Pourquoi la NBA ne peut plus ignorer Moussa Diabaté
"Je suis fier de lui et très reconnaissant de pouvoir le coacher". Les mots de Charles Lee, le head coach des Charlotte Hornets sont forts. Ils sont pour Moussa Diabaté, au sortir de l'un de ses meilleurs matches en NBA. Face à Memphis, l'intérieur français a compilé 18 points, 20 rebonds et 2 interceptions, contribuant à la quatrième victoire de suite de son équipe. Ce n'est pas une performance isolée. Les chiffres sont plus ronflants que d'habitude, mais le ressenti est le même. Chaque minute passée sur le terrain par le Parisien est la garantie de le voir se donner à 200 %, jouer avec passion, énergie et envie de tout arracher sur son passage. Tout en gardant un sourire de gamin lorsque la situation s'y prête.
Cette saison 2025-26 est celle de sa confirmation. Au 29 janvier 2026, Diabaté affiche en moyenne environ 8,2 points, 8,3 rebonds et 1,4 passe en 24 min par match, tout en tirant avec une excellente efficacité autour de 63 % au champ — des chiffres qui témoignent de son impact immédiat dès qu’on lui donne du temps de jeu régulier. Chaque double-double, chaque effort défensif renforce l’idée qu’il n’est plus un simple “role player” mais un intérieur moderne et utile sur deux tableaux.
Moussa Diabaté sort du silence : pourquoi il a refusé les Bleus
Les auditeurs du CQFR savent que j'ai un faible pour ce joueur depuis pas mal de temps. J'ai toujours insisté pour évoquer ses prestations, même discrètes statistiquement. Évidemment, on aime tous les virtuoses capables de débloquer des situations grâce à leur génie balle en main. Mais dans le divertissement qu'est le basket, ce que propose Moussa Diabaté m'épate presque autant. À Michigan, où il a développé ce fighting spirit sous les ordres de Juwan Howard, on sentait déjà que Moussa était le genre de type qu'il est bon d'avoir dans son escouade pour partir au combat.
Avec les Clippers, à chaque fois que Tyronn Lue lui a donné quelques opportunités, il s'est démené comme un diable, notamment sur ces fameux rebonds offensifs qui font sa force, pour justifier cette confiance. À Charlotte, idem. Sauf que les opportunités se sont transformées en un vrai rôle, avec la possibilité d'éclore un peu plus aux yeux du grand public.
Moussa Diabate 18-19-2-2-1 (8/9 FG), +30 pic.twitter.com/MHA12vWJLS
— Brett Usher (@UsherNBA) January 29, 2026
Un vrai contrat l'attend
Son coach et ses coéquipiers sont formels : Moussa Diabaté est inspirant et du genre contagieux. L'option de se la couler douce lorsque l'on partage le terrain avec lui n'est pas envisageable. Ce record de rebonds face à Memphis ne l'a pas chamboulé plus que ça. "J'aurais pu en prendre 25, comme j'aurais pu n'en prendre que 5. Je sais juste que tant que je continue de me battre sur les rebonds des deux côtés du terrain, de bonnes choses vont se produire".
Charles Lee confirme : "Il est central dans notre groupe. Tout le monde était très heureux après ses 20 rebonds, mais je pense que les gars l'étaient encore plus après son panier à 3 points". Car oui, Mr Diabaté met maintenant des tirs primés. Il a inscrit son premier panier à 3 points sous le maillot des Hornets en toute décontraction, dans le corner, laissant presque entrevoir une évolution possible de son arsenal, jusque-là réduit à des attaques de cercle tonitruantes et des petits moves dans la peinture.
Même s'il n'insiste pas là-dessus à l'avenir, ce qu'il apporte déjà dans l'équation est suffisant pour être considéré comme un intérieur à fort temps de jeu en NBA, ce que j'ai toujours défendu même lorsque les Hornets lui faisaient un peu trop goûter au banc ou à la G-League. Aujourd'hui, alors qu'il est encore sur un contrat non garanti autour de 2 millions la saison jusqu'en 2027, Moussa Diabaté est devenu quasi indispensable dans la rotation de Charlotte, à tel point que l'idée d’un contrat plus conséquent et sécurisé sur plusieurs années semble désormais logique pour la franchise.
Sur le plan collectif, les Hornets, qui ont démarré la saison de manière très poussive, sont en train de monter en régime et de se rapprocher du top 10 à l'Est, et la combativité de Diabaté, alliée à son efficacité aux rebonds et sa défense active, constitue un socle intéressant autour duquel construire l’intérieur du futur.
Décliner les Bleus, un pari gagnant
Dans ce contexte, la parenthèse équipe de France vécue en marge du dernier EuroBasket prend une résonance particulière. Présent dans le groupe élargi des Bleus, Moussa Diabaté avait d’abord été coupé par Frédéric Fauthoux et son staff, avant d’être rappelé en urgence pour compenser le forfait de Vincent Poirier. Une convocation qu’il a finalement déclinée, expliquant être déjà pleinement concentré sur un objectif prioritaire : gagner sa place à Charlotte, notamment pour des raisons sportives mais aussi business. Un choix qui avait passablement agacé le sélectionneur au moment d’annoncer que Diabaté refusait un rôle de joker, mais qui n’a pas pour autant acté une rupture entre le joueur et le staff tricolore.
Avec le recul, force est de constater que ce calcul s’est révélé payant pour l’intérieur français, tandis que les Bleus étaient éliminés dès les huitièmes de finale par la Géorgie. À l’inverse, Moussa s’est solidement installé dans la rotation des Hornets, au point de rendre presque incontournable la perspective d’un contrat plus conséquent et d’un engagement sur la durée. Un pari assumé, et gagnant.
La trajectoire de Moussa Diabaté est désormais limpide. Il est voué à sortir du rôle de joueur d’énergie qu’on active par séquences, pour devenir un intérieur d’impact, capable d’influencer un match sans avoir besoin de ballons ou de systèmes dessinés pour lui. Son activité constante, son sens du rebond, sa défense mobile et les premiers signes d’élargissement de son jeu offensif en font un profil parfaitement aligné avec les standards actuels de la NBA.
À Charlotte, la question n’est plus de savoir s’il a sa place dans la rotation, mais jusqu’où cette place peut s’étendre. À 24 ans, Diabaté s’installe dans cette catégorie précieuse des joueurs qui font gagner des minutes, des possessions et parfois des matches, sans jamais faire de bruit.
S’il continue sur cette lancée, la NBA n’aura bientôt plus à se demander qui est Moussa Diabaté, mais comment elle a pu le laisser aussi longtemps en dehors de la lumière.