multitude de grands sacs noirs saucissonnés par du large scotch gris.
M. Amiel s'est félicité de la "mobilisation sans faille pour lutter contre le trafic de stupéfiants" des services et agents douaniers, après une année 2025 record avec 31 tonnes saisies par les douanes.
Ces 13 tonnes interceptées en février représente déjà un tiers des saisies de toute l'année 2025.
"On est toujours surpris par les quantités quand elles atteignent, par exemple, huit tonnes ou comme l'année dernière, près de 10 tonnes. C'est un peu étonnant. On s'attend rarement à ces quantités-là, d'autant que même à Anvers et Rotterdam, où traditionnellement ces quantités de stupéfiants rentraient, des quantités aussi importantes en une seule fois, c'était quand même relativement exceptionnel", a souligné à l'AFP la directrice régionale des douanes à Dunkerque, Frédérique Durand.
Selon l'administratrice, qui précise que les trois saisies "ne sont pas forcément liées aux mêmes organisations", "une partie des 13 tonnes était destinée au territoire français et une partie était destinée à d'autres territoires hors Union européenne".
Ciblage
Les trois opérations sont le fruit d'un travail d'enquêtes mais aussi d'un ciblage.
"Ce sont des analyses du trafic commercial normal qui nous permettent de détecter des anomalies d'ordre logistique qui orientent nos contrôles quand les conteneurs arrivent à Dunkerque", a expliqué Mme Durand.
"Ensuite, parmi tous les conteneurs qui arrivent, on détecte ceux qui sont potentiellement, on va dire, pollués par ces quantités parce qu'il y a des éléments qui nous paraissent anormaux ou troublants", a-t-elle poursuivi, ajoutant que la drogue placée parmi les marchandises licites se fait "parfois même complètement à l'insu de ceux" qui les font venir.
Fabriquée en Colombie, au Pérou et en Bolivie, la cocaïne profite ces dernières années des côtes vénézuéliennes pour quitter le continent sud-américain et, via la Martinique et la Guadeloupe mais aussi la République dominicaine, se déverser sur le marché européen, devenu l'un des plus prospères, devant les États-Unis.
Traditionnellement, Anvers et Rotterdam étaient les ports de livraison mais depuis quelque temps, des ports de moindre envergure sont devenus les lieux prisés des narcotrafiquants.
"On n'est pas vraiment étonné de ces reports, on savait que les ports plus modestes étaient menacés. Le port de Dunkerque, c'est ni plus ni moins aussi parce que c'est un port dont l'évolution du nombre de conteneurs est positive. Et donc, de plus en plus de trafic licite offre de plus en plus d'opportunités", a commenté Frédérique Durand.
Le port de Dunkerque, sur lequel environ 60 agents des douaniers officient, va bénéficier d'une brigade spécifique "dont la mission prioritaire sera la lutte contre les trafics de stupéfiants par le port, compte tenu de la menace et de l'emprunt du port de Dunkerque par les réseaux de criminalité", s'est réjoui Mme Durand.
Cette brigade sera créée au 1er septembre.
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