Municipales : carton plein… contre les Verts !
Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Besançon, Colombes, et même Bègles, mais aussi Annecy, Grenoble et Marseille : des villes qui, au soir du second tour des élections municipales de 2020, se dotaient de maires écologistes, et qui, en 2026, ont fait un autre choix. Après un premier tour désastreux, il n’y a guère que Tours, Bagnolet, voire Lyon, pour sauver la mise. Et encore, uniquement au prix d’accords de la honte avec La France insoumise.
A Strasbourg, Besançon, Poitiers et Colombes, les Verts ont fait alliance avec LFI. A Bordeaux, le candidat LFI a appelé à voter pour le candidat écologiste. Ce qui ne les a pas empêchés de tous connaître la défaite – et ce pourrait aussi être le cas à Lyon si le recours de Jean-Michel Aulas pour de « nombreuses irrégularités » aboutissait, compte tenu de leur victoire sur le fil à 50,67% contre 49,33%. Bien sûr, cela n’a pas dissuadé Marine Tondelier, dans sa grande humilité, de courir tous les plateaux télé possibles dimanche soir pour s’empresser de rejeter la responsabilité de leur déroute quasi-totale sur ses camarades de gauche « partisans des gauches irréconciliables » et leur refus de l’alliance avec LFI.
Mais les faits sont têtus. Bordeaux, à peu près le seul exemple où le maire sortant écologiste a refusé une alliance avec le candidat Insoumis, a vu la défaite de Pierre Hurmic avec 49,05% contre 50,95% pour le candidat macroniste, alors que les scores du parti présidentiel au niveau national demeurent anecdotiques. Et ce malgré l’appel à voter Hurmic du candidat Insoumis non qualifié pour le second tour. A Strasbourg, la maire sortante Jeanne Barseghian termine quasi 2e ex-aequo avec le candidat LR (31,7% contre 31,3%), loin derrière Catherine Trautmann (37%), qui redevient maire à 75 ans, soit 25 ans après sa sortie – et son passage au gouvernement de Lionel Jospin, décédé lundi dernier. Pour la première fois en 73 ans, Besançon bascule à droite avec la sortante Anne Vignot battue par Ludovic Fagaut (LR) à 46,7% contre 53,3%. A Poitiers, à gauche depuis 1977, la sortante Léonore Moncond’huy est vaincue par le candidat divers centre ex-macroniste Anthony Brottier, avec 40,8% contre 47,3% dans une quadrangulaire avec l’UDR-RN et Renaissance. Sa liste avait pourtant fusionné avec la liste LFI et communiste, mais le candidat socialiste s’était retiré en faveur de Brottier. A Colombes (Hauts-de-Seine), Joakim Giacomoni (LR) a battu le sortant Patrick Chaimovitch avec 54,5 % contre 45,5% malgré la fusion avec 2 listes, LFI et socialiste. A Bègles, le candidat sans étiquette soutenu par la droite Christian Bagate arrache la mairie à Clément Rossignol Puech avec 51,1% contre 48,9% dans la ville de Noël Mamère, aux mains des écologistes depuis 37 ans et de la gauche depuis la Libération ! M. Mamère pointe :« l’accord passé avec LFI [qui] n’a pas fonctionné ».
A Annecy et Grenoble, le sortant ne s’est pas représenté. Et à Marseille, la maire écologiste avait démissionné moins de 6 mois après son installation.
Il ne fait pas bon être écologiste en 2026.
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