Coupe du monde : les affiches des quarts de finale à la loupe
Le premier mois de compétition a livré son verdict. Sans grande surprise et à l’issue d’une pléiade de rencontres à sens unique, les principaux candidats au trophée Webb Ellis sont encore tous là. Ou presque. Sept des huit premières nations au classement World Rugby sont qualifiées pour les quarts de finale. Ne manque que l’Écosse, victime d’un tirage au sort effectué très en amont du Mondial (le 14 décembre 2020). Ce même tirage explique le déséquilibre constaté au moment d’observer le tableau des quarts de finale.
Galles - Argentine, samedi (17 heures)En panne de résultats avant le début de la Coupe du monde, les Diables Rouges et les Pumas ont profité de leur venue en France pour refaire les niveaux, sans convaincre pour autant. Auteurs d’un sans-faute, les hommes de Warren Gatland s’avancent en clopinant. Si le maître à jouer Dan Biggar devrait être opérationnel après avoir été touché au pectoral, la présence de son suppléant, Gareth Anscombe, n’est pas certaine (aine). Pire, l’arrière supersonique, Liam Williams, est sorti face à la Géorgie en se plaignant du genou alors que le puissant troisième ligne centre, Taulupe Faletau (104 sélections), a carrément dû déclarer forfait pour le reste de la compétition (bras fracturé). En face, l’Argentine a fait le plein de confiance lors de son « huitième de finale » face au Japon, ce dimanche, en décrochant même le bonus offensif.
Irlande - Nouvelle-Zélande, samedi (21 heures)Voilà une affiche qui fait d’ores et déjà saliver. De celles dont on pense toute la semaine quand on apprécie un temps soit peu la chose ovale, entre un XV du Trèfle impérial, premier au classement World Rugby et qui reste sur une série de 17 succès, et des All Blacks toujours escortés par leur légende et à la forme ascendante. Ce rendez-vous va aussi mettre aux prises deux conceptions du rugby. L’une, très froide, réglée au cordeau autour de Jonathan Sexton. L’autre, pétaradante, aux individualités dotées d’une technique supérieure à la moyenne. Pour rappel, l’Irlande n’a jamais franchi le cap des quarts de finale de son histoire.
Angleterre - Fidji, dimanche (17 heures)La présence des Fidji à ce stade de la compétition pourrait être considérée comme une surprise. Mais il n’en est rien tant le rugby des joueurs du Pacifique s’est structuré (même si le match de ce dimanche a déçu) à mesure que celui de l’Australie - absente pour la première fois de son histoire des quarts de finale - se délitait. Après 1987 et 2007, les Fidjiens sont donc de retour en quart de finale. Ils croiseront le fer avec des Anglais plutôt discrets jusque-là, pas flamboyants, mais qui, dès lors que les matchs comptent, répondent généralement présents. Il y aura aussi de la revanche dans l’air. Owen Farrell et ses partenaires avaient été surpris à Twickenham par ces mêmes Fidjiens en match de préparation (22-30), le 26 août.
France - Afrique du Sud, dimanche (21 heures)Attention, choc(s) en vue ! Difficile de ne pas avoir en mémoire la précédente confrontation entre ces deux équipes, il y a moins d’un an, tant elle avait été un sommet d’intensité, si ce n’est de brutalité (victoire des Bleus, 30-26). Si la notion d’engagement sera encore une fois déterminante, la bande à Galthié (avec Antoine Dupont ?), à domicile, aura peut-être tout intérêt à miser sur les extérieurs tant la défense des Springboks prend des risques. L’expérience, elle, sera du côté des champions du monde en titre qui devraient compter sur Handré Pollard à l’ouverture pour poser le jeu et surtout enquiller face aux perches, principale faiblesse observée lors de leur défaite face à l’Irlande (13-8).
Vincent Balmisse