La Région dote l'Auvergne d'un hélicoptère supplémentaire pour assurer les secours
Dragon 63 devait mettre le cap, à partir de ce mercredi 1er juillet et pour tout l’été, sur la Lozère. C'est en tout cas ce qui avait été confirmé, vendredi, à la préfecture du Puy-de-Dôme par le directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, Alain Thirion. L’absence annoncée de l’hélicoptère de la Sécurité civile, habituellement basé à Clermont-Aulnat, dans le ciel auvergnat pour assurer des missions de secours avait alors soulevé une vague d’indignation en Auvergne.
Et Alain Thirion, envoyé dans le Puy-de-Dôme en urgence par le ministère de l'Intérieur, n'avait pas apporté de solutions de remplacement. À l’issue de cette réunion avec les élus, Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, jugeait « inacceptable » que soit « compromise la santé des Auvergnats ».
À la veille du week-end, il avait déjà une idée en tête. Qui va se concrétiser ce mardi matin. La Région volait ainsi au secours de l'Auvergne en louant un hélicoptère pour pallier ce qui était encore jusqu'à ce lundi soir l'absence de Dragon 63.
RebondissementMais rebondissement, ce lundi soir juste avant 21 heures, quand le ministère de l'Intérieur et le président du conseil départemental du Puy-de-Dôme ont annoncé que Dragon 63 restait finalement affecté à la base de Clermont-Aulnat.
En 2019, l’hélicoptère Dragon 63 a effectué 680 heures de vol, dont 610 pour des missions de secours à personnes. Ce qui représente un total de 980 missions, dont 883 pour du secours à personnes (824 victimes ont ainsi été secourues). L’appareil a réalisé 646 treuillages, opérations de secours et missions d’entraînement confondues.
Pour Laurent Wauquiez, « c’est clair, ils ont eu les pétoches quand ils ont vu qu’on avait trouvé une solution. Ce qui était impossible vendredi est devenu possible lundi soir. Et moi je leur ai annoncé dans l'après midi ce qu'on allait faire... Mais, au final, c’est tant mieux pour l’Auvergne. ».
Car le président LR de la région Auvergne Rhône-Alpes ne va pas revenir sur ses engagements. Et la Région va donc financer, pour un coût de 300.000 euros, la location d’un aéronef et de son équipage qui seront opérationnels à partir de ce mardi 30 juin, depuis le CHU de Clermont-Ferrand.
On n’allait pas dénoncer et rester les bras croisés, sans trouver de solution. On parle de la vie des gens, là.
Pour intervenir sur le Puy-de-Dôme, l’Allier, le Cantal et la Haute-Loire, le CHU de Clermont-Ferrand va ainsi être doté d’un hélicoptère Airbus EC135, équipé d’un treuille, loué à SAF hélico. Un pilote et un mécanicien treuilliste seront présents sur site tout l’été. Et pour assurer la continuité de service, c’est un collectif de quatre pilotes et une équipe de maintenance qui seront mobilisés par le groupe SAF.
Le groupe SAF possède 70 machines (avec des filiales à La Réunion et une qui assure notamment du transport de public et de VIP). La filiale historique, SAF hélicoptères, basée en Savoie, vient de fêter ses 40 ans. Quarante hélicoptères dépendent de cette entité notamment spécialisée dans les secours et la protection. À son actif notamment une présence estivale pour les secours sur le secteur de Courchevel.
« On aura un hélicoptère rapide, mobilisable jour et nuit », se réjouit Laurent Wauquiez qui reconnaît que cette intervention ne rentre pas dans le champs des compétences de sa collectivité. « On va apporter la meilleure qualité de secours possible pour l’été avec cet hélicoptère et son équipe qui travailleront avec les équipes du CHU Clermont. »
C’est fou de se dire qu’on avait des équipes formées, motivées et mobilisables au CHU et qu’on n’avait plus d’hélico !
Deux hélicoptèresDésormais, il y a un hélicoptère rouge et jaune (Dragon 63, celui de la Sécurité civile). Et un autre. Jaune. Celui loué à SAF hélico. Et Laurent Wauquiez l'assure, chacun aura des missions différentes. « Dragon 63 va se recentrer sur le secours en montagne et le nôtre sera mobilisé sur le transport essentiel pour la protection et la santé sur les quatre départements auvergnats. »
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, sera donc, ce mardi matin, au CHU de Clermont pour dévoiler l’hélicoptère affecté pour ces missions de secours sur le Puy-de-Dôme, l’Allier, le Cantal et la Haute-Loire. Et expliquer la démarche de la Région :
Pourquoi la région a décidé de louer un hélicoptère ?Laurent Wauquiez : « Ce n’est pas dans nos compétences. Mais comme pour le Covid, notre responsabilité, c’est de protéger les populations. Quand on a appris qu’il n’y aurait pas d’hélicoptère de la sécurité civile cet été pour les quatre départements auvergnats, ça a été un coup de tonnerre. On mettait en péril la santé des Auvergnats. Il faut comprendre l’importance de cet hélicoptère. Dragon 63 permet de sauver des vies. Il y a aussi la dimension symbolique. Je ne laisse pas dépouiller l’Auvergne. »
Mais entre-temps, Dragon 63 est finalement maintenu à Clermont...Laurent Wauquiez : « C’est tant mieux pour l’Auvergne ! J’ai annoncé l’après-midi qu’on louait un hélicoptère, le soir on apprend que Dragon 63 reste... Alors qu’on nous avait expliqué, vendredi, que c’était impossible. Notre action conjointe, à tous, élus de tous bords, nous a permis de faire plier le gouvernement. Je m’en réjouis. Mais ça ne change rien à la venue de notre hélicoptère en Auvergne. »
Comment cette solution est arrivée en trois jours ?Laurent Wauquiez : « Il n’était pas question que l’Auvergne dépende d’hélicoptères basés à Égletons, Lyon ou en Lozère. Pour moi, c’était inacceptable. La Région s’est donc positionnée en remplacement de l’État. Mes équipes ont contacté toutes les sociétés qui louent des hélicoptères. On s’est arrêté sur une entreprise familiale, qui a quarante ans d’expérience, basée en Savoie. En quatre jours on a trouvé une solution, là où on nous avait dit que c'était impossible. »
Comment cette location va être financée?Laurent Wauquiez : « Le financement est pris en charge intégralement par la Région. C’est un coût de 300.000 euros que nous allons verser au CHU de Clermont. On a travaillé de façon exceptionnelle avec son directeur général. C’est une leçon pour nous tous. Les élus de tous bords se sont mobilisés. Et, avec le centre hospitalier, on avait une seule priorité, défendre l’Auvergne. »
Gilles Lalloz