Rennes champion de France ? L’annonce qui décoiffe
Le Stade Rennais fête ce week-end ses 125 ans. Un anniversaire prestigieux pour un club historique du football français, qui a su, sous l’impulsion de la famille Pinault, se moderniser et s’installer durablement dans la première partie de tableau de la Ligue 1. Pour l’occasion, le propriétaire du club, François-Henri Pinault, est sorti de sa réserve habituelle pour accorder un entretien exceptionnel au journal L’Équipe. L’occasion de balayer près de trente ans de présidence, d’évoquer ses fiertés, ses regrets, et de dessiner les contours de l’avenir. Avec une petite phrase qui n’est pas passée inaperçue.
« Pas de limite à notre ambition »
Car à la question, presque provocatrice, d’un éventuel titre de champion de France, la réponse de l’homme d’affaires a été aussi surprenante qu’ambitieuse. « On se doit de rêver […] il ne faut pas se censurer et on doit aspirer à remporter des titres. Il n’y a pas de limite à notre ambition », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que « l’humilité nous évite l’arrogance ». Une déclaration pour le moins culottée, quand on sait que le club n’a jamais terminé sur le podium de la Ligue 1 et qu’il est surtout connu pour ses nombreuses désillusions dans le sprint final.
Cette ambition, aussi louable soit-elle, a de quoi faire sourire les plus sceptiques. Mais elle témoigne de la volonté de la famille Pinault de faire passer un cap à son club. François-Henri Pinault a d’ailleurs longuement insisté sur ses motifs de fierté : un centre de formation parmi les meilleurs d’Europe, qui a vu éclore des talents comme Ousmane Dembélé ou Eduardo Camavinga, des ventes records qui ont permis au club de se structurer, et bien sûr, cette victoire en Coupe de France en 2019, le point d’orgue de son mandat.
L’ombre (oubliée) de Severino Lucas
Il a également évoqué ses regrets, comme ces finales de Coupe perdues ou ce plafond de verre en Coupe d’Europe. Mais dans cette longue liste de souvenirs, un nom, un seul, a été curieusement oublié. Celui de Severino Lucas, recruté pour la somme astronomique à l’époque de 21 millions d’euros, et qui reste le symbole du plus grand flop de l’ère Pinault. Un oubli sans doute volontaire, qui ne doit pas faire oublier l’essentiel : le Stade Rennais est un club qui a grandi, qui s’est structuré, et qui a désormais le droit de rêver.
De là à se voir champion de France, il y a encore un pas, immense, à franchir. Mais après tout, comme le dit son propriétaire, il ne faut pas se censurer. Surtout un jour d’anniversaire.