Guerre d’Iran : premières conséquences sur le prix des carburants
La fermeture du détroit d’Ormuz commence à avoir des conséquences physiques et non plus seulement sous forme de hausse des prix des hydrocarbures. Ainsi, le président philippin Ferdinand Marcos a décrété mardi l’état d' »urgence énergétique nationale », invoquant les risques pesant sur l’approvisionnement en carburants et la stabilité énergétique du pays du fait de la guerre au Moyen-Orient.
Ce décret donne des pouvoirs très étendus au gouvernement pour contrôler les prix, subventionner des activités, ou suspendre des taxes de secteurs en difficultés. Cet archipel de 116 millions d’habitants affiche des coûts énergétiques parmi les plus élevés de la région et utilise le charbon pour environ 60% de sa production d’électricité. Manille prévoit d’augmenter la production de ses centrales électriques au charbon afin de maintenir les coûts de l’électricité à un niveau bas, alors que la guerre perturbe fortement les livraisons de gaz.
De son côté, Vietnam Airlines, la compagnie aérienne nationale vietnamienne, suspendra près d’une vingtaine de vols intérieurs par semaine à partir du mois prochain, en raison de problèmes d’approvisionnement en carburant liés à la guerre au Moyen-Orient, a annoncé lundi l’autorité nationale de l’aviation civile. Le Vietnam a récemment sollicité l’aide de plusieurs pays en matière de carburant, notamment le Qatar, le Koweït, l’Algérie et le Japon. Le pays a signé lundi un accord avec la Russie sur la production de pétrole et de gaz. La compagnie nationale de Birmanie a aussi annoncé dimanche l’annulation de certains vols intérieurs « en raison de circonstances inévitables ». La compagnie américaine United Airlines a annoncé la semaine dernière réduire ses capacités de vols en raison de la hausse du prix du kérosène. Autre illustration de la manière dont la flambée des prix bouleverse l’agenda politique ; le ministre allemand de l’énergie a reconnu pour la première fois ce mardi que la suspension des centrales nucléaires décidée par Angela Merkel pour plaire aux écologistes constituaient une « erreur colossale ».
Parallèlement, alors que la presse internationale bruisse de rumeurs sur une prochaine négociation entre Washington et Téhéran, la position du régime des mollahs s’est nettement durcie depuis le début de la guerre lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël. Selon les trois personnes les plus haut placées à Téhéran, l’Iran exigerait tout simplement des garanties contre toute action militaire future, une compensation pour les pertes subies pendant la guerre et le contrôle officiel du détroit d’Ormuz. L’Iran refuserait également de négocier toute limitation de son programme de missiles balistiques (dont au demeurant les deux tiers des rampes de lancement ont été détruits). Autant dire que sur cette base, ces négociations n’ont strictement aucune chance d’aboutir… Par ailleurs, la division aéroportée d’élite des Etats-Unis, la 82ème airborne, a reçu l’ordre ce mardi de dépêcher les premiers éléments près du Golfe persique en vue d’une éventuelle opération terrestre…
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